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CRALIM du 10 février 2015 en Franche-Comté

Mardi 10 février 2015, M. Stéphane FRATACCI, Préfet de la région Franche Comté, préfet du Doubs, a réuni le comité régional de l’alimentation (CRALIM), instance de suivi du Plan régional de l’alimentation. Comme l’année dernière, la manifestation a connu un vif succès puisque plus de 160 personnes, issues de collectivités, d’organismes professionnels, d’associations, d’établissements de restauration collective, de services de l’État, ont répondu à l’invitation.

Télécharger le programme de la manifestation

Les présentations des intervenants et la liste des participants sont disponibles en pièces jointes en fin d’article.


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Un auditoire attentif
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les affiches de la campagne nationale anti-gaspillage

Un espace de documentation était ouvert à cette occasion, permettant à chacun de découvrir ou d’emporter divers outils pédagogiques.

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Monsieur le Préfet a tout d’abord effectué un rapide retour sur les actions conduites en 2014 au titre du plan régional de l’alimentation, soulignant :
- L’implication toujours renforcée et toujours plus diversifiée des acteurs de terrain (32 projets ont bénéficié d’un soutien financier dans le cadre de l’appel à projet annuel lancé par la DRAAF pour un montant total supérieur à 156.000 euros, aides de l’ADEME comprises, à comparer aux 372 000 € attribués sur la totalité des 5 dernières années !) .
- L’effort, tout particulier en 2014, porté sur la thématique du gaspillage alimentaire, avec la réalisation de plusieurs projets significatifs en région, et une distinction obtenue au niveau national par le collège Jules Grévy de Poligny.

Monsieur le Préfet a enfin rappelé le nouvel élan donné à la politique nationale par la loi d’avenir sur l’agriculture d’octobre 2014. Ses 4 axes d’intervention (la justice sociale, l’éducation alimentaire de la jeunesse, la lutte contre le gaspillage, alimentaire, le renforcement de l’ancrage territorial des actions menées) ont été confirmés. En 2015, une attention particulière sera portée à l’amélioration de l’offre en restauration collective, notamment via un approvisionnement local. Celle-ci constitue en effet un levier d’action majeur pour la politique publique, et une opportunité à la fois pour apporter de nouveaux débouchés aux producteurs agricoles locaux mais également pour rendre accessible au plus grand nombre une nourriture de qualité.

1ère table ronde : "Manger local et moins gaspiller en restauration collective".


Lors de la première partie, consacrée au volet "Manger local", M. BORLOT du Conseil général de Haute Saône et Mme MORCOS de la chambre d’agriculture, ont présenté le programme « Cantines 70 . Mangeons local et bio » : Historique de la démarche, travail préparatoire avec les producteurs et les collèges concernés, mise en relation des uns et des autres, sans oublier la formation des partenaires à l’utilisation de la plateforme Agrilocal, outil informatique qui permet de passer des commandes en ligne et d’y répondre.

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Monsieur Courtoy et Madame Morel font une démonstration de la plateforme Agrilocal


Cette présentation a été complétée par deux témoignages : celui de Mme Morel, gestionnaire au collège des mille Étangs à Melisey, qui a souligné tout l’intérêt du programme et d’Agrilocal dans la facilitation de la mise en relation avec les producteurs, et qui a rappelé les actions d’information mises en place par le collège auprès les jeunes, très sensibles au fait de manger des produits venant d’à côté. Puis M. David COURTOY, représentant le GAEC COURTOY, producteur de viandes, a témoigné à son tour de l’intérêt d’Agrilocal, outil très simple d’utilisation . Le résultat de ce programme, qui ne fait que commencer, c’est "un beau volume et chiffre d’affaire" ! Devant cette réussite, le Conseil général souhaite élargir le territoire d’application du projet, en associant notamment les maisons de retraite et les communautés de communes, en charge de la restauration du secteur scolaire primaire.

Plateforme Agrilocal
Agrilocal est une plateforme de mise en relation simple, directe et instantanée entre producteurs locaux et acheteurs publics ayant une mission de restauration collective (établissements scolaires, hôpitaux, maisons de retraite, etc.). Développé par le Conseil général de la Drôme en partenariat avec la Chambre d’agriculture, ce portail permet aux agriculteurs locaux d’entrer, gratuitement, en relation directe avec les acheteurs, dans le cadre d’un marché adapté à leurs besoins. Sa mutualisation avec les autres départements français intéressés est en cours progressivement dans le cadre d’une association nationale. Agrilocal part du besoin de l’acheteur en lui offrant une photographie instantanée des fournisseurs de proximité et de la disponibilité de leurs produits. Chaque producteur dispose d’une page personnelle pour mettre en valeur ses produits et son entreprise.
En Franche-Comté le portail est actif en Haute- Saône et dans le Territoire de Belfort. Les travaux sont en cours pour le Doubs et le Jura. Pour en savoir plus et être référencé, il convient de prendre contact avec le Conseil général concerné.

Mme MORCOS a ensuite complété ce témoignage par la présentation du programme REALISAB. Ce projet national, bénéficiant de la contribution financière du CasDAR, qui a réuni 25 partenaires issus aussi bien du secteur agricole que de la restauration collective, a été piloté par la Chambre régionale d’agriculture de Franche-Comté,. Son objectif était de répondre aux besoins de méthodes et aux demandes d’outils d’évaluation et d’organisation de la restauration collective et du secteur agricole. 21 fiches pratiques sont ainsi disponibles en téléchargement .


college2La seconde partie de cette première table ronde était consacrée à la présentation d’un exemple de programme de lutte contre le gaspillage en restauration collective, projet collectif porté et animé par PREVAL Hauts Doubs, le Conseil général du Doubs et le CPIE du Hauts Doubs, au profit de plusieurs collèges volontaires. La démonstration s’est appuyée sur l’expérience du collège Mont Miroir de Maîche, présentée par M. Sébastien MARMOT, Chef d’établissement, et Mme Patricia MOUGIN, adjointe gestionnaire. Engagé dans la démarche E3D (Établissement en démarche de développement durable), le collège a en effet trouvé rapidement dans ce projet un écho à ses propres objectifs.

Les intervenants ont ainsi présenté les diverses séances pédagogiques et les réalisations des jeunes. Une classe "ambassadrice" a été amenée à cette occasion à devenir acteur et porteur d’un message auprès des autres jeunes, mais le collège s’est organisé pour sensibiliser de nombreuses autres classes de l’établissement. Le projet a permis, grâce au partenariat entre enseignants et CPIE, de faire le lien avec plusieurs enseignements spécifiques (SVT, mathématiques, français, arts plastiques). De la découverte du travail des cuisiniers en cuisines, en passant par les enquêtes et réalisation de pesées pour évaluer le niveau de gaspillage, ce projet très apprécié a abouti à une belle restitution à l’ensemble du collège et a aussi fait découvrir des jeunes sous un angle différent. Il s’ouvre aujourd’hui aux jeunes agriculteurs, pour faire le lien entre la fourche et la fourchette, ainsi qu’au territoire du SYBERT.

Retrouver les actions conduites dans les quatre départements de Franche-Comté en téléchargeant le Pralim’Infos, lettre d’information 2014 du plan régional de l’alimentation remis en séance.

fabienne Cette première séquence a été clôturée par Mme Coroller, chargée de mission à la Direction générale de l’alimentation au ministère de l’agriculture, qui a rappelé les grands travaux en cours et les outils réalisés au niveau national sur la thématique de la restauration collective et de l’approvisionnement local notamment.

Mme PATUREL, chercheure à l’INRA de Montpellier, qui devait aborder la question de "Approvisionnement local et aide alimentaire : quels enseignements pour aller vers une démocratie alimentaire ?" a dû annuler son déplacement. Une communication présentant l’expérience des Restos du cœur de l’Hérault au travers de laquelle elle comptait aborder ce sujet, est jointe avec les présentations en annexe.

La séance d’échanges a ensuite permis de débattre de nombreux sujets :
Quelles conditions pour démarrer un projet de lutte contre le gaspillage dans un collège ? Quelles remises en cause de l’organisation de l’établissement et quel investissement des uns et des autres ? Comment évaluer la satisfaction des convives à la cantine? L’amélioration de la qualité de l’offre à la cantine entraîne t-elle une évolution de leur comportement et un impact sur le gaspillage?
Est-il possible de développer une culture maraîchère au sein des établissements, dans les jardins des particuliers, pour contribuer à la fois à développer l’offre locale et à sensibiliser au gaspillage (qui produit lui-même gaspille moins !)?

Concernant l’approvisionnement local de la restauration collective, les questions ont porté sur l’état de l’équilibre entre l’offre et la demande, et la stratégie de développement à envisager en conséquence, en intégrant les transformateurs dans la réflexion. La question de la baisse des prix due à la concurrence entre producteurs a été évoquée mais ne semble pas pour l’instant poser de problème, les marges pouvant par ailleurs être un peu réduites grâce au volume réalisé.
Diverses questions ont également concerné les fonctionnalités de l’outil Agrilocal.

2ème table ronde : redécouvrir les fruits et légumes et des produits bruts locaux

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Cette seconde partie s’est articulée autour de 3 sujets.


fruit_recre2Pour le premier, portant sur l’opération "un fruit pour la récré", 3 structures de nature différente, une ville, une communauté de communes et un lycée, ont témoigné de leur expérience et des résultats obtenus. On note ainsi à chaque fois une grande satisfaction générale, que ce soit des jeunes, des parents et des enseignants, une évolution des comportements alimentaires des jeunes à la cantine là où l’opération est la plus ancienne, et également au lycée, une contribution intéressante de l’opération à l’amélioration du bien-être dans l’établissement, grâce à la création de lien social avec le personnel participant à la distribution.

Dans un second temps, Franche-Comté Nature Environnement a présenté son projet "Légumes d’ici", qui a aboutit à la réalisation d’un livret de poche dédié aux légumes de la région, pilier d’une démarche globale visant à promouvoir les productions locales et une meilleure alimentation, saison par saison. Cette réalisation a été complétée par des animations dans les quartiers, basées sur l’approche sensorielle, de manière à réconcilier la population avec la préparation des légumes au quotidien, et par une formation de professionnels, pour leur permettre de réaliser leurs propres animations. Il apparait au bilan que ces animations mériteraient d’être travaillées davantage dans la durée avec ces publics, et en lien avec des ateliers cuisine et jardins. Enfin l’association "Les créatures", qui anime des ateliers d’échanges de savoirs, a témoigné de la grande utilité de ce livret comme support à ses interventions.

mancyPour clore l’après-midi, 4 étudiantes en BTS au lycée agricole de Mancy ont fait découvrir au public les ateliers « cuisine et partage  » , qui visent à faire découvrir les producteurs et les produits locaux aux personnes en situation de précarité, et à leur apprendre à les cuisiner. Les atouts et les limites de ce type d’animations ont été analysés.L’un des prolongements de ce projet est la mise en place du collectif "santé alimentation partage" sur le secteur de Lons. Ce dernier a pour but de réunir les structures qui travaillent sur ces thématiques et qui organisent notamment des ateliers cuisine ou jardins, de façon à leur permettre d’échanger sur leurs pratiques.


JLLMonsieur Jean-Luc LINARD, directeur régional de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt a clôturé ce comité en remerciant les intervenants pour la qualité de leur témoignage, les participants pour leur participation active aux débats, et les organisateurs de cette manifestation. Cette rencontre, à nouveau très dense grâce aux nombreux "susciteurs d’idées" présents, permet à chacun de repartir avec de nouvelles idées ou d’être conforté dans ses projets.

En 2015, tout en poursuivant les actions en faveur des jeunes, des personnes en situation de précarité et contre le gaspillage, une attention particulière sera portée sur les thématiques de l’approvisionnement local et de la qualité de l’alimentation en restauration collective. Une approche globale de ces deux derniers sujets constitue en effet une opportunité majeure à la fois pour apporter de nouveaux débouchés aux producteurs agricoles locaux mais également pour rendre accessible au plus grand nombre une nourriture de qualité.
A ce titre, dans le cadre de l’objectif de justice sociale, toutes les structures possédant une restauration sociale sont sollicitées pour avancer dans leurs réflexions, notamment les structures médico-sociales (maisons de retraite, hôpitaux) ainsi que le secteur pénitentiaire et l’armée.

Ces réflexions gagneront à s’inscrire progressivement dans le cadre de projets alimentaires territoriaux, qui fédèrent les énergies de tous les partenaires, dans une logique de création de valeur et de lien social autour de l’alimentation.

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Une collation à base de produits jurassiens
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Un buffet préparé et servi par les participants aux ateliers "Cuisine et partage" du lycée Mancy

L’après-midi s’est terminé dans la convivialité autour d’une collation, à base de produits fermiers du Jura, préparée et servie par des personnes ayant participé aux ateliers du lycée Mancy.

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Le "bar à soupe" du CPIE

Un espace de documentation était présenté à cette occasion, et accueillait notamment le Bar à soupe de l’UNCPIE, outil cofinancé par le PRALIM. Ce stand peut être emprunté par toute structure intéressée. (contacter le CPIE pour connaître les conditions).