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CRALIM du 13 février 2014

Visionnez le film du CRALIM (1 minute 22 sec)

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Jeudi 13 février 2014, Stéphane FRATACCI, Préfet de la région Franche Comté, Préfet du Doubs, a réuni le comité régional de l’alimentation (CRALIM) sous forme d’assises . Ce comité est l’instance de suivi du PRALIM, Plan régional de l’alimentation, qui se réunit annuellement depuis 2009.

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La manifestation, articulée autour de deux tables rondes thématiques, a connu un vif succès puisque plus de 130 personnes, issues de collectivités, d’organismes professionnels, d’associations d’éducation populaire ou caritatives, de services de l’État, ont répondu à l’invitation.
La journée a ainsi permis de mettre en lumière plusieurs projets souvent méconnus, portés par de multiples acteurs régionaux.
M. le Préfet a rappelé les grands axes de la politique nationale de l’alimentation, que sont la justice sociale, l’éducation alimentaire de la jeunesse et la lutte contre le gaspillage, le tout sur fond d’ancrage territorial. Cette politique va être confirmée par la Loi d’avenir pour l’Alimentation, l’Agriculture et la Forêt, qui constitue un acte fort en faveur du renforcement de notre modèle alimentaire et de la performance de notre système sanitaire. M. le préfet a également souligné le caractère interministériel de cette thématique « alimentation », qu’illustrent par exemple deux plans tous récents déclinés en région, le plan jeunesse et le plan pauvreté. Il a enfin rappelé le travail engagé collectivement en région depuis 2009 dans le cadre du PRALIM, qui a donné lieu au financement de 67 projets pour un montant d’aides de 371 000 €.
A cette occasion, le dynamisme de la région Franche-Comté a été souligné par Mme BIZET, représentante de la Direction générale de l’alimentation, venue rappeler les grands dossiers de la politique nationale de l’alimentation.

Télécharger le programme de la manifestation.
Les présentations faites en séance sont disponibles en pièces jointes en fin d’article.

Consultez le Cralim’Infos, bulletin d’information 2013 remis en séance, ou téléchargez le pour les thématiques qui vous intéressent :

Feuilletez la totalité du bulletin :
PubliAlim2014
Ou téléchargez par thème :

Axe1 (format pdf - 1 Mo - 25/01/2016)
Axe2 (format pdf - 377.2 ko - 25/01/2016)
Axe3 (format pdf - 180.5 ko - 25/01/2016)
Axe4 (format pdf - 481 ko - 25/01/2016)
Axe5 (format pdf - 183.8 ko - 25/01/2016)
Axe6 (format pdf - 220.5 ko - 25/01/2016)
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1ère table ronde : l’éducation des jeunes au « bien manger », avec une préoccupation d’information sur les produits locaux et les métiers de l’alimentaire

Comment sensibiliser les jeunes à une bonne alimentation, comment éduquer leur goût ? Comment leur faire connaître les produits locaux et les métiers de la production ? Comment aborder ces sujets et améliorer la restauration au sein d’un établissement scolaire ? Voilà quelques questions auxquelles les intervenants ont tenté d’apporter des réponses par l’exemple :

Concernant les actions en direction des collégiens, M.TIFOEN, principal du collège d’Orgelet dans le Jura et son équipe ont présenté leur action quotidienne en faveur de l’éducation des jeunes et d’une meilleure qualité de la restauration : mise en place d’une commission restauration associant les délégués des élèves, travail avec la professeur de SVT (sciences de la vie et de la terre), amélioration des plats proposés et communication, sensibilisation au gaspillage etc..

Interview de M.TIFOEN

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JPEGMme FORCINAL, 1ére vice-présidente, a ensuite fait part de l’implication du Conseil général du Territoire de Belfort sur ces thématiques, illustrant ainsi ce que peut être le rôle d’une collectivité. Ce département, outre l’amélioration de la qualité du service de restauration et l’éducation des jeunes, a un objectif plus large de création de lien social et de solidarité territoriale, en particulier de maintien et de développement de l’agriculture locale.
Enfin M.TRUONG, médecin conseil à la Direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale nous a rappelé l’importance de l’activité physique parallèlement au « bien manger ». Pour cela, une exposition intitulée « manger-bouger-dormir » a été créée et est disponible gratuitement dans chacun des départements. Elle circule dans certains collèges et pourrait être complétée par d’autres panneaux.

JPEGEn ce qui concerne la connaissance des produits et des métiers, M. COURTET, président des Jeunes Agriculteurs du Doubs, nous a rappelé que ces derniers mènent depuis longtemps des actions pour sensibiliser les jeunes en primaire et collèges, à la fois en classe et sur le terrain au sein des exploitations. M. RENEVIER, président de la Chambre régionale d’agriculture a souligné que d’autres actions de sensibilisation sont menées par les filières professionnelles agricoles auprès des futurs consommateurs. Il a également présenté le travail réalisé par la Chambre depuis 2009, en lien avec INTERBIO, l’inter-profession de l’agriculture biologique, pour favoriser l’organisation des filières alimentaires de proximité. Ce dernier s’inscrit désormais dans un programme régional de l’alimentation de proximité, le PRAP, qui comporte plusieurs axes, sur la connaissance et l’organisation de la demande et de l’offre, avec un axe spécifique qui concerne la restauration collective, cofinancé par le PRALIM. Ce PRAP a été mis en place à la demande du Conseil régional, pour travailler sur tous les aspects de l’approvisionnement local, sujet qui s’avère en fait extrêmement complexe et multifactoriel. C’est ce que nous a rappelé Mme FONQUERNIE, vice-présidente, qui a également précisé les deux axes d’action actuels du Conseil régional en ce qui concerne la restauration des lycées : la mise en œuvre de la réglementation nutritionnelle au travers du plan alimentaire, et le travail sur la tarification, afin de l’homogénéiser et de dégager d’éventuelles marges de manœuvre pour développer la qualité de l’offre alimentaire.

JPEGPour finir cette première table ronde consacrée à l’éducation des jeunes, M.SINTOT, animateur sensoriel, a rappelé les trois approches complémentaires et nécessaires à une bonne l’alimentation : nutritionnelle, culturelle, sensorielle. Car pour bien se nourrir, il faut certes des nutriments, mais aussi un certain cadre social, et du plaisir. Il nous a ensuite présenté l’intérêt d’une éducation au goût, au travers du dispositif national des classes du goût, qui permet de révéler l’enfant à lui-même et aux autres, et a conclue par une expérience de dégustation qui aura sans nul doute marqué l’auditoire ! Cet intérêt de l’apprentissage du goût a été confirmé par M.BRAND, maître de conférence à l’Université de Besançon au travers des résultats de ses recherches sur ce sujet ainsi que sur l’influence de l’information donnée au consommateur sur le produit vis à vis de sa perception des arômes.

Les échanges ont ensuite permis de débattre sur la question du prix et du temps du repas en collège, sur l’intérêt d’insérer l’alimentation dans un contenu éducatif, notamment dans le cadre des programmes périscolaires et de la réforme des rythmes scolaires, et sur le contenu de cette éducation, qui pourrait s’ouvrir aux multiples dimensions de la qualité de l’alimentation : nutritionnelle et sanitaire d’abord, mais aussi gustative, sans oublier la qualité des modes de production, sur le plan social et environnemental.

2ème table ronde : de la lutte contre le gaspillage à l’alimentation des personnes les plus démunies.

JPEG La lutte contre le gaspillage alimentaire est un enjeu majeur de nos sociétés, d’un point de vue à la fois économique, environnemental et social. Comment les acteurs locaux peuvent-ils contribuer à un meilleur approvisionnement des associations caritatives et comment faire de l’aide alimentaire un outil d’accompagnement des personnes en difficulté ?

Pour commencer, après la projection d’un extrait du film « le gaspillage ne fait plus recette », Mme AUBERT, Directrice régionale de l’ADEME a évoqué des pistes d’action pour répondre aux enjeux posés : favoriser la connaissance par des études (sur le coût effectif du gaspillage, sur l’acceptabilité par le consommateur de produits alimentaires hors normes esthétiques habituelles), redonner du sens donc de la valeur à l’aliment en informant sur son origine, et toutes autres actions de sensibilisation, de formation, d’amélioration des pratiques. Mais avec un message final incitant à l’innovation pour changer de modèle de développement, car pour lutter contre le gaspillage, l’objectif ne serait-il pas finalement de consommer moins mais mieux, en favorisant la qualité ?

Les intervenants nous ont à nouveau montré par l’exemple que l’action est possible :

JPEG En ce qui concerne l’approvisionnement des personnes démunies, la filière comté par exemple, s’est organisée de manière remarquable pour développer les dons de lait des producteurs, donc de comté. Ce projet, porté et présenté par M. BERNARD, directeur de la Fédération régionale des coopératives laitières et M.CHEVALIER, directeur des relations extérieures à l’entreprise Monts et Terroirs, a été coordonné par la DRAAF suite à une demande de la Banque alimentaire .

Interview de M.BERNARD

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Le représentant de la banque alimentaire, M.MARCHAL a rappelé que celle-ci fait du gaspillage une ressource pour aider les plus démunis à se « restaurer », et nous a expliqué son mode de fonctionnement. Enfin M.GATTO, directeur de l’hypermarché Carrefour Valentin nous a éclairé sur la complexité de la gestion des nombreuses références de produits, en particuliers les produits frais, et des fins de promotions, tout en tenant compte des exigences toujours plus fortes des consommateurs. Il nous a également présenté quelques actions menées par son magasin à la fois pour limiter la « casse » et pour aider les personnes en difficulté : réduction de l’assortiment en produits frais, source de gaspillage, réflexion sur les types d’emballages pour ne pas inciter à la surconsommation, partenariat avec la banque alimentaire pour donner des produits non vendables et financer des ateliers cuisine, fortes promotions chaque matin sur les produits périmés du jour.

Pour ce qui est de l’accompagnement social des personnes en situation de précarité, l’association RESA39 (Réseau d’Entraide et de Solidarité Agricole du Jura) a présenté son action de mise en place de « Jardins du partage », qui au delà de son intérêt pour améliorer l’alimentation des bénéficiaires, permettent aux personnes bénéficiaires de reprendre place plus facilement dans la société. L’étape suivante est l’organisation d’ateliers cuisine pour faciliter l’utilisation des productions issues des jardins.
M.MICHAUD de l’ARS a rappelé la complémentarité des programmes d’État, entre le programme national nutrition santé (PNNS) coordonné par le ministère de la santé et le programme national de l’alimentation (PNA) coordonné par le ministère de l’agriculture. Le PNNS a en effet également comme public privilégié les personnes démunies et des actions leurs sont donc destinées, soit directement au travers des projets menés par collectivités actives, soit indirectement grâce à la formation des professionnels de santé. En région ARS et DRAAF coordonnent au maximum leurs actions de manière à optimiser leurs moyens, et l’enjeu commun est souvent d’arriver à développer au niveau régional les microprojets locaux qui fonctionnent.
Enfin Mme MEILLIERE de la Ville de Belfort a présenté l’atelier « Petits plats, petits budgets » réalisé en lien avec le Secours populaire français. Un exemple d’implication d’une collectivité pour favoriser une meilleure alimentation des publics précaires, lutter contre le gaspillage des produits de l’aide alimentaire et refaire du repas un moment de convivialité.

Les échanges enfin ont permis d’aborder les sujets des normes commerciales, de l’aspect des produits et des dates de péremption, et leur impact dans la question du gaspillage.
Et dans la suite de Mme AUBERT qui a questionné notre modèle de développement et encouragé au « consommer moins mais lieux », M.BERNARD a suggéré de transformer en opportunité cet objectif de lutte contre le gaspillage, qui peut apparaître comme une contrainte pour les acteurs économiques, afin d’en faire un véritable engagement social pour aller plus loin, sur les traces des banques alimentaires. Telles sont quelques interrogations qui ressortent des débats et qui nous interpellent tous, collectivement et individuellement.
M.LINARD, Directeur régional de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt, a conclu l’après-midi en constatant que le PRALIM, malgré la modestie de ses moyens, joue un véritable rôle de catalyseur et de mise en lumière d’actions, elles-mêmes témoins de la vitalité de notre territoire sur cette thématique "alimentation". Il a ensuite donné rendez-vous aux acteurs régionaux dans un an sous le même format puisque ce dernier semble avoir donné satisfaction et permet de nous faire réfléchir à la fois sur nos comportements individuels et sur ce qu’il est possible de réaliser collectivement. Nous avons en effet encore du travail en perspective, notamment État, collectivités et professionnels agricoles, afin de poursuivre les travaux engagés sur la structuration des filières locales, pour permettre une relocalisation de notre alimentation.