Abaissement du niveau de risque épizootique influenza aviaire à « modéré » en Bourgogne Franche Comté

publié le 12 mai 2022

Depuis novembre 2021, la France fait face à une crise sanitaire d’une ampleur sans précédent vis-à-vis du virus de l’influenza aviaire. Après quelques cas dans le Nord de la France, la région du Sud-Ouest a été touchée à partir de mi-décembre, puis la région du Grand-Ouest depuis fin février. L’épizootie est en cours de stabilisation dans ces régions mais la région Centre-Ouest de la France reste confrontée à une situation évolutive (Dordogne, Corrèze, Lot…).

À la date du 6 mai 2022, la France compte 1374 foyers d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) en élevage (dont 858 en Vendée et départements limitrophes), 47 cas en faune sauvage et 30 cas en basse-cours.

L’ampleur de l’épizootie a retardé l’abaissement du niveau de risque vis-à-vis de l’influenza aviaire par rapport aux années précédentes. Compte tenu de l’amélioration de la situation, le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation a décidé d’abaisser le niveau de risque à « modéré » pour une partie du territoire, 19 départements particulièrement impactés restant en niveau de risque « élevé ».

Pour la région Bourgogne-Franche-Comté, le niveau de risque influenza aviaire devient donc « modéré ». Ceci implique le maintien de la mise à l’abri des volailles uniquement dans les zones à risque particulier définies par arrêté ministériel du 16 mars 2016, correspondant à des zones humides fréquentées par les oiseaux migrateurs. En Bourgogne Franche-Comté, plusieurs communes sont incluses dans ces zones à risque particulier : fleuve et vallée de la Saône et Seille, fleuve et vallée du Doubs et Haut-Doubs, lac de Chalain, fleuve Loire en Bourgogne, fleuve et vallée de l’Yonne (carte en pièce jointe).

De ce fait, les mesures de prévention rendues obligatoires depuis le 5 novembre 2021 lors du passage en risque « élevé » sont allégées à l’exception des zones à risque particulier.
Les mesures qui continuent de s’appliquer dans ces zones sont les suivantes :
· Mise à l’abri des volailles des élevages commerciaux et claustration ou mise sous filet des basses-cours ;
· Interdiction de rassemblement d’oiseaux (pour des concours ou sur les marchés par exemple, sauf dérogations) ;
· Conditions renforcées pour le transport et l’introduction dans le milieu naturel de gibiers à plumes et l’utilisation d’appelants ;
· Interdiction des compétitions de pigeons voyageurs ;
· Vaccination obligatoire dans les parcs zoologiques pour les oiseaux ne pouvant être confinés ou protégés sous filet.
Ces mesures sont accompagnées d’une surveillance clinique quotidienne par les détenteurs dans tous les élevages (commerciaux et non commerciaux).

En dehors de ces communes, les restrictions sont levées et les volailles peuvent notamment être sorties sur parcours extérieur sans limitation de surface.

L’amélioration de la situation sanitaire permet de remettre progressivement en élevage des poussins et des canetons. Dans les Landes, le repeuplement des élevages est en cours. Dans le Grand-Ouest, les nouvelles mises en place d’animaux débuteront de manière sectorisée à compter du 1er juin, si la situation sanitaire reste favorable.

Au-delà de l’évolution du niveau de risque, la virulence et la répétition des crises IAHP qui touchent l’Europe et la France et leurs conséquences en matière de dépeuplement, amènent à étudier de nouveaux moyens préventifs en complément de la biosécurité et de la surveillance.

C’est dans ce contexte qu’une étude vaccinale est lancée ce 10 mai en France sur des palmipèdes. A l’heure actuelle, aucun vaccin pour les palmipèdes n’est disponible pour lutter contre l’influenza aviaire hautement pathogène. L’étude consiste à acquérir des données sur la capacité de deux vaccins candidats à protéger les palmipèdes et à limiter l’excrétion et la diffusion du virus. Elle sera conduite sous contrôle de vétérinaires, de l’Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse, de l’ANSES et des services de l’Etat.

La France et les Etats membres de l’Union européenne poursuivent en parallèle les discussions au niveau du Conseil, sur la vaccination.

En Europe, 36 pays sont touchés par l’épizootie 2021-2022 d’influenza aviaire hautement pathogène (https://www.plateforme-esa.fr/). L’épizootie actuelle est marquée par une persistance de cas dans la faune sauvage et par une contamination forte de l’environnement par le virus. La vigilance doit rester de mise vis-à-vis du risque de ré-émergence de la maladie en élevage, y compris dans notre région.

Pour rappel, l’influenza aviaire n’est pas transmissible à l’Homme par la consommation de viande d’origine aviaire, oeufs, foie gras et plus généralement de tout produit alimentaire.
Pour en savoir plus : https://agriculture.gouv.fr/tout-ce-quil-faut-savoir-sur-linfluenza-aviaire