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Quelques clés pour piloter un territoire dans le but d’améliorer la qualité de l’eau

Le 7 septembre 2021, l’Office Français de la Biodiversité, dans le cadre du Centre de ressources Captages, a organisé un webinaire sur le thème de la qualité de l’eau dans les territoires.
Claudine FERRANE, Ingénieure de recherche à INRAé, a présenté une méthode, appelée gestion dynamique, permettant de piloter efficacement un territoire dans le but d’améliorer la qualité de l’eau. Cette méthode été éprouvée sur 3 territoires à enjeu nitrates : l’aire d’alimentation de captage de Brienon sur Armançon (Yonne), celle du Tremblay-Omonville (Eure) et celle de Somme-Vesle (Marne).

Cette méthode est simple mais se base sur quelques grands principes qui aident à fixer les bons objectifs, adapter les actions et bien impliquer l’ensemble des acteurs. Les éléments importants de la gestion dynamique sont les suivants :

  • la présence d’un gestionnaire de la ressource en eau qui affirme sa volonté d’avoir une eau de qualité et exigeant envers ceux qui l’influencent => cela permet de maintenir une "tension féconde" favorable à la prise de conscience et au changement ;
  • la nécessité de considérer les agriculteurs locaux comme de vrais acteurs du territoire => leur fournir tous les éléments dont ils ont besoin pour s’approprier le sujet, les responsabiliser et leur faire prendre en charge le débat sur les résultats obtenus ;
  • une co-construction du projet avec l’ensemble des acteurs (agriculteurs, collectivités, élus...) => cela demande d’allouer suffisamment de temps à la présentation du contexte et à la pédagogie nécessaire pour chaque acteur ;
  • un projet orienté sur une logique de résultats plutôt qu’une logique de moyens ;
  • un bilan annuel avec les acteurs mais aussi, et de façon distincte, avec les agriculteurs, en groupe et de façon individuelle afin de comprendre pourquoi, le cas échéant, les actions menées n’ont pas abouti. Le projet peut être réorienté ou adapté pour réussir à atteindre les objectifs.

De façon plus concrète, il est indispensable de bien cibler le problème et les objectifs ; convertir les enjeux environnementaux en terme de pratiques agricoles (lien important pour une bonne implication des agriculteurs) ; transposer le projet sous forme schématique (permet de voir si les moyens permettent de répondre aux objectifs, et de détailler les objectifs intermédiaires) ; d’éditer ce schéma annuellement en matérialisant ce qui est atteint et ce qui reste à effectuer ; comprendre pourquoi les actions n’ont pas abouti et les adapter pour améliorer le résultat l’année suivante.

L’évaluation annuelle du projet se fait à l’aide d’un petit nombre de variables et indicateurs. Dans le cadre d’une problématique nitrates, mesurer le reliquat azoté début drainage (automne) fournit un bon indicateur pour évaluer les résultats sur une parcelle, et sur lequel s’appuyer pour échanger avec l’agriculteur.
Dans le cas d’une pollution par une molécule de produits phytopharmaceutiques, un tel indicateur reste à définir.

Un guide pour la mise en place d’une gestion dynamique sur un territoire à enjeu "nitrates" a été rédigé par l’INRAé, suite aux travaux financés par l’Agence Nationale de Recherche et l’Office Français de la Biodiversité. Ce guide est disponible en bas de cet article.
Plus d’information sur le site de l’INRAé

Le Centres de ressources Captages met à disposition de nombreuses ressources pour la préservation de la qualité de l’eau. Le replay du webinaire sera accessible sur ce site prochainement.