Comité régional grandes cultures Bourgogne-Franche-Comté : les perspectives de la moisson 2026

Comme chaque année, le Comité régional grandes cultures (CRGC) de Bourgogne-Franche-Comté s’est réuni le 3 juin dernier sous la présidence de Damien Racle, second vice-président du comité, pour évoquer la moisson à venir ; en présence de Björn Desmet, directeur régional de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt de Bourgogne-Franche-Comté, représentant la préfète de région.

Le CRGC est une instance de dialogue officielle, inscrite dans le Code rural et de la pêche maritime. Il compte 25 membres représentatifs de l’ensemble de la filière, qui ont pour mission d’analyser la conjoncture régionale et d’évoquer les sujets d’avenir de la filière.

Ses travaux participent à l’élaboration des prévisions de rendement des céréales destinées à être présentées au conseil spécialisé FranceAgrimer pour la filière céréalière, concourant ainsi à l’évaluation de la récolte nationale.

Des rendements potentiellement inférieurs aux moyennes quinquennales

Avec des températures plus élevées que la normale et un ensoleillement favorable durant toute la saison végétative, la récolte s’annonçait bonne jusqu’à l’épisode de fortes chaleurs du mois de mai. Si les orges d’hiver ont globalement bien résisté, il n’en va pas de même pour les blés tendres et orges de printemps, en pleine phase de remplissage des grains. En conséquence, les rendements de la moisson 2026 devraient être inférieurs aux moyennes quinquennales, d’au moins 10 à 20% selon les secteurs. Les sols profonds de plaine s’en sortiront mieux que les sols superficiels des plateaux. La qualité des grains s’appréciera quant à elle au moment de la récolte.

Des trésoreries fragilisées par le contexte international

La situation de trésorerie des exploitations céréalières a occupé une large partie des échanges. Avec des stocks mondiaux élevés et de bonnes perspectives de récoltes mondiales, les cours des céréales se maintiennent à des niveaux peu, voire pas rémunérateurs, tandis que les matières premières (gazole et engrais) se sont envolées suite au blocage du détroit d’Ormuz. Ce contexte vient fragiliser des trésoreries déjà dégradées dans bon nombre d’exploitations.

Les engrais, enjeu de souveraineté

Les agriculteurs se voient contraints à des arbitrages, qui se traduisent depuis plusieurs années par une diminution des apports en engrais de fond (phosphore et potassium). Cette tendance inquiète la profession : ces apports sont indispensables au développement racinaire et à la floraison des cultures. La fermeture annoncée de l’usine d’engrais de Grandpuits (Seine-et-Marne) en août 2026 pose la question de la souveraineté nationale et européenne en matière d’engrais.

La France importe chaque année plus de 2 millions de tonnes d’engrais minéraux, principalement d’origine européenne (Allemagne, Belgique et Pays-Bas), mais aussi extra-européenne (Maroc). Le plan engrais, publié par la Commission européenne le 19 mai, concentre les attentes de la profession en matière de souveraineté.

L’autre levier de souveraineté repose sur les engrais organiques. Le projet de loi d’urgence agricole, en facilitant les implantations d’élevages de porcs, de bovins et de volailles, contribuera à renforcer la production d’engrais organiques et stimulera par ailleurs les consommations locales de céréales et oléoprotéagineux.

* Le CRGC Bourgogne-Franche-Comté est présidé par Jacques de Loisy, agriculteur à Hauteville-lès-Dijon et président de la Chambre départementale d’agriculture de Côte-d’Or. Lionel Borey, président de la coopérative Bourgogne du sud en est le premier vice-président, Damien Racle, directeur général des établissements Bresson à Saulon-la-Chapelle en est le second vice-président.


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