Enquête annuelle laitière 2024

Agreste Bourgogne-Franche-Comté n°103 - février 2026

L’année laitière 2024 proche de celle de 2023

Contrairement au national, les livraisons de lait de 2024 en Bourgogne-Franche-Comté se replient très légèrement par rapport à 2023. La première partie de l’année était dynamique et laissait présager une reprise des livraisons régionales de lait. Toutefois, la mauvaise qualité des fourrages et la baisse de productivité des vaches laitières impactées par la Fièvre Catarrhale Ovine laissent la production annuelle à un niveau proche de 2023. Grâce à la plus-value apportée par les AOP fromagères du « Massif du Jura » le prix moyen du lait régional atteint pour la première fois la barre symbolique des 600 € la tonne, soit 110 € de plus que le prix moyen du lait national. À l’exception des fromages à pâtes pressées cuites, les fabrications de produits laitiers dans la région ont été plus dynamiques qu’en 2023. Représentant 7 % des fromages de la région, les fromages Bio ont quant à eux régressé en 2024.

En 2024, la collecte mondiale de lait de vache atteint 555,2 millions de tonnes (Mt) et augmente de 0,4 % malgré un contexte de recul du cheptel. Elle a progressé de 0,2 % dans les 5 premiers bassins exportateurs (Etats-Unis, Union européenne, Australie, Nouvelle Zélande et Argentine) pour un total de 290,2 millions de tonnes (source USDA). Premier bassin de production ( 25 % de la production laitière mondiale), les livraisons de lait au sein de l’Union européenne sont en hausse de 0,6 % par rapport à 2023 et ont pour la première fois dépassé la barre des 145 millions de tonnes. Parmi les principaux pays producteurs, les hausses enregistrées en France, Italie, Pologne et Espagne ont compensé les baisses en Allemagne, aux Pays-Bas et en Irlande (cf. Figure 1).

Figure 1 - Évolution de la collecte européenne de lait de vache

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Figure 1 - Évolution de la colelcte européenne de lait de vache
évolution
UE 27 pays 0.6
Allemagne 0.9
France 1.3
Pays-Bas -1.7
Italie 1.2
Pologne 3.9
Irlande 0.4
Espagne 1.5

Source : Eurostat

Timide reprise des livraisons nationales

Après trois années de baisse consécutive et malgré un contexte sanitaire compliqué en fin d’année lié à la Fièvre Catarrhale Ovine (FCO), la collecte laitière française a progressé de 1,3 % par rapport à 2023. Une pluviométrie favorable à la pousse de l’herbe et au pâturage des animaux a permis une meilleure alimentation du troupeau. La productivité moyenne par exploitation laitière de 544 milliers de litres a crû cette année de 5,7 % par rapport à 2023.
Ces bons chiffres de 2024 sont toutefois à relativiser tant la production laitière de 2023 avait été déficitaire (descendue sous son niveau de 2010 et en baisse de 3% par rapport à 2022). Repassée légèrement au-dessus de la barre des 23 milliards de litres, il manque à la France plus de 1 milliard de litres pour retrouver le niveau de sa production laitière de 2019 et 2020.

Figure 2 - Les livraisons régionales moins dynamiques que les nationales en 2024

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Figure 2 - Les livraisons régionales moins dynamiques que les nationales en 2024
Livraisons Bourgogne-Franche-ComtéLivraisons FranceLivreurs Bourgogne-Franche-ComtéLivreurs France
2013 100 100 100 100
2014 108 105 96 95
2015 109 106 95 92
2016 105 102 91 87
2017 106 103 89 85
2018 109 103 88 80
2019 107 103 86 77
2020 110 104 84 75
2021 109 101 82 71
2022 110 101 80 69
2023 108 98 78 63
2024 108 99 77 63

Source : Agreste - Enquêtes annuelles laitières

La FCO impacte la production régionale

Contrairement au niveau national, la production laitière de Bourgogne-Franche-Comté reste stable en 2024, à 1,6 milliard de litres, alors que le niveau de 2023 était déjà bas. En hausse sur le premier semestre à la faveur d’un fourrage de qualité distibué aux animaux le premier trimestre et une herbe en abondance sur le second, la production laitière régionale a lourdement chuté sur la seconde partie de l’année. Cette forte baisse est à relier aux fourrages de piètre qualité récoltés dans l’année et distribués aux animaux ainsi qu’au contexte sanitaire défavorable. De nombreux élevages touchés par la FCO ont vu leurs livraisons de lait être lourdement impactées par cette maladie. Le déficit de production sur le second semestre atteint - 5 % par rapport à 2023 et - 3 % par rapport à la moyenne triennale.
Le lait AOP « Massif du Jura », produit sur les départements du Doubs et du Jura, représente 55 % de l’ensemble des livraisons. Il a baissé de 0,7 % tandis que le lait conventionnel, produit en très grande majorité sur les 6 autres départements, a augmenté de 0,2 %.

Figure 3 - Les livraisons départementales

Trimestres

Livraisons

Côte d’or

Doubs

Jura

Nièvre

Haute-Saône

Saône et Loire

Yonne

Territoire-de-Belfort

Bourgogne-Franche-Comté

2024T1 Volume (Ml) 22891 171314 87179 4304 78478 32809 22788 8357 428121
N/N-1 (%) +1,0 +3,9 -0,1 +2,7 +3,2 -0,8 +1,5 +3,8 +2,2
2024T2 Volume (Ml) 22577 179882 92899 4253 78648 32724 22331 8562 441877
N/N-1 (%) +0,7 +1,6 -0,3 -2,1 +3,2 -0,9 +0,1 +3,7 +1,2
2024T3 Volume (Ml) 19275 145685 73349 3482 66280 28149 18777 7613 362611
N/N-1 (%) -1,2 -0,6 -1,6 -3,8 +0,7 -0,5 -4,2 +0,1 -0,8
2024T4 Volume (Ml) 19374 143491 73776 3644 66600 28452 18867 7383 361587
N/N-1 (%) -6,2 -4,3 -3,1 -6,2 -4,3 -2,3 -9,0 -3,1 -4,2
Cumul des 4 derniers trimestres Volume (Ml) 84117 640372 327203 15683 290006 122135 82763 31915 1594195
N/N-1 (%) -1,2 +0,3 -1,2 0,0 +1,4 -0,8 -2,4 +3,2 -0,1

Source : Agreste - Enquêtes annuelles laitières

À l’échelle départementale, l’Yonne accuse une forte baisse par rapport à 2023, en lien direct avec la diminution du nombre d’exploitations (- 11 %). Sur ce département, l’augmentation de la productivité des exploitations ne compense plus la perte de volume liée aux cessations d’activité. Ce département est celui dont la livraison moyenne par exploitation est la plus élevée (613 000 litres contre 417 000 litres de moyenne sur la région). A contrario, même si le nombre des exploitations a diminué en Haute-Saône et dans le Territoire de Belfort, les volumes livrés ont crû respectivement de + 1,4 % et + 3,2 % d’une année sur l’autre. Ces mouvements s’inscrivent dans une tendance de plus long terme en lien pour partie avec l’évolution des chetels et de la productivité (cf. encadré 1).

Encadré 1 - La hausse de la productivité ne compense pas la baisse des cheptels dans l’ouest de la région

Entre 2010 et 2024, le nombre de vaches laitières en Bourgogne-Franche-Comté baisse de 3,2 %. L’ensemble des départements est concerné par cette diminution à l’exception du Doubs et du Jura.
Ces deux départements se distinguent par une augmentation de leur cheptel : + 11 % pour le Doubs et + 5 % pour le Jura. Couplée à une augmentation de la productivité, elle conduit à une augmentation des livraisons de lait dans le Massif du Jura de 1,2 % par an en moyenne.
Dans les autres départements de l’ex Franche-Comté, le nombre de bovins laitiers recule mais la production laitière y progresse, grâce à une hausse significative de la productivité par vache atteignant 7 000 L par vache contre 6 000 L dans le Massif du Jura. Ainsi, malgré la réduction de leur cheptel, la Haute-Saône ou le Territoire de Belfort ont réussi à livrer davantage de lait qu’en 2010. Le Territoire de Belfort augmente ses livraisons de lait de 8 % en 14 ans bien que son nombre de vaches diminue de 15 %.


Figure 4 - Évolution du Cheptel et des livraisons dans la région

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Figure 4 - Évolution du Cheptel et des livraisons dans la région
Livraison Jura et DoubsCheptel Jura et DoubsLivraison Haute-Saône et BelfortCheptel Haute-Saône et BelfortLivraison BourgogneCheptel Bourgogne
2010 100 100 100 100 100 100
2011 104 100 102 100 106 99
2012 101 100 99 98 103 98
2013 102 101 98 98 97 95
2014 110 105 106 99 103 94
2015 112 106 107 99 103 93
2016 110 107 99 99 96 92
2017 112 110 103 98 94 92
2018 115 109 105 98 97 90
2019 115 108 104 96 92 87
2020 117 109 109 96 93 84
2021 120 108 106 93 87 83
2022 120 108 107 93 89 81
2023 118 107 103 90 86 79
2024 118 109 105 88 85 76

Source : Agreste - Enquêtes annuelles laitières, BDNI

Au contraire, dans les départements bourguignons, les livraisons sont en baisse. Les cheptels sont en déclin avec une accélération de la tendance à partir de 2018. Les cheptels de vaches laitières dans la Nièvre et l’Yonne ont par exemple diminué respectivement de 25 % et 22 % entre 2016 et 2024. La productivité, en hausse dans tous les départements, ne parvient pas à compenser la baisse des effectifs qui entraîne une baisse des livraisons.
La Saône-et-Loire, qui concentre 42 % des vaches laitières en Bourgogne résiste mieux. Malgré une baisse de 21 % de son cheptel entre 2010 et 2024, les livraisons de lait n’ont baissé que de 5 %.
Plusieurs facteurs expliquent l’amélioration de la productivité. La fin des quotas laitiers en 2015 libère les éleveurs des contraintes de production. L’alimentation, plus riche et mieux adaptée, favorise une meilleure performance des animaux. De plus, les progrès génétiques et les innovations en élevage comme les robots de traite, contribuent à la hausse des livraisons par tête. Cette dynamique reflète une modernisation du secteur laitier en Bourgogne-Franche-Comté, où la compétitivité repose désormais soit sur des signes de qualité plus rémunérateurs, soit sur une meilleure productivité par vache.

Pas d’augmentation du prix du lait national en 2024

Le prix du lait européen qui refluait depuis le mois de mai 2023 est reparti à la hausse 12 mois plus tard pour clôturer l’année 2024 à la moyenne de 484 € (+ 3 % / 2023). Comme les années précédentes, le prix du lait français est beaucoup moins fluctuant d’une année sur l’autre que les prix allemands ou néerlandais. Sur les 8 derniers mois de l’année où le prix moyen était supérieur à celui de 2023, la hausse moyenne du prix du lait français atteint + 2,5 % contre + 15 % en Allemagne et aux Pays-Bas.
Toutefois, lorsque la tendance s’inverse, la chute est beaucoup plus amortie en France que dans les deux autres pays. Au final, le prix moyen 2024 du lait payé aux producteurs de lait français (moyenne pondérée des volumes de lait Non Bio et volume de lait Bio), s’établit à 489 € soit le même prix que 2023. Ce résultat est 4 % inférieur à celui du prix moyen du lait allemand.
La marge brute des éleveurs calculée par l’indice MILC (Marge IPAMPA Lait sur Cout indicé) publiée par l’Institut de l’élevage est en hausse de près de 9 % en 2024 avec la baisse des charges d’élevages de 4,2 % mesurée par l’indice des prix d’achat des moyens de production agricole (IPAMPA).

Figure 5 - La hausse du prix du lait conventionnel ralenti en 2024

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Figure 5 - La hausse du prix du lait conventionnel ralenti en 2024
Lait AOP Massif du JuraLait conventionnel Bourgogne-Franche-Comté
2017 531 361
2018 550 361
2019 567 379
2020 583 375
2021 624 387
2022 656 443
2023 678 485
2024 696 489

Source : Agreste - Enquêtes mensuelles laitières

La qualité du lait, élément déterminant du lait AOP Massif du Jura

Pour la première fois en Bourgogne-Franche-Comté, le prix moyen du lait toutes qualités confondues atteint la barre des 600 € (592 € en 2023). Cet écart de 110 € de plus au 1 000 litres par rapport au lait national est le fruit de la valorisation supplémentaire apportée par les fromages AOP « Massif du Jura ». Le prix du lait payé aux 2 440 exploitations engagées dans ces filières aux cahiers des charges contraignants a poursuivi sa marche en avant ininterompue depuis plus de 15 années. Il se rapproche désormais de la barre des 700 € de moyenne annuelle en 2024 (+ 15 € par rapport à 2023). Ces bons chiffres confirment la bonne santé de ces filières de qualité, organisées et structurées. Toutefois l’Observatoire Prospectif de l’Agriculture de Bourgogne-Franche-Comté piloté par la Chambre régional d’Agriculture (OPA BFC) note un effritement du résultat comptable depuis trois années. Les niveaux de charges operationnelles et structurelles demeurent élevés face à une contraction des marchés qui impose la limitation de l’offre et donc la quantité de lait livré. La performance économique de ces exploitations ne passe plus par les volumes mais par la maîtrise des charges, la qualité du lait nécessaire à la préparation fromagère, influencée par les teneurs en matières grasses et protéïques, ainsi que par la qualité sanitaire du lait.

Une conjoncture lait conventionnel favorable

Le lait conventionnel concerne environ 10 % du lait du Doubs et du Jura ainsi que les 6 autres département de la région. Son prix moyen atteint 489 €, soit 3 € de plus qu’en 2023. Il s’est replié sur les quatre premiers mois de l’année pour repartir à la hausse ensuite. Il dépasse même la barre des 510 € sur le dernier trimestre. Le produit comptable de ces exploitations laitières, situées en plaine, est composé à 55 % par la vente de lait et à 18 % par la vente des cultures. Ce produit d’exploitation est en baisse avec la dégradation du prix des céréales. Comme en 2023, la production laitière de ces exploitations soutient leur rentabilité (source OPA BFC). Non contraintes en volume depuis la fin des quotas, ces exploitations plus intensives peuvent livrer plus de lait qu’en filière AOP afin d’accroître leur chiffre d’affaires.
Cette production supplémentaire vient d’un cheptel moyen plus important (79 VL / exploitation contre 60 en lait AOP) et d’une plus grande productivité par vache en raison de leur race et de leur alimentation. Leur situation économique est plutôt satisfaisante ces dernières années en raison de bonnes conditions climatiques et d’une meilleure gestion avec une baisse des charges et une hausse de la production.

Figure 6 - Prix départementaux

Trimestres

Prix en euros/ 1000 L

Côte d’or

Doubs

Jura

Nièvre

Haute-Saône

Saône et Loire

Yonne

Territoire-de-Belfort

Bourgogne-Franche-Comté

2024T1 Prix 466 658 648 495 484 490 477 499 586
N/N-1 (%) -4,9 +3,5 +0,3 +0,7 -2,1 -6,8 -3,6 +3,5 +0,4
2024T2 Prix 459 668 664 493 470 488 468 494 592
N/N-1 (%) +1,0 +2,0 +2,2 +4,5 -0,3 +0,8 +1,0 +2,9 +1,5
2024T3 Prix 472 688 667 484 487 488 480 515 603
N/N-1 (%) +1,5 +2,1 +2,3 -0,7 -0,1 +2,3 +1,5 +2,8 +1,8
2024T4 Prix 512 708 684 511 511 519 504 539 624
N/N-1 (%) +3,9 +1,4 +2,9 +0,6 +2,0 +5,4 +3,4 +4,1 +2,4
Moyenne des 4 derniers trimestres Prix 476 679 665 496 487 496 481 511 600
N/N-1 (%) +0,1 +2,1 +1,9 +1,3 -0,2 0,0 +0,4 +3,2 +1,5

Source : Agreste - Enquêtes mensuelles laitières

Le prix du lait bio en hausse ne freine pas la baisse du nombre des livreurs

En 2024, 313 exploitations livrent du lait certifié bio soit 16 de moins qu’en 2023. Leur proportion dans la région reste inchangée à 8 %. Le prix moyen qui leur est payé passe de 603 € en 2023 à 608 € en 2024. Cette moyenne cache toutefois un écart important entre les 730 € de moyenne pour le lait Bio AOP Massif du Jura (soit 35 € de plus que la moyenne AOP) et les 508 € pour le lait Bio standard (soit 18€ de plus que la moyenne conventionnelle). Ce dernier est majoritaire en Bourgogne-Franche-Comté (55 % du lait Bio BFC).

Les pâtes pressées cuites en baissent…

Parmi les produits laitiers fabriqués en Bourgogne-Franche-Comté, seule la famille des Pâtes Pressées Cuites (PPC= Comté, Emmental, Gruyère et autres PPC) enregistre une baisse de production.
Composée à 85 % par les fabrications de Comté, ce repli de 1,2 % accompagne la baisse des livraisons de lait AOP « Massif du Jura » enregistrée sur l’année 2024. Souhaitée par l’interprofession pour résorber l’augmentation des stocks en cave et rééquilibrer le marché (Règles de Régulation de l’offre permise par l’AOP), la baisse des fabrications de Comté continue pour la seconde année consécutive (- 1 % contre - 2,7 % en 2023). Avec près de 15 000 meules en moins produites en 2024, la production de ce fromage repasse sous la barre des 68 000 tonnes (département Ain non compris) et retrouve un niveau légèrement supérieur à celui de 2019 et 2020. L’Emmental représente 10 % de cette famille des PPC ; il est composé à 75 % d’Emmental Français Est Central sous IGP (lait cru obligatoire). Il poursuit sa perte d’influence régionale en régressant de près de 10 % cette année après les - 7 % de l’an dernier. Il pourrait descendre en deça de la barre des 7 000 tonnes l’an prochain alors que sa production dépassait les 20 000 tonnes au début des années 2000.

Figure 7 - Baisse des fabrications de pâtes pressées cuites

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Figure 7 - Baisse des fabrications de pâtes pressées cuites
Pâtes pressées cuites Pâtes pressées non cuites Pâtes molles Produits frais
2010 100 100 100 100
2011 97.1 104.1 79.7 105.8
2012 89.2 106.4 86.6 111.1
2013 88.8 110.3 90.5 112.4
2014 98.1 115.7 90.5 106.1
2015 97.2 125 97.1 98.3
2016 96.7 120.2 101.3 94.4
2017 98.4 131.1 98.9 101.6
2018 96.3 143.9 102.2 106
2019 99.1 154.4 106.4 99.2
2020 100.6 158.5 109 96.4
2021 103.4 170.8 111.7 95.9
2022 103.9 160.8 107.1 94.3
2023 101 160.2 105.6 97.7
2024 99.7 163.1 108.3 102.5

Source : Agreste - Enquêtes annuelles laitières

…mais des fabrications fromagères dynamiques dans l’ensemble

Les Pâtes Pressées Non Cuites (PPNC=Morbier, Raclette, Tommes et autres PPNC) ont progressé de 1,8 % en 2024 pour avoisiner les 32 000 Tonnes. Parmi celles-ci les fabrications de tommes ont crû de près de 9 % dont + 2 % pour la Raclette alors que l’AOP Morbier a régressé de 1,1 % par rapport à 2023. Commercialisées en meules de 7 à 8 Kg, et pour une grande partie fabriquées à partir de lait cru ce qui est obligatoire pour l’AOP Morbier, il s’agit de loin de la famille fromagère qui a le plus progressé en terme de tonnage commercialisé ces 15 dernières années (+ 58 % depuis 2010).

Figure 8 - La fabrication de produits laitiers en 2023 et 2024

2023

2024

Evolution 2024/2023

Position nationale 2024

Pâtes pressées cuites 81212 80201 -1,2% 25,3%
Pâtes pressées non cuites 31301 31850 1,8% 12,9%
Pâtes molles 24099 24794 2,9% 5,7%
Fromages fondus 93364 94994 1,7% 73,0%
Fromages frais 107030 117829 10,1% 16,9%
Yaourts et desserts lactés 180710 181111 0,2% 9,1%
Crèmes 32565 35780 9,9% 6,0%
Laits concentrés, laits en poudre,produits dérivés de l’industrie laitière 51849 53448 3,1% 4,3%

Source : Agreste - Enquêtes annuelles laitières

Avec près de 25 000 tonnes produites en 2024, les fromages à pâtes molles, de plus petit format que les pâtes pressées, ont progressé de près de 3 % en 2024. Hormis l’AOP Mont d’Or, fabriquée à partir de lait AOP « Massif du Jura », la majorité des pâtes molles est produite à partir de lait conventionnel pasteurisé et majoritairement sur le département de la Haute-Sâone. La production de Mont d’Or autorisée entre le mois d’août et le mois de mars a été dynamique et l’année se termine à 5 700 tonnes (Chiffre année civile c.a.d fin campagne 2023-2024 et début campagne 2024-2025) soit 200 tonnes de plus qu’en 2023.

Pour la troisième année consécutive, les produits frais, c’est-à-dire les produits laitiers de consommation courante type yaourt, fromage blanc et crème, enregistrent une hausse de leur production. En termes de tonnage, c’est de loin les produits les plus importants car ils conservent la quasi-totalité de l’eau du lait. La production de 335 000 tonnes de 2024) dépasse celle de 2023 de + 5 %. Produits majoritairement dans le département de l’Yonne, ils répondent à une demande croissante du consommateur depuis le confinement et cette hausse est rendue possible par la disponibilité en lait.
Enfin, la région présente la particularité de produire 70 % des fromages fondus nationaux. Fabriqués majoritairement dans le département du Jura, leur production a atteint les 95 000 tonnes en 2024 soit 1,7 % de plus qu’en 2023. Parmi cette famille se trouve la Cancoillotte qui a obtenu son signe IGP en 2022. Sa production de plus de 6 000 tonnes en 2024 dépasse celle de 2023 de 2,5 %.
D’autres AOP ou IGP sont produites dans la région ; leurs ventes présentent des dynamiques variables ces dernières années (cf.encadré 2).

Encadré 2 - Fortes disparités dans les ventes de produits laitiers sous signes d’identification de la qualité et de l’origine

Au-delà des AOP « Massif du Jura », la région produit de nombreux produits laitiers sous signes de qualité et d’origine (SIQO : AOP ou IGP). Entre 2023 et 2024, leurs ventes augmentent de 2,6 %, soit 2 600 tonnes supplémentaires. Cette croissance, bien que positive, masque des disparités fortes entre les filières. Le marché est en effet dominé par le fromage de vache qui représente 98 % de la production en 2024 avec une concentration sur quelques références phares comme le Morbier et surtout le Comté.
Les ventes de Comté seules représentent 67 % des ventes de fromages sous SIQO. Elles progressent de 4,1 % entre 2023 et 2024 pour augmenter de 2 500 tonnes. Le Mont d’Or et le Brillat-Savarin connaissent également des croissances fortes, respectivement de + 6,4 % et + 7,9 %.
Outre les fromages de vache, la crème et le beurre de Bresse tirent également leur épingle du jeu avec des progressions de + 6,3 % et + 4,3 %. Leurs volumes ont plus que doublé depuis l’obtention du label AOP en 2014 qui a probablement dynamisé les ventes. Le Mâconnais, un fromage de chèvre AOP, affiche une croissance remarquable de + 18,2 % entre 2023 et 2024. Mais ses volumes restent confidentiels (52 tonnes en 2024) et confinent ce fromage à un marché de niche.
À l’inverse, certaines productions IGP baissent significativement comme l’Emmental français (- 12 %), concurrencé par les produits industriels ou étrangers. C’est le Soumaintrain qui connaît la plus forte baisse entre 2023 et 2024 avec - 18,9 % pour atteindre un volume commercialisé de 146 tonnes.
Le Morbier, qui est le deuxième fromage AOP le plus produit dans la région avec 10 800 tonnes, enregistre une forte croissance entre 2014 et 2023 (+ 17,5 %) mais un recul en 2024 lié à des problèmes sanitaires. Le Bleu de Gex Haut-Jura, avec une production commercialisée de 430 tonnes, connaît aussi un déclin de 7,7 % sur la période 2023 à 2024. Ses ventes diminuent de 40 tonnes depuis 2014 et révèle une érosion de son marché face aux autres fromages à pâte persillée comme la fourme d’Ambert, le Bleu d’Auvergne et le Bleu du Vercors. Enfin le fromage de chèvre Charolais rencontre aussi une forte baisse (- 16,8 %) mais il reste un marché de niche comme pour le Mâconnais.
Les ventes d’Epoisses et de Chaource restent stables. Le prix moyen du lait lié à ces AOP est en augmentation, + 2,5 % pour le Chaource et + 2,8 % pour l’Epoisses, ce qui sauvegarde les marges des producteurs.

Source : CNAOL - INAO Valeurs commercialisées

Baisse sensible des fabrications de fromages Bio

Sur les 137 000 tonnes de fromages fabriquées en Bourgogne-Franche-Comté en 2024 (hors fondus), un peu moins de 10 000 tonnes (7,3 %) ont respécté le cahier des charges de l’Agriculture Biologique. C’est 8,6 % de moins qu’en 2023. Cela traduit l’atonie du bio auprès du consommateur ces dernières années, freiné en partie par l’inflation et par son prix majoré qui doit prendre en compte des coûts de production supplémentaires avec des rendements moindres. Les fromages AOP du « Massif du Jura » représentent 37 % des fromages Bio de la région. Le Comté Bio représente un peu moins de 5 % des fabrications totales de Comté avec une prodution de 3 190 tonnes en 2024 (- 6,5 % qu’en 2023).

Un chiffre d’affaires en hausse

Dans le cadre de l’enquête annuelle laitière, les entreprises de plus de 10 salariés déclarent le montant de leur chiffre d’affaires annuels en plus de leur niveau de production. En Bourgogne-Franche-Comté, le chiffre d’affaires de ces établissements progresse de 4 %, passant de 2 173 millions d’euros en 2023 à 2 259 millions en 2024. Cette croissance s’explique principalement par les bons résultats enregistrés dans le Doubs et l’Yonne, qui réalisent respectivement des hausses de 30 et 31 millions d’euros. D’autres départements se distinguent, à l’instar du Jura et surtout de la Côte-d’Or dont le chiffre d’affaires progresse de près de 10 % mais sur des montants moins importants.
Dans le Doubs, les ventes de fromages affinés de vache augmentent de 6,1 % entre 2023 et 2024, soit une augmentation de 27 millions d’euros. Cette tendance s’observe également dans le Jura (+ 4,1 %) et en Haute-Saône (+ 4,2 %). Dans ce dernier département, le fromage fondu enregistre également une forte progression. Le chiffre d’affaires de l’Yonne est le plus important de la région. Il est dû aux ventes de yaourts qui sont de plus en augmentation. Dans le département, d’autres produits se distinguent, notamment la crème conditionnée non allégée et le fromage frais de vache avec une croissance à deux chiffres.
Les plus fortes augmentations en valeur par type de produit laitier dans la région, sur la période allant de 2023 à 2024, concernent notamment les fromages affinés de vache (+ 46 millions d’euros), les fromages frais de vache (+ 12 millions) et les yaourts (+ 7 millions). À l’inverse, le chiffre d’affaires du groupe « Laits concentrés, poudre de lait, produits dérivés de l’industrie laitière » est en baisse.

Figure 9 - Évolution du chiffre d’affaires entre 2023 et 2024

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Figure 9 - Évolution du chiffre d’affaires entre 2023 et 2024
DépartementsCA2023CA2024
Côte d'Or 41 45
Doubs 459 430
Jura 505 518
Haute-Saône 336 311
Saône-et-Loire 165 168
Yonne 667 698

Source : Agreste - Enquêtes annuelles laitières

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