Filière viande par département
Agreste ESSENTIEL Bourgogne-Franche-Comté n°20 - juin 2026
L’Insee et la Draaf de Bourgogne-Franche-Comté ont réalisé un travail en partenariat pour apporter un éclairage sur la filière viande régionale. L’étude « La filière viande emploie 16 500 personnes en Bourgogne-Franche-Comté » est consultable en ligne.
Ce document complète l’étude régionale en apportant un éclairage sur les chiffres clés de chaque département.
La filière viande en Bourgogne-Franche-Comté repose sur 7 200 établissements et emploie 16 500 personnes. Elle repose sur cinq segments : l’élevage, l’abattage et transformation, le commerce intra filière, la fabrication des aliments pour animaux et le transport de ces derniers. Ces activités dégagent une valeur ajoutée globale de 516 millions d’euros. La répartition est inégale sur les huit départements de la région avec des spécialisations fortes, notamment la Saône-et-Loire qui se détache avec environ 40 % des emplois de la filière régionale.
Répartition des 16 500 emplois de la filière viande
Source : Insee, Flores 2022, Base non-salariés 2022, FARE 2022
Méthodologie
Le champ d’étude de la filière viande est établi selon deux approches méthodologiques. D’une part, les activités agricoles de la filière viande sont celles des exploitations qui élèvent les animaux pour la production de viande. De plus, un seuil est appliqué pour retenir les exploitations agricoles ayant une production animale commercialisée. Pour être retenue dans le champ de l’étude, une exploitation doit avoir un effectif minimal selon le type d’animaux de 10 bovins, 50 ovins, 10 porcins, 200 poules, poulets ou canards, 40 lapins, 100 dindes ou oies.
D’autre part, une sélection est opérée sur les établissements employeurs de la base tous salariés à partir d’une liste de codes d’activité complétée d’une expertise conjointe de la Draaf et de l’Insee. En revanche, sont exclues de la filière viande les entreprises faisant partie du circuit de distribution et de la vente aux consommateurs ainsi que celles ne relevant pas exclusivement de la filière comme les services vétérinaires ou la fabrique de machines agricoles
La filière viande en Côte-d’Or
Chiffres clés
Source : Insee, Flores 2022, Base non-salariés 2022, FARE 2022
La Côte-d’Or recense 1 980 emplois dans la filière viande, soit 12 % des effectifs de la filière régionale.
C’est le troisième département de la région en termes d’emploi dans la filière. Si près des deux tiers des emplois se trouvent dans le segment de l’élevage, ce qui représente 13 % des postes régionaux de ce secteur, c’est avec d’autres segments que la Côte-d’Or se démarque. Au sein des segments régionaux, elle dépasse ainsi les 20 % de l’emploi pour le transport d’animaux, la fabrication d’aliments pour animaux et le commerce intra filière. Ce dernier se distingue grâce au groupe Pomona et ses plus de 150 collaborateurs présents sur le département. Le territoire dispose également d’ateliers de transformation qui emploient de l’ordre de 250 employés, notamment un établissement du Groupe Bigard présent à Venarey-les-Laumes. Au total les 10 plus grandes sociétés représentent 29 % de l’emploi total des 576 établissements de la filière départementale.
L’emploi de la filière en Côte-d’Or compte pour 0,8 % de l’emploi total du département, une part plus faible que la moyenne régionale (1,3 %) s’expliquant par un emploi très important sur le département notamment autour de la métropole de Dijon.
En Côte-d’Or, la valeur ajoutée de la filière viande s’élève à 63,1 millions d’euros et provient pour plus de 40 % (25 M €) du commerce intra filière, forte particularité du département. Viennent ensuite les activités agricoles d’élevage viande et le segment de l’abattage et de la transformation avec plus de 13 millions d’euros de valeur ajoutée produits chacun. Au niveau régional la valeur ajoutée dégagée par la Côte-d’Or compte pour 12 % mais ce chiffre passe à 25 % pour le seul commerce intra filière.
Part de l’emploi par segment
Source : Insee, Flores 2022, Base non-salariés 2022, FARE 2022
Part dans l’emploi régional
Source : Insee, Flores 2022, Base non-salariés 2022, FARE 2022
La filière viande dans le Doubs
Chiffres clés
Source : Insee, Flores 2022, Base non-salariés 2022, FARE 2022
L’emploi de la filière viande du Doubs pèse pour 8 % du total régional. Les deux segments ayant le plus de poids sont les activités d’élevage avec 13 % et les activités d’abattage et de transformation avec 8 % de l’emploi régional de ces segments. Au sein du département, les activités d’élevage représentent 50 % de l’emploi et celles de l’abattage et de la transformation 33 %. Ces deux segments représentent la quasi-totalité des acteurs de la filière.
Le Doubs présente la particularité d’avoir une coopérative agricole de conseil en élevage et d’insémination, GEN’IATEST, qui compte plus de 100 collaborateurs et est basée à Roulans. Le Doubs compte aussi un abattoir à Valdahon et un à Besançon qui emploient chacun entre 50 et 100 collaborateurs. Au final les dix plus grandes structures du département concentrent plus de 50 % de l’emploi avec 649 salariés.
L’emploi de la filière viande dans le département du Doubs représente 0,5% de l’emploi total.
La valeur ajoutée dégagée par la filière viande du Doubs s’élève à 50 millions d’euros, soit 10 % de la valeur ajoutée régionale. La plus forte part départementale provient du segment abattage et transformation avec 21,9 millions d’euros. Ce secteur comme pour l’emploi est porté par les deux abattoirs du département. Avec 15,6 millions d’euros le commerce intra filière occupe la deuxième place et produit 15 % de la valeur ajoutée régionale du segment, portée par la SICA la Chevillotte qui valorise les filières porcine, bovine et ovine du département. Les activités d’élevage, même si elles ne pèsent que pour 5 % des établissements régionaux, contribuent pour 10 % de la valeur ajoutée régionale de ce segment, portées par GEN’IATEST.
Part de l’emploi par segment
Source : Insee, Flores 2022, Base non-salariés 2022, FARE 2022
Part dans l’emploi régional
Source : Insee, Flores 2022, Base non-salariés 2022, FARE 2022
La filière viande dans le Jura
Chiffres clés
Source : Insee, Flores 2022, Base non-salariés 2022, FARE 2022
Le Jura compte 8 % des emplois régionaux de la filière viande avec 1 310 emplois répartis principalement dans le segment de l’élevage (44 %) et de l’abattage et de la transformation (37 %).
Ces deux segments comptent respectivement pour 6 % et 10 % de l’emploi régional de ces secteurs d’activité. Le Jura valorise bon nombre de salaisons de tradition que ce soit des saucisses de Morteau IGP ou autres charcuteries de la région. Cela explique la présence, dans les trois premières sociétés de la région en termes d’emploi, de deux structures à plus de 100 collaborateurs, la société Bollard Frères située à Saint-Amour et la société Clavière à Dole.
Les 10 premières entreprises du Jura cumulent 750 emplois, soit 57 % de l’ensemble des emplois de la filière. À noter qu’une grande entreprise de transport est située dans le Jura ce qui explique la part importante du département dans ce petit segment de la région (39 %).
La part de l’emploi de la filière viande sur l’ensemble du bassin d’emplois du Jura s’élève à 1,3 %.
La filière viande du Jura dégage 51,6 millions d’euros de valeur ajoutée, soit 10 % du total régional de la filière. Celle-ci provient en majeure partie des activités d’abattage et de transformation en raison de la forte implantation des structures de ce segment. Elles représentent 56 % du total, soit 29 millions d’euros. Le second poste avec 9,3 millions d’euros de valeur ajoutée est celui des activités agricoles et d’élevage viande. Il pèse pour 18 % du total départemental et 8 % du total régional de ce segment.
Part de l’emploi par segment
Source : Insee, Flores 2022, Base non-salariés 2022, FARE 2022
Part dans l’emploi régional
Source : Insee, Flores 2022, Base non-salariés 2022, FARE 2022
La filière viande dans la Nièvre
Chiffres clés
Source : Insee, Flores 2022, Base non-salariés 2022, FARE 2022
Les emplois de la filière viande régionale sont situés pour 12 % dans la Nièvre, département avec une forte tradition d’élevage.
Avec ses 1 810 emplois, le segment des activités agricoles d’élevage de viande représente près de 90 % des emplois de la filière viande du département. Viennent ensuite les activités d’abattage et de transformation avec 5 % de l’emploi et le commerce intra filière avec 6 %.
L’emploi départemental du secteur agricole représente 19 % du total du segment régional. Le bassin allaitant du charolais, partagé avec la Saône-et-Loire, est à l’origine de cette domination de l’élevage. Les plus grandes entreprises départementales de la filière sont toutefois issues du commerce intra filière avec notamment SicaFome à Moulins-Engilbert et la Sicarev qui gère la vente de produits et d’animaux vivants et animent ainsi la filière. L’abattoir de Cosne-sur-Loire permet d’avoir un débouché local en aval.
Au total, les 10 premières entreprises cumulent 179 emplois, soit seulement 8 % du total de la filière départementale. Cette faible concentration s’explique par la très forte présence de l’élevage sur le territoire constitué de petits établissements.
L’emploi total de la filière dans le département compte pour 2,7 % de l’emploi total départemental. Avec la Saône-et-Loire, autre territoire à forte tradition d’élevage, c’est la part la plus importante.
La Nièvre est un des rares départements où le poids de l’élevage en fait le premier pourvoyeur de valeur ajoutée. Si le département crée 26,5 millions d’euros de VA, 19 millions sont dus à la seule activité agricole et d’élevage, cela représente 17 % de la valeur ajoutée régionale de ce segment. Vient ensuite le commerce intra filière avec 5 millions et les activités d’abattage avec 2,5 millions d’euros. Au niveau régional, la filière contribue pour 5 % à la valeur ajoutée totale de la filière.
Part de l’emploi par segment
Source : Insee, Flores 2022, Base non-salariés 2022, FARE 2022
Part dans l’emploi régional
Source : Insee, Flores 2022, Base non-salariés 2022, FARE 2022
La filière viande en Haute-Saône
Chiffres clés
Source : Insee, Flores 2022, Base non-salariés 2022, FARE 2022
L’emploi de la filière viande en Haute-Saône est presque exclusivement réparti dans les segments de l’élevage et de la transformation. Avec 850 emplois, l’activité agricole concentre 63 % des emplois de la filière départementale. Le segment de l’abattage et de la transformation de la viande compte pour 29 % de la filière.
Au sein de la filière viande régionale, la Haute-Saône totalise 8 % des emplois et 9 % pour le seul secteur de l’élevage. Les plus grandes structures sont les industries du secteur de l’abattage et transformation avec comme fer de lance la société André Bazin à Breuches spécialisée dans la charcuterie et les salaisons et qui compte plus de 250 collaborateurs sur le territoire. Viennent ensuite les abattoirs de Pusey et de Luxeuil les Bains, de plus petite taille, avec entre 10 et 50 employés chacun. Les 10 premières entreprises de la filière départementale cumulent 443 emplois soit 33 % du total de ce territoire.
La filière viande représente ainsi 1,7 % de l’emploi total du département. En termes de richesse dégagé, la Haute-Saône compte pour 9 % de la valeur ajoutée de la filière régionale.
Avec plus de 25 millions d’euros sur les 45,4 de la filière, la valeur ajoutée provient principalement de l’abattage et de la transformation, en lien avec la présence de grandes entreprises. Cette inversion des segments entre poids dans l’emploi et poids dans la valeur ajoutée est cohérent avec ce qui est observé au niveau régional. Le commerce intra filière est le second poste de production de valeur ajoutée ; avec 10,7 millions d’euros il arrive juste devant les activités d’élevage et leurs 8,8 millions d’euros.
Part de l’emploi par segment
Source : Insee, Flores 2022, Base non-salariés 2022, FARE 2022
Part dans l’emploi régional
Source : Insee, Flores 2022, Base non-salariés 2022, FARE 2022
La filière viande en Saône-et-Loire
Chiffres clés
Source : Insee, Flores 2022, Base non-salariés 2022, FARE 2022
Au sein de la filière viande de Bourgogne-Franche-Comté, la Saône-et-Loire est le premier département en matière d’emploi avec 6 650 personnes, soit 39 % de la filière régionale. Ces derniers sont pour 54 % issus des activités d’élevage et 34 % du segment de l’abattage et de la transformation. Cela représente respectivement 39 % et 46 % de l’emploi total de ces deux segments. Ce poids est le fait de la tradition d’élevage bovin avec notamment le berceau de la race charolaise ainsi que la présence de très gros établissements d’abattage, comme LDC à Branges et Bigard à Cuiseaux qui comptent chacun plus de 500 collaborateurs. D’autres établissements de très grande taille y sont également présents, comme la société Palmi d’Or, spécialisée dans l’abattage de canards et de lapins. La fabrication d’aliments pour animaux se distingue en représentant plus de la moitié de l’emploi du segment régional. Les dix premiers établissements du département comptabilisent 2 142 emplois.
L’emploi de la filière viande représente 3 % de l’emploi total du département. Ce poids est le plus important de la région. Il est encore plus significatif dans certaines zones comme le Charollais (6,8 %) où il y a une forte présence d’élevage.
La filière départementale dégage 187,9 millions d’euros de valeur ajoutée dont plus de la moitié provient du segment de l’abattage et de la transformation, un poids similaire à celui du segment régional. Les activités de l’élevage, si elles sont majoritaires en termes d’emploi, produisent beaucoup moins de valeur ajoutée avec 37,1 millions d’euros. Le poids de la Saône-et-Loire dans la valeur ajoutée régionale de la filière est important : 36 % du total, ce chiffre monte même à 41 % pour le seul secteur de l’abattage et transformation en raison des établissements industriels importants qui y sont présents.
Part de l’emploi par segment
Source : Insee, Flores 2022, Base non-salariés 2022, FARE 2022
Part dans l’emploi régional
Source : Insee, Flores 2022, Base non-salariés 2022, FARE 2022
La filière viande dans l’Yonne
Chiffres clés
Source : Insee, Flores 2022, Base non-salariés 2022, FARE 2022
L’Yonne représente 11 % des emplois de la filière viande de la région avec 1 890 emplois, salariés ou non.
Le segment abattage transformation est largement surreprésenté dans le département par rapport à la région. L’Yonne est le deuxième département pour ce qui est du nombre d’emplois dans ce secteur et pèse pour 20 % des effectifs régionaux de ce segment avec 1 010 individus. L’industrie de la volaille et de ses préparations y sont pour beaucoup avec notamment la présence du groupe DUC et ses plus de 250 salariés. Des activités liées aux bovins sont également présentes à Migennes avec les établissements TRADIVAL (plus de 250 salariés) et SICAREV (10 à 49).
L’emploi de la filière viande compte pour 1,5 % de l’emploi total de l’Yonne. Le poids de l’emploi agricole dans la région est plus bas qu’ailleurs. L’Yonne n’a pas une très forte implantation de bovins allaitants comme en Saône-et-Loire et dans la Nièvre. Ceci explique que seulement 7 % des salariés des élevages de viande de la région soient dans l’Yonne. Néanmoins elle compte les plus gros ateliers d’élevage porcins.
La valeur ajoutée dégagée atteint 87,7 millions d’euros (17 % de la filière régionale). Cette dernière est pour deux tiers produite par le segment de l’abattage et de la transformation qui représente 22 % du segment de la région avec 58,3 millions d’euros, soit le second total le plus élevé régional loin derrière la Saône-et-Loire. La part importante de la valeur ajoutée du segment dans le département par rapport à sa part dans l’emploi reflète sa spécialisation industrielle qui capte plus de richesse dégagée que l’agriculture.
Part de l’emploi par segment
Source : Insee, Flores 2022, Base non-salariés 2022, FARE 2022
Part dans l’emploi régional
Source : Insee, Flores 2022, Base non-salariés 2022, FARE 2022
La filière viande dans le Territoire de Belfort
Chiffres clés
Source : Insee, Flores 2022, Base non-salariés 2022, FARE 2022
Plus petit département de la région, le Territoire de Belfort possède une filière viande de seulement 76 établissements et 130 emplois, en lien avec une part forte de l’urbanisation et des forêts laissant moins de place à l’agriculture. Le segment le plus représenté est toutefois celui des activités agricoles d’élevage de viande qui cumulent 69 % des emplois devant le commerce intra filière 15 % et le segment de l’abattage et transformation des viandes 8 %.
Les deux entreprises les plus importantes du département emploient entre 10 et 50 salariés. Est Volailles, située à Anjoutey, est spécialisée dans le commerce intra-filière et notamment le commerce de gros autour des volailles. Elle fait partie du groupe Sebil implanté sur les marchés de produits transformés à base de volailles (plats préparés, cuisine du monde…). L’entreprise SABOREC, spécialisée dans la préparation de produits à base de viande, est présente à Fèche-l’Eglise. Les dix premières entreprises du département emploient 40 % des travailleurs du territoire.
La part de l’emploi de la filière au sein de l’emploi total du département est de 0,2, % soit le plus faible total de la région.
La valeur ajoutée produite par le département s’élève à 2,9 millions d’euros, elle est dégagée par le segment du commerce intra filière pour près de la moitié. Cette part importante est due en bonne partie à la présence de la plus grande société de la filière issu de ce segment. L’élevage est le second segment en termes de création de valeur ajoutée avec 1,1 million d’euros. De façon cohérente avec l’emploi, le département crée 0,5 % de la valeur ajoutée de la filière régionale.
Part de l’emploi par segment
Source : Insee, Flores 2022, Base non-salariés 2022, FARE 2022
Part dans l’emploi régional
Source : Insee, Flores 2022, Base non-salariés 2022, FARE 2022
Pour en savoir plus
« La filière viande emploie 16 500 personnes dans la région », Insee Analyses Bourgogne-Franche-Comté, n° 136 • Avril 2026
« L’élevage bovin allaitant : adaptation d’une filière face aux nouvelles contraintes », Draaf Bourgogne-Franche-Comté Essentiel n° 18, janvier 2026.
« Les abattoirs d’animaux de boucherie en Bourgogne-Franche-Comté », Draaf Bourgogne-Franche-Comté Études n° 88, janvier 2025.
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