N°85 - Conjoncture agricole - septembre 2026

- Même la vigne n’a pas résisté au stress thermique et hydrique. Le commerce du vin entre en crise, en particulier pour les vins rouges.

- Les rendements des récoltes d’été sont en baisse mais ceux des récoltes d’automne seront catastrophiques. Les cours des céréales et oléoprotéagineux progressent un peu.

Les premiers épisodes de canicules de mai et de juin n’ont pas fait fléchir les livraisons de lait régionales. Le prix du lait conventionnel ne connait pas d’embellie.

- Après un été compliqué marqué par la sécheresse et la baisse des cours français, les marchés bovins semblent se stabiliser, tant en maigre qu’en gras.

Filière viticole

  • Une vendange décevante

Les vendanges débutent très précocement, dès le 8 août pour les Crémants. Les vins tranquilles attendront à peine une semaine, pour que les premières grappes soient coupées en Saône-et-Loire. Fin août, plus des ¾ des raisins ont été vendangés sur la région. La décision individuelle de déclenchement de la récolte parcelle par parcelle a particulièrement été épineuse. Les raisins n’ont pas grossi à cause de la sécheresse et des phénomènes de concentration apparaissent (degré alcoolique potentiel élevé) avec des acidités qui chutent aussi, mais en parallèle des maturités phénoliques pas toujours atteintes (pépins et peaux).
Ainsi, les estimations précoces de production de vins d’Appellation d’Origine Protégée affichent une très petite récolte, de l’ordre de 1,1 millions d’hectolitre, à peine au-dessus de 2021 (le plus mauvais résultat depuis 15 ans), sans tenir compte des surfaces qui progressent en région. Ce volume correspond à une récolte en retrait de près de 30 % par rapport à la moyenne quinquennale. Les rendements les plus décevants sont enregistrés avec le cépage Pinot Noir, qui est le plus affecté par le double stress thermique et hydrique. Finalement, les plantations nouvelles et les rebrochages sont bien souvent détruits.

Figure 1. Rendements agronomiques en vins AOP

En hl

2026

2025/2024

% 2026/ Moyenne 5 ans

Côte-d’Or 278 500 - 22% - 26%
Jura 65 600 - 25% - 10%
Nièvre 59 000 - 12% - 21%
Saône-et-Loire 395 900 - 30% - 38%
Yonne 317 200 - 29% - 21%

Source : Agreste - DRDDI

  • Des marchés de plus en plus difficiles

En juin, sur 11 mois de campagne viticole, les sorties de chais de la viticulture bourguignonne atteignent 1,96 million d’hectolitres, en recul de 7 % au regard de la moyenne quinquennale. La Côte-d’Or et la Nièvre sont fortement en retard, avec des volumes respectivement en baisse de 20 % et 12 %. A l’inverse, l’Yonne et la Saône-et-Loire affichent un bon dynamisme, avec des sorties de chais en hausse de 8 % et de 4% vis-à-vis de la moyenne. Les sorties du Jura sont conformes.
Sur 12 mois à fin juillet, les ventes globales de vins tranquilles représentent 1,24 million d’hectolitres, soit une légère baisse de 1,3 %. Mais en réalité, deux tendances opposées se développent. Les ventes de vins rouges s’affaissent de 4,9 % alors que celles de vins blancs se maintiennent. Par ailleurs, les stocks de vins se réduisent à 16,6 mois de ventes, pour autant cette trajectoire est aussi à nuancer. Le stock de vins rouges diminue sous l’action de petites récoltes passées et non en fonction de la demande. Et si celui en vins blancs baisse plus fortement, ce n’est pas toujours le cas pour les AOC à gros volumes et souvent l’explication est à chercher du côté de la baisse des prix (Demat’Vin BIVB).
En juillet, sur la campagne, les transactions de vins en vrac de Bourgogne entre la viticulture et le négoce s’établissent à 674 000 hectolitres, en retrait de 7 % au regard de la campagne précédente. Seules les transactions de Crémants sont en hausse, alors que celles de vins rouges chutent de 17 %.

Figure 2. Transactions des vins AOP en vrac hors Beaujolais, vins de la Nièvre et du Jura

En hl

Juillet 2026

Juillet 2026/ Juillet 2025

Campagne 2025-2026

Évolution 2026/2025

Rouge, rosé 1 549 -58% 120 573 -17%
Blanc 4 764 -68% 400 031 -8%
Crémant 88 ns 153 439 3%
Ensemble 6 401 -66% 674 043 -7%

Source : BIVB

Figure 3 - Indice du prix des vins AOP en vrac Base 100 en janvier 2010, hors vins de la Nièvre et du Jura

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Fig 3. Indice du prix des vins AOP en vrac Base 100 en janvier 2010, hors vins de la Nièvre et du Jura
Appelations régionalesAutres vinsBeaujolais
mars 2023 143,07 158,39 160,62
avr 2023 145,19 176,64 156,97
mai 2023 147,71 176,85 157,75
juin 2023 135,52 186,33 166,87
juil 2023 157,13 159,93 171,20
août 2023 145,58 221,94 171,20
sept 2023 105,65 182,64 123,17
oct 2023 120,35 174,07 121,61
nov 2023 112,79 174,07 122,51
déc 2023 110,93 174,07 156,84
janv 2024 110,41 174,07 143,79
fev 2024 109,31 146,90 142,60
mars 2024 98,45 146,90 143,21
avr 2024 101,98 141,45 134,44
mai 2024 99,75 127,44 152,01
juin 2024 92,26 169,19 134,91
juil 2024 98,23 145,18 136,32
août 2024 78,54 145,18 128,05
sept 2024 104,22 145,18 114,75
oct 2024 111,46 155,83 116,69
nov 2024 113,60 155,83 161,04
déc 2024 135,32 155,83 131,50
janv 2025 123,82 180,36 133,14
fev 2025 113,85 180,36 140,74
mars 2025 110,53 157,14 127,79
avril 2025 104,45 169,85 136,21
mai 2025 96,67 169,85 145,74
juin 2025 112,88 164,37 144,55
juil 2025 124,75 194,26 120,60
août 2025 81,33 179,03 136,83
sept 2025 108,29 190,18 115,56
oct 2025 93,42 215,62 114,31
nov 2025 126,21 215,62 134,09
déc 2025 131,46 225,00 133,93
janv 2026 101,56 175,00 139,57
fev 2026 131,43 141,97 145,63
mars 2026 128,61 135,55 137,82
avril 2026 113,72 144,49 139,41
mai 2026 120,23 144,49 133,90
juin 2026 106,12 208,77 142,47
juil 2026 124,28 209,13 134,20

Source : Agreste - BIVB et IB

Filières végétales

Les rendements sont en baisse en raison de conditions climatiques jamais enregistrées : chaleur estivale continue, canicules intenses et sécheresse des sols inédite.

  • Des récoltes d’été précoces et rapides

L’enquête Terre Labourable du Ministère, encore en cours, livre ses premiers résultats. Le rendement de l’orge d’hiver s’établit à 58 q/ha, en baisse de 8 % par rapport à la moyenne. Dans l’ensemble la qualité est présente : un poids spécifique (PS) à 68 kg/hl, des taux de protéines supérieurs à 10,7% et un calibrage à 83%, pouvant être localement insuffisant pour la brasserie.
La récolte du blé tendre démarre vers le 22 juin dans la Nièvre et l’Yonne. Le rendement de 57 q/ha est de 7 % en dessous de la moyenne. Le PS de 79 kg/hl est élevé ainsi que la teneur en protéine de 11,6 %. la qualité boulangère est là. Pour l’orge de printemps le rendement moyen de 36 q/ha est en diminution de 20 % avec des déclassements en fourragers pour des excès de protéines ou de petits calibrages.
Le colza résiste davantage grâce à son fort pouvoir récupérateur. Il termine à 31 q/ha en diminution de 4 %.
Les cultures de pois frappées par la première vague de chaleur fin mai en pleine floraison donnent peu de gousses. Le rendement de 19 q/ha est en baisse de 21 %.
Courant août le déficit hydrique perdure et met à mal les végétaux en place. Les conditions de cultures du maïs sont majoritairement mauvaises. Lorsque les épis sont présents, le nombre de grains est faible. Dans ces conditions plus de 40 % sont redirigés vers l’ensilage, voire la méthanisation. Le cycle est en avance, fin août, le stade humidité du grain à 100 % est atteint et la récolte en grains démarre en Saône et Loire. La prévision de rendement est seulement de 42 q/ha, en baisse de 53 %. Mi-août, les ensilages débutent en région.
De même, le tournesol et le soja sont pénalisés par les canicules à la floraison et lors du remplissage des grains. Les récoltes de tournesol débutent cette fin de mois avec un rendement attendu à 15 q/ha, en recul de 37 %. Les sojas arrivent à maturité et vont être moissonnés. Le rendement attendu est seulement de 10 q/ha et s’effondre de 62 %.
Dans l‘Yonne, les cultures de betteraves ralenties par la sécheresse sont la proie de nombreux ravageurs tels que pucerons, charançons, altises, teignes… Le rendement attendu à 31 t/ha est réduit de 58%.
Le rendement de la pomme de terre de 30 t/ha est en baisse de 20 % et 120 ha (22% de la surface) seraient déclassés en Côte d’Or en raison de galeries de taupins.

Figure 4 - Cotations blé (€/t) (Fob Rouen) et Orge Esterel (Fob Creil)

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Figure 4 - Cotations blé (€/t) (Fob Rouen) et Orge Esterel (Fob Creil)
Prix du mois OrgePrix du mois bléMoyenne quinquennale OrgeMoyenne quinquennale Blé
avril 2023 271 240 224,314 227,338
mai 2023 255 222 233,198 230,43
juin 2023 283 229 226,722 224,24
juillet 2023 290 235 216,51 219,36
août 2023 308 228 215,81 219,864
sept 2023 293 227 221,532 220,328
oct 2023 287 229 234,348 229,192
nov 2023 296 221 240,708 228,454
déc 2023 290 217 238,268 225,916
jan 2024 289 212 240,686 224,908
fév 2024 269 198 230,12 221,946
mars 2024 276,38 186,23 241,736 237,67
avril 2024 307,38 195,64 244,552 242,538
mai 2024 317,73 219,52 249,422 242,19
juin 2024 317,5 231,52 251,272 243,54
juillet 2024 307,8 219,99 230,252 228,716
août 2024 266,08 207,73 229,982 229,302
sept 2024 242 215 243,834 237,632
oct 2024 244,78 223,99 250,092 239,038
nov 2024 239,39 215,68 246,848 234,856
déc 2024 238,82 224,81 243,344 235,776
jan 2025 240,1 226,59 231,44 233,162
fév 2025 232,5 225,375 236,962 241,168
mars 2025 224,21 214,57 241,49 240,922
avril 2025 216,52 208,33 247,276 239,168
mai 2025 229,78 201,13 249,576 232,374
juin 2025 230,18 196,32 243,064 230,348
juillet 2025 220,45 193,72 248,406 231,292
août 2025 210,19 193,1 246,804 234,292
sept 2025 192,84 185,18 259,158 243,632
oct 2025 181,84 184,89 267,402 243,742
nov 2025 192,4 188,2 263,932 238,086
dec 2025 189,3 180,4 261,59 238,04
jan 2026 185,34 183,53 249,76 233,92
fév 2026 186,86 186,7 259,628 242,014
mars 2026 189,93 195,3 267,67 245,85
avril 2026 189,92 188 276,462 248,312
mai 2026 213,59 187,83 278,32 243,922
juin 2026 217,42 188,09 271,998 239,63
juillet 2026 225,8 208,2 269,102 239,672
août 2026 227,43 229,05 264,182 244,074

Source : Dijon Céréales

Figure 5 - Cotations colza (€/t) (Fob Moselle)

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Figure 5 - Cotations colza (€/t) (Fob Moselle)
Prix du mois ColzaMoyenne quinquennale Colza
avril 2023 449,30 526,16
mai 2023 413,2 492,27
juin 2023 438,00 477,954
juillet 2023 459 465,74
août 2023 463 468,858
sept 2023 444 471,734
oct 2023 422 494,756
nov 2023 434 500,84
déc 2023 429 497,292
jan 2024 428 503,076
fév 2024 417 501,328
mars 2024 433 528,332
avril 2024 449 549,02
mai 2024 471 503,664
juin 2024 467 493,954
juillet 2024 478 484,446
août 2024 461 485,292
sept 2024 464 486,42
oct 2024 491 502,98
nov 2024 530 512,344
déc 2024 529 508,92
jan 2025 528 514,16
fév 2025 530 511,048
mars 2025 507 543,222
avril 2025 537 565,754
mai 2025 491 524,604
juin 2025 483 513,446
juiller 2025 467 505,442
août-25 474 501,648
sept 2025 467 501,102
oct-25 468 523,116
nov 2025 486 539,122
déc 2025 476 533,442
jan 2026 476 536,968
févirer 2026 486 537,27
mars 2026 515 571,938
avril 2026 523 599,51
mai 2026 527 548,18
juin 2026 519 534,006
juillet 2026 532 522,222
août 2026 537 519,868

Source : Dijon Céréales

  • Le prix du blé en hausse

Au mois d’août, les prix des céréales et des oléoprotéagineux sont influencés par le contexte géopolitique tendu en Mer Noire et par les conditions climatiques dans l’hémisphère sud.
Le prix du blé (rendu Rouen) s’établit à 229 €/t soit +20 €/t sur le mois de juillet. Après un début de mois marqué par un tassement des cours, le marché du blé s’est nettement raffermi à partir de la mi-août. Le rendu Rouen est ainsi passé d’environ 220 €/t début août à 238 €/t en fin de mois, proche des plus hauts de campagne. Cette progression s’explique principalement par les perturbations des exportations russes et ukrainiennes. Les importateurs se reportent vers d’autres origines, offrant des perspectives au blé français. La dégradation des récoltes de maïs, est aussi susceptible d’accroître l’utilisation du blé en alimentation animale. Malgré ces facteurs haussiers, le bilan mondial reste confortable : l’USDA estime la production mondiale à 819,3 Mt. En France, la récolte est évaluée à 31,9 Mt.
A 227 €/t, l’orge (rendu Creil) gagne 1 €/t sur le mois de juillet. Les tensions en mer Noire ont redynamisé les échanges en seconde partie de mois en orientant là aussi la demande sur les origines européennes dont la France. Les orges fourragères à Rouen ont ainsi atteint un plus haut de campagne fin août. Les chargements français à destination de la Chine se poursuivent. À l’inverse, le marché brassicole reste peu actif, avec une offre européenne jugée rassurante. À l’échelle mondiale, la production d’orge est estimée par l’USDA à 157 Mt, en hausse de 2 % sur un an. La récolte française est estimée à 11 millions de tonnes.
Le colza (FOB Moselle) cote 537 €/t (+5 €/t). Les cours ont connu une forte volatilité. Après être repassée sous 510 €/t début août, l’échéance novembre sur Euronext a dépassé 550 €/t en cours de mois avant de terminer autour de 540 €/t. Les tensions sur les exportations ukrainiennes, la fermeté des huiles végétales et les incertitudes entourant les disponibilités canadiennes soutiennent le marché. En Europe, les besoins d’importation demeurent importants. Or, l’Ukraine reste pénalisée par les difficultés logistiques. En outre, s’ajoutent les réductions d’exportations canadiennes et le risque El Niño du côté de l’Australie créant une tension sur l’approvisionnement.

Figure 6. Estimations des rendements pour la campagne 2025-2026

En ha

Rendement 2026

Évolution Moyenne 5 ans

Blé 57 -7
Orge d’hiver 58 -8
Orge de P. 36 -20
Maïs 41 -54
Triticale 45 -3
Colza 31 -4
Tournesol 15 -37
Soja 10 -62
Moutarde 14 0
Pois 19 -18

Source : Agreste - Conjoncture grandes cultures

Filière lait

  • Un premier semestre 2026 plus lactogène

En juin, l’augmentation de 2 % de la collecte de lait européenne porte à 3,6 % la hausse sur les 6 premiers mois de l’année. Après 4 mois de hausse, les épisodes de canicule observés sur l’ensemble du territoire national en mai et juin ont fait se replier la collecte laitière française respectivement de 1 % et 1,3 %. Ces premiers épisodes de fortes chaleurs n’ont eu que peu d’impact sur les livraisons de lait AOP Massif du Jura qui sont stables par à rapport à l’an dernier. Les stocks d’ensilage de qualité réalisés en 2025 continuent de favoriser la productivité laitière des vaches et font croître les livraisons régionales de lait conventionnel de 4,6 % en juin. In fine, la collecte laitière de Bourgogne-Franche-Comté du mois de juin est supérieure de 1,7 % à celle de l’an dernier. La hausse s’établit à 4,8 % sur les 6 premiers mois de l’année (+40 millions de litres).

Figure 7 - Les livraisons de lait (milliers d’hectolitres)

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Figure 7 - Les livraisons de lait (milliers d’hectolitres)
LivraisonsMoyenne triennale
juil 2025 1 255 1 278
août 2025 1 238 1 189
sept 2025 1 213 1 158
oct 2025 1 294 1 237
nov 2025 1 256 1 200
déc 2025 1 381 1 288
janv 2026 1 425 1 376
févr 2026 1 325 1 284
mars 2026 1 482 1 443
avr 2026 1 534 1 476
mai 2026 1 580 1 544
juin 2026 1 373 1 339

Source : Agreste - Enquêtes mensuelles laitières

  • Le prix du lait conventionnel reste orienté à la baisse

Proche des 530 € les 1 000 litres l’an dernier, le prix du lait au sein de l’Union européenne affiche 420 € en juin. Cette baisse de l’ordre de 20 % d’une année sur l’autre est similaire à celles enregistrées depuis 5 mois . Bien que plus faible, la baisse observée en France reste conséquente (-10 %) . Elle porte le prix du lait toutes qualités confondues à 456 € de moyenne soit 49 € de moins qu’il y a un an (déjà -44 € en mai) . En Bourgogne-Franche-Comté, le prix du lait conventionnel à 454 € a perdu 7 % de sa valeur en mai et 8 % en juin par rapport à l’année précédente. Il faut remonter à août 2022 pour retrouver un niveau de prix si bas. Le prix du lait AOP Massif du Jura s’est redressé par rapport à la fin de campagne laitière. À 733 €, il a gagné 15 € par rapport à mai 2025.

Figure 8 - Prix du lait (€/1 000 litres)

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Figure 8 - Prix du lait (€/1 000 litres)
Lait AOPLait AOP triennaleLait conventionnelLait conventionnel triennale
juil 2025 718,9 670,9 496,7 467,7
août 2025 733,1 683,3 509,2 469
sept 2025 756,7 708,1 519,6 481,2
oct 2025 770,2 719,6 524,7 500,7
nov 2025 753,1 703,1 526,6 498,6
déc 2025 741,1 695,4 514,1 503,7
janv 2026 724,7 684,7 492,4 495,1
févr 2026 709,5 678,8 477,3 490,2
mars 2026 686,3 663,5 462,7 489,5
avr 2026 710,4 670,3 464,5 482,4
mai 2026 733,6 699,7 458,8 477,9
juin 2026 0 697,8 454,2 478,4

Source : Agreste - Enquêtes mensuelles laitières

  • Les fabrications de fromages au ralenti depuis avril

En juin, les fabrications régionales de produits laitiers frais (fromages blanc, yaourts, crèmes), dont l’évolution est corrélée avec la disponibilité du lait conventionnel , sont les seules à être très largement supérieures à 2025 (+12 %). Les fabrications fromagères quant à elles, majoritairement liées aux laits AOP Massif du jura, sont plutôt atones depuis deux mois (+1,6 % pour les pâtes pressées cuites et -1,4 % pour les pâtes pressées non cuites en juin ). La forte baisse des fabrications de Morbier en juin (-9,7 %) est compensée par la hausse de celles de Comté de +1,3 %. Principalement fabriquées en Haute-Saône avec du lait conventionnel, les pâtes molles progressent de +2,9 % ce mois après leur baisse de -2,1 % en mai.

Figure 9. La production de fromage

En tonnes

juin-26

Evolution M/M-12

Cumul sur 12 mois

Moyenne Triennale

Pâtes Pressées Cuites 7 547 1,6% 85 230 82 147
dont Comté 6 384 1,3% 70 149 68 566
Pâtes Pressées Non Cuites 2 576 -1,4% 32 637 31 730
dont Morbier 923 -9,7% 14 136 13 589
Pâtes molles 1 545 2,9% 26 255 25 291
dont Mont d’Or 6 036 5 734
Produits frais * 28 626 12,1% 347 595 334 170
dont yaourts et desserts lactés 15 359 11,5% 179 488 179 132
dont fromages frais 10 934 13,4% 131 364 120 184
dont crèmes fraiches 2 333 10,6% 36 743 34 854

Source : Agreste - Enquêtes mensuelles laitières

Encadré - Météo

Dans la continuité du mois de juin, la météorologie est estivale : chaude et sèche en continu
La moyenne des températures de ces deux mois est proche de 24°C, soit 3,7°C de plus que la normale. En juillet Mâcon détient le record avec 25,7°C suivie par Dijon, 24,9°C. Ces deux stations et celle de Besançon présentent des écarts positifs supérieurs de 4°C par rapport aux normales tri-décennales. En juillet surtout, l’ensoleillement est largement excédentaire avec en moyenne 363 h, soit 103 h d’excédent, plus de 110 h pour Nevers, Dijon, Luxeuil.
La pluviométrie est déficitaire, en juillet surtout, avec une moyenne de 21,5 mm, soit 30 % de la normale. Auxerre (-51,7 mm), Besançon (-78,6 mm), Belfort (-58,2 mm) sont les moins arrosées et reçoivent seulement de 8 à 12 mm pour le mois. Pour le sixième mois consécutif, le déficit perdure mais se réduit en août. Il tombe à 54,2 mm (72% des normales) sous forme de fortes pluies orageuses.

Figure 10 - Températures et précipitations (mm)

Figure 10 - Températures et précipitations (mm) - voir la transcription ci-dessous
Figure 10 - Températures et précipitations (mm)

Figure 10 : Histogramme des précipitations avec courbes de température entre 2024 et 2025.
Comparaison avec les normales 1991-2020.
Tout au long de l’année, les températures enregistrées en Bourgogne-Franche-Comté sont supérieures à la moyenne tri-décennale.

Source : Météo France - Moyenne Bourgogne-Franche-Comté

Filière animale

  • Des marchés bovins qui se stabilisent fin août

En France, les abattages de gros bovins sont toujours en baisse (-7,9 % par rapport à juillet 2025). Cela est surtout marqué pour les vaches allaitantes (-12,6 %), les génisses (-9,1 %) et les gros bovins mâles (-8,4 %). Par ailleurs, le marché estival européen est encombré par une offre trop importante en jeunes bovins, qui semble se résorber fin août.
En région également, les abattages reculent par rapport à l’année passée (-6,0 %, dont -4,9 % pour les vaches). Les différentes vagues de chaleur impactent la quantité de fourrage disponible, ne permettant pas aux engraisseurs d’avoir une bonne finition des animaux mis sur le marché. Ainsi, et suite à la perte de compétitivité du marché français en raison de prix historiquement élevés jusqu’en mars-avril, les cours de bovins gras ont continué de s’affaisser jusqu’au mois d’août. Là, les prix se stabilisent (6,29 €/kg en moyenne sur août pour les jeunes bovins U), voire commencent à remonter (6,99 €/kg en moyenne pour les vaches viandes R, soit +11 cts/kg en un mois).
Les marchés des bovins maigres suivent une dynamique semblable à celle des bovins gras. Après un point bas début août en raison de la sécheresse, d’un manque de fourrage et de la dynamique du marché italien, une bonne demande a fait remonter les prix. Un équilibre offre-demande semble s’installer fin août (4,52 €/kg pour les mâles de 400 kg, 5,00 €/kg pour les femelles de 270 kg).

Figure 11. Les abattages

En têtes

juil-26

Évolution 2025/2024

Année

Évolution 2025/2024

Bovins 21 752 - 6,0 % 153 261 - 3,6 %
dont vaches 8 545 - 4,9 % 59 512 - 1,5 %
dont veaux 1 680 - 11,5 % 14 587 - 13,5 %
Ovins 5 238 - 0,4 % 40 437 - 47,5 %
Porcins 25 693 - 11,7 % 191 003 - 1,9 %
Equidés 201 - 4,7 % 1703 + 11,3 %

Source : BDNI

Figure 12. Les exportations de broutards

juin-26

Évolution 2025/2024

Cumul Année 2025

Évolution 2025/2024

Bourgogne-Franche-Comté 10 244 + 7,7 % 69 395 - 17,1 %
dont Saône-et-Loire 5 941 + 6,7 % 37 168 - 14,1 %
dont Nièvre 2242 + 7,0 % 19329 - 18,5 %

Source : BDNI

  • Les cours porcins repartent à la hausse
  • Les abattages porcins en France reculent de 3,0 % en têtes entre juillet 2025 et juillet 2026. En région, le recul est encore plus important (-11,7 %). Les cours régionaux sont à nouveau en hausse depuis le mois de juin, passant de 1,71 €/kg en moyenne à 2,08 €/kg fin août.

Figure 13 - Cotations du broutard U de 400 kg (€/kg vif))

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Figure 13 - Cotations du broutard U de 400 kg (€/kg vif))
Semaines202420252026
S1 3,32 4,13 5,6
S2 3,32 4,23 5,73
S3 3,4 4,4 5,73
S4 3,43 4,46 5,77
S5 3,43 4,52 5,79
S6 3,46 4,59 5,75
S7 3,44 4,71 5,73
S8 3,47 4,78 5,74
S9 3,54 4,88 5,8
S10 3,55 4,95 5,81
S11 3,57 5 5,9
S12 3,6 5,02 5,9
S13 3,6 5,03 5,88
S14 3,6 5 5,9
S15 3,62 4,99 5,9
S16 3,64 4,99 5,83
S17 3,67 5,03 5,61
S18 3,66 5,05 5,5
S19 3,66 5,05 5,4
S20 3,66 5,17 5,32
S21 3,81 5,22 5,27
S22 3,85 5,4 5,27
S23 3,9 5,4 5,33
S24 3,92 5,75 5,33
S25 3,94 5,9 5,33
S26 3,93 5,83 5,08
S27 3,88 5,63 4,97
S28 3,84 5,58 4,97
S29 3,83 5,58 4,97
S30 3,83 5,58 4,57
S31 3,83 5,58 4,57
S32 3,83 5,64 4,26
S33 3,83 5,64 4,39
S34 3,81 5,95 4,5
S35 3,81 5,95 4,52
S36 3,81 5,92 0
S37 3,84 5,88 0
S38 3,85 5,87 0
S39 3,89 5,79 0
S40 3,94 5,76 0
S41 3,94 5,7 0
S42 3,97 5,7 0
S43 3,98 0 0
S44 4,02 0 0
S45 4,02 0 0
S46 4,07 5,7 0
S47 4,1 5,65 0
S48 4,1 5,65 0
S49 4,11 5,65 0
S50 4,12 5,6 0
S51 4,13 5,6 0
S52 4,13 5,6 0

Source : Agreste - Commission Interdépartementale Dijon

Figure 14 - Cotations du jeune bovin viande U (€/kg de carcasse)

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Figure 14 - Cotations du jeune bovin viande U (€/kg de carcasse)
Semaines202420252026
S1 5,38 5,84 7,46
S2 5,39 5,91 7,54
S3 5,41 5,95 7,57
S4 5,44 6 7,62
S5 5,45 6,09 7,63
S6 5,47 6,12 7,7
S7 5,5 6,18 7,75
S8 5,5 6,25 7,74
S9 5,53 6,31 7,77
S10 5,54 6,34 7,74
S11 5,51 6,34 7,74
S12 5,5 6,34 7,72
S13 5,48 6,35 7,68
S14 5,42 6,33 7,65
S15 5,4 6,33 7,58
S16 5,37 6,36 7,5
S17 5,33 6,36 7,38
S18 5,29 6,4 7,22
S19 5,26 6,4 7,08
S20 5,25 6,43 6,97
S21 5,27 6,44 6,9
S22 5,27 6,46 6,85
S23 5,27 6,5 6,83
S24 5,27 6,52 6,8
S25 5,27 6,52 6,79
S26 5,27 6,55 6,75
S27 5,26 6,55 6,66
S28 5,24 6,54 6,63
S29 5,21 6,54 6,57
S30 5,21 6,54 6,43
S31 5,22 6,55 6,36
S32 5,23 6,59 6,27
S33 5,28 6,66 6,27
S34 5,32 6,72 6,27
S35 5,38 6,81 6,29
S36 5,35 6,89 0
S37 5,37 6,99 0
S38 5,39 7,07 0
S39 5,4 7,1 0
S40 5,42 7,19 0
S41 5,45 7,24 0
S42 5,5 7,3 0
S43 5,52 7,34 0
S44 5,57 7,36 0
S45 5,61 7,34 0
S46 5,64 7,38 0
S47 5,72 7,4 0
S48 5,76 7,43 0
S49 5,79 7,47 0
S50 5,82 7,46 0
S51 5,82 7,46 0
S52 5,83 7,49 0

Source : Agreste - Commission Bassin Centre-Est

Figure 15 - Cotations de la vache viande R (€/kg de carcasse)

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Figure 15 - Cotations de la vache viande R (€/kg de carcasse)
Semaines202420252026
S1 5,33 5,59 7,47
S2 5,37 5,6 7,54
S3 5,37 5,59 7,56
S4 5,39 5,63 7,59
S5 5,38 5,59 7,61
S6 5,38 5,66 7,61
S7 5,38 5,68 7,64
S8 5,38 5,73 7,63
S9 5,36 5,77 7,66
S10 5,39 5,82 7,65
S11 5,39 5,84 7,61
S12 5,38 5,93 7,64
S13 5,39 5,96 7,61
S14 5,39 6,02 7,6
S15 5,4 6,06 7,57
S16 5,39 6,1 7,52
S17 5,41 6,14 7,44
S18 5,43 6,17 7,29
S19 5,44 6,24 7,21
S20 5,44 6,29 7,14
S21 5,44 6,35 7,13
S22 5,45 6,4 7,13
S23 5,47 6,45 7,18
S24 5,47 6,53 7,18
S25 5,48 6,57 7,16
S26 5,49 6,62 7,17
S27 5,5 6,63 7,17
S28 5,5 6,63 7,14
S29 5,5 6,61 7,07
S30 5,53 6,61 6,95
S31 5,54 6,66 6,92
S32 5,56 6,72 6,94
S33 5,57 6,81 6,98
S34 5,58 6,88 7,02
S35 5,59 6,99 7,03
S36 5,57 7,09 0
S37 5,59 7,15 0
S38 5,59 7,2 0
S39 5,58 7,23 0
S40 5,58 7,31 0
S41 5,58 7,36 0
S42 5,55 7,43 0
S43 5,53 7,48 0
S44 5,53 7,48 0
S45 5,55 7,46 0
S46 5,56 7,48 0
S47 5,56 7,49 0
S48 5,57 7,46 0
S49 5,57 7,45 0
S50 5,57 7,46 0
S51 5,57 7,45 0
S52 5,57 7,48 0

Source : Agreste - Commission Bassin Centre-Est

Figure 16 - Cotations des porcins et des ovins (€/kg de carcasse)

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Figure 16 - Cotations des porcins et des ovins (€/kg de carcasse)
SemainesAgneau U 16-19 kgMoy triennale AgneauxPorc charcutier EMoy triennale Porcs
S1 10,4 9,7 1,7 2,1
S2 10,5 9,7 1,7 2,1
S3 10,6 9,7 1,7 2,1
S4 10,7 9,7 1,7 2,1
S5 10,8 9,8 1,7 2,1
S6 10,7 9,7 1,7 2,1
S7 10,9 9,8 1,7 2,2
S8 10,8 9,8 1,7 2,2
S9 11 9,9 1,7 2,2
S10 11,1 9,9 1,7 2,2
S11 11,3 10,1 1,7 2,3
S12 11,7 10,3 1,7 2,3
S13 12,1 10,4 1,7 2,3
S14 12,1 10,5 1,7 2,3
S15 11,8 10,6 1,7 2,3
S16 11,6 10,5 1,7 2,3
S17 11,4 10,4 1,7 2,3
S18 11,3 10,2 1,7 2,3
S19 11,2 10,1 1,7 2,3
S20 11,1 10 1,7 2,3
S21 11,1 9,8 1,7 2,3
S22 11 9,7 1,7 2,2
S23 11 9,7 1,7 2,3
S24 11 9,6 1,7 2,3
S25 10,7 9,5 1,7 2,3
S26 10,3 9,4 1,8 2,3
S27 9,9 9,3 1,8 2,4
S28 9,7 9,2 1,8 2,4
S29 9,6 9,2 1,8 2,4
S30 9,5 9,1 1,8 2,4
S31 9,3 9,1 1,8 2,4
S32 9,2 8,9 1,9 2,4
S33 9 9 1,9 2,3
S34 9 8,9 2 2,3
S35 9,1 8,9 2,1 2,2
S36 0 0 0 0
S37 0 0 0 0
S38 0 0 0 0
S39 0 0 0 0
S40 0 0 0 0
S41 0 0 0 0
S42 0 0 0 0
S43 0 0 0 0
S44 0 0 0 0
S45 0 0 0 0
S46 0 0 0 0
S47 0 0 0 0
S48 0 0 0 0
S49 0 0 0 0
S50 0 0 0 0
S51 0 0 0 0
S52 0 0 0 0

Source : FranceAgriMer - Cotation zone Nord (Agneau de boucherie) et Cotation Sud-Est (Porc charcutier)

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