N°85 - Conjoncture agricole - septembre 2026
- Même la vigne n’a pas résisté au stress thermique et hydrique. Le commerce du vin entre en crise, en particulier pour les vins rouges.
- Les rendements des récoltes d’été sont en baisse mais ceux des récoltes d’automne seront catastrophiques. Les cours des céréales et oléoprotéagineux progressent un peu.
Les premiers épisodes de canicules de mai et de juin n’ont pas fait fléchir les livraisons de lait régionales. Le prix du lait conventionnel ne connait pas d’embellie.
- Après un été compliqué marqué par la sécheresse et la baisse des cours français, les marchés bovins semblent se stabiliser, tant en maigre qu’en gras.
Filière viticole
- Une vendange décevante
Les vendanges débutent très précocement, dès le 8 août pour les Crémants. Les vins tranquilles attendront à peine une semaine, pour que les premières grappes soient coupées en Saône-et-Loire. Fin août, plus des ¾ des raisins ont été vendangés sur la région. La décision individuelle de déclenchement de la récolte parcelle par parcelle a particulièrement été épineuse. Les raisins n’ont pas grossi à cause de la sécheresse et des phénomènes de concentration apparaissent (degré alcoolique potentiel élevé) avec des acidités qui chutent aussi, mais en parallèle des maturités phénoliques pas toujours atteintes (pépins et peaux).
Ainsi, les estimations précoces de production de vins d’Appellation d’Origine Protégée affichent une très petite récolte, de l’ordre de 1,1 millions d’hectolitre, à peine au-dessus de 2021 (le plus mauvais résultat depuis 15 ans), sans tenir compte des surfaces qui progressent en région. Ce volume correspond à une récolte en retrait de près de 30 % par rapport à la moyenne quinquennale. Les rendements les plus décevants sont enregistrés avec le cépage Pinot Noir, qui est le plus affecté par le double stress thermique et hydrique. Finalement, les plantations nouvelles et les rebrochages sont bien souvent détruits.
En hl | 2026 | 2025/2024 | % 2026/ Moyenne 5 ans |
|---|---|---|---|
| Côte-d’Or | 278 500 | - 22% | - 26% |
| Jura | 65 600 | - 25% | - 10% |
| Nièvre | 59 000 | - 12% | - 21% |
| Saône-et-Loire | 395 900 | - 30% | - 38% |
| Yonne | 317 200 | - 29% | - 21% |
Source : Agreste - DRDDI
- Des marchés de plus en plus difficiles
En juin, sur 11 mois de campagne viticole, les sorties de chais de la viticulture bourguignonne atteignent 1,96 million d’hectolitres, en recul de 7 % au regard de la moyenne quinquennale. La Côte-d’Or et la Nièvre sont fortement en retard, avec des volumes respectivement en baisse de 20 % et 12 %. A l’inverse, l’Yonne et la Saône-et-Loire affichent un bon dynamisme, avec des sorties de chais en hausse de 8 % et de 4% vis-à-vis de la moyenne. Les sorties du Jura sont conformes.
Sur 12 mois à fin juillet, les ventes globales de vins tranquilles représentent 1,24 million d’hectolitres, soit une légère baisse de 1,3 %. Mais en réalité, deux tendances opposées se développent. Les ventes de vins rouges s’affaissent de 4,9 % alors que celles de vins blancs se maintiennent. Par ailleurs, les stocks de vins se réduisent à 16,6 mois de ventes, pour autant cette trajectoire est aussi à nuancer. Le stock de vins rouges diminue sous l’action de petites récoltes passées et non en fonction de la demande. Et si celui en vins blancs baisse plus fortement, ce n’est pas toujours le cas pour les AOC à gros volumes et souvent l’explication est à chercher du côté de la baisse des prix (Demat’Vin BIVB).
En juillet, sur la campagne, les transactions de vins en vrac de Bourgogne entre la viticulture et le négoce s’établissent à 674 000 hectolitres, en retrait de 7 % au regard de la campagne précédente. Seules les transactions de Crémants sont en hausse, alors que celles de vins rouges chutent de 17 %.
En hl | Juillet 2026 | Juillet 2026/ Juillet 2025 | Campagne 2025-2026 | Évolution 2026/2025 |
|---|---|---|---|---|
| Rouge, rosé | 1 549 | -58% | 120 573 | -17% |
| Blanc | 4 764 | -68% | 400 031 | -8% |
| Crémant | 88 | ns | 153 439 | 3% |
| Ensemble | 6 401 | -66% | 674 043 | -7% |
Source : BIVB