N°86 - Conjoncture agricole - octobre 2026
- La récolte de vins est en net repli et les tensions sur les marchés s’intensifient. Les vins rouges sont particulièrement délaissés.
- Les récoltes d’automne se soldent par des résultats désastreux et les semis de la nouvelle campagne ne sont pas prometteurs. Les cours du blé et du colza sont mieux orientés.
- La canicule de juillet réduit les livraisons de lait AOP, entraînant à la baisse la collecte régionale et les fabrications de Comté et de Morbier.
- Le manque de fourrage conduit à une augmentation importante des sorties en bovins maigres comme gras, que la faible demande française ne parvient pas à absorber.
Filière viticole
Les volumes récoltés du millésime 2026 sont en deçà de la moyenne quinquennale et des résultats de 2025. Les épisodes caniculaires accompagnés par la sécheresse auront amputé le potentiel qui était présent en juin. Certaines vendanges se sont déroulées exclusivement au mois d’août, ce qui est très rare dans la région. Le taux de chargement aura quelque peu atténué la perte sèche sans pour autant combler le déficit de production.
- Les exportations résistent, en partie
En juillet, au bilan de campagne, les sorties de chais de la viticulture bourguignonne atteignent 2,19 millions d’hectolitres, en recul de 7 % au regard de la moyenne quinquennale. Cependant, ce résultat est plus décevant pour la Côte-d’Or et la Nièvre, avec des sorties en recul respectivement de 19 % et 14 %. A l’opposé, le Jura, l’Yonne et la Saône-et-Loire présentent de belles progressions de 11 % à 4 % vis-à-vis de la moyenne.
Sur 12 mois à fin août, les ventes globales de vins tranquilles représentent 1,24 million d’hectolitres, soit une légère baisse de 1,2 %. En réalité, deux trajectoires se dessinent. Les ventes de vins rouges s’affaissent de 4,8 % alors que celles de vins blancs se maintiennent grâce à des baisses de prix notamment sur les appellations à gros volumes. Par ailleurs, les stocks de vins se réduisent à 16 mois de ventes. Pour les vins rouges, le stock diminue sous l’action de petites récoltes passées et non en fonction de la demande (Demat’Vin BIVB).
En août, le premier mois de la nouvelle campagne, les transactions de vins en vrac de Bourgogne entre la viticulture et le négoce s’établissent à 389 400 hl, en retrait de 9 % au regard de la campagne précédente. La faible récolte pèse sur le disponible.
En hl | 2026 | 2025/2024 | % 2026 / Moyenne 5 ans |
|---|---|---|---|
| Côte-d’Or | 278 500 | - 22% | - 26% |
| Jura | 65 600 | - 25% | - 10% |
| Nièvre | 59 000 | - 12% | - 21% |
| Saône-et-Loire | 395 900 | - 30% | - 38% |
| Yonne | 317 200 | - 29% | - 21% |
Source : Agreste - DRDDI
Les prix vrac (des raisins, moûts et jus) sont plutôt orientés à la hausse. La crainte de ne pas pouvoir honorer des contrats participe certainement à ce constat.
Aujourd’hui, ce sont les exportations qui portent les ventes globales de vins de Bourgogne, notamment pour les vins blancs mais elles ne compensent pas l’effondrement des ventes de vins rouges, qui touche toutes les appellations.
Sur 7 mois en année civile, elles atteignent 1,8 million de cols, en progression de 3,2 % en volume et de 1,4 % en valeur en comparaison de la même période de 2025. Ce sont les marchés vers les pays européens, le Royaume-Uni et le Danemark en tête, qui sauvent la tendance (respectivement +13,3 % et +25,6 % en volume) et compensent le recul important des exportations vers le Japon (3ème importateur), le Canada (5ème) et les Etats-Unis (1er). Ce sont toujours les vins rouges qui sont en désaffection (-6,5 % en volume) alors que les exportations de vins blancs et crémants progressent encore malgré les difficultés.
En hl | Août 2026 | Août 2026/ Août 2025 | Campagne 2025-2026 | Évolution 2026/2025 |
|---|---|---|---|---|
| Rouge, rosé | 41 755 | -12% | 41 755 | -12% |
| Blanc | 177 197 | -11% | 177 197 | -11% |
| Crémant | 170 495 | -6% | 170 495 | -6% |
| Ensemble | 389 447 | -9% | 389 447 | -9% |
Source : BIVB