N°78 - Conjoncture agricole - février 2026

La conjoncture agricole du mois de février 2026

- La viticulture retrouve de beaux volumes de récolte cette année, avec des maladies cryptogamiques plus discrètes. Par contre, les marchés se tendent en fin d’année.

- L’année 2025 est très favorable aux récoltes estivales de céréales et d’oléoprotéagineux et moins propice pour celles d’automne. Mais ce sont surtout les cours qui inquiètent.

- L’année laitière 2025 est dynamique avec des hausses pour les livraisons et pour les prix du lait ainsi que pour les fabrications fromagères.

- L’élevage bovin est marqué par l’arrivée de la Dermatose Nodulaire Contagieuse. De plus, l’offre limitée sur l’année entraîne une hausse historique des cours des animaux.

Filière viticole

  • Un développement contrasté de la vigne

Sur la campagne 2025 , le développement de la vigne est plus rapide que la moyenne décennale. Cependant, au mois de juin, la croissance ralentit en raison des températures nocturnes très fraîches. L’état sanitaire reste correct, même si quelques traces de mildiou sont observées en Saône-et-Loire. Grâce aux bonnes réserves hydriques et aux températures chaudes de juillet, la vigne connaît une croissance accélérée. En revanche, les épisodes de chaleur du mois d’août perturbent son développement. Les pluies de fin de cycle permettent aux baies de gonfler mais elles augmentent la pression sanitaire et hâtent les récoltes sur certains vignobles. Ainsi, la récolte s’avère complexe avec des maturités et des degrés potentiels très hétérogènes, y compris au sein même d’une parcelle. Au final, la production de vin serait légèrement supérieure à la moyenne, avec enfin une bonne récolte pour le Jura.

  • Des marchés en contraction, mais des opportunités

A l’issue du 4e mois de la campagne viticole, les sorties de chais cumulées de la viticulture atteignent 628 000 hl, soit 4 % de moins que la moyenne des cinq dernières années. Ce repli est particulièrement marqué en Côte-d’Or (- 16 %), tandis que les sorties progressent en Saône-et-Loire (+ 6 %) et dans l’Yonne (+ 19 %). Fin octobre, sur un an, les stocks de vins poursuivent leurs décroissances pour représenter 14,7 mois de vente, non pas à la faveur d’une hausse des ventes, mais en raison de la faible récolte 2024. Sur le marché français, seules les appellations Chablis et les régionales Mâcon blancs conservent de la croissance.

Figure 1 - Rendements agronomiques en vins AOP

En hl

2025

2025/2024

% 2025/

Moyenne 5 ans
Côte-d’Or 396 000 52% 3%
Jura 102 800 208% 41%
Nièvre 73 200 14% - 4%
Saône-et-Loire 659 000 12% - 2%
Yonne 498 000 97% 28%

Source : Agreste - DRDDI

Au cumul du mois de décembre, les transactions entre la viticulture et le négoce pour les vins de Bourgogne confirment le faible dynamisme : elles sont seulement équivalentes à celles de 2024, alors que ce millésime correspondait à une petite récolte (- 25 %). Pour les vins du Beaujolais, la demande est plus soutenue : au bout de cinq mois, les ventes progressent de 19 %, mais à un prix moyen bas (moins de 300 €/hl).
Les exportations de vins de Bourgogne se tendent. Au bilan du 11e mois de l’année, elles restent en hausse en volume (+ 4 %) mais se stabilisent en valeur. Première destination, les Etats-Unis reculent de 5 % en volume et 10 % en valeur. Heureusement, le Royaume-Uni (2e destination) et surtout le Canada (4e destination), avec respectivement + 8 % et + 16 % en volume, compensent largement ce repli. Parmi les appellations, ce sont les vins rouges qui souffrent, notamment les appellations régionales Bourgogne et Mâcon, ainsi que les villages des Côtes de Nuits et de Beaune. En revanche, les vins blancs et les crémants (+ 16 %) soutiennent la croissance, à l’exception des appellations villages du Mâconnais et de l’Auxerrois.

Figure 2 - Transactions des vins AOP en vrac Hors Beaujolais, vins de la Nièvre et du Jura

En hl

Décembre 2025

Dec 2025/ Dec 2024

Campagne 2025-2026

Évolution 2026/2025

Rouge, rosé 16 865 -36% 93 580 -5%
Blanc 27 574 -26% 283 124 0%
Crémant 7 050 24% 156 058 5%
Ensemble 51 489 -26% 532 762 1%

Source : BIVB

Figure 3 - Indice du prix des vins AOP en vrac Base 100 en janvier 2010, hors vins de la Nièvre et du Jura

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Figure 3 - Indice du prix des vins AOP en vrac Base 100 en janvier 2010, hors vins de la Nièvre et du Jura
Appelations régionalesAutres vinsBeaujolais
mars 2023 143.07 158.39 160.62
avr 2023 145.19 176.64 156.97
mai 2023 147.71 176.85 157.75
juin 2023 135.52 186.33 166.87
juil 2023 157.13 159.93 171.20
août 2023 145.58 221.94 171.20
sept 2023 105.65 182.64 123.17
oct 2023 120.35 174.07 121.61
nov 2023 112.79 174.07 122.51
déc 2023 110.93 174.07 156.84
janv 2024 110.41 174.07 143.79
fev 2024 109.31 146.90 142.60
mars 2024 98.45 146.90 143.21
avr 2024 101.98 141.45 134.44
mai 2024 99.75 127.44 152.01
juin 2024 92.26 169.19 134.91
juil 2024 98.23 145.18 136.32
août 2024 78.54 145.18 128.05
sept 2024 104.22 145.18 114.75
oct 2024 111.46 155.83 116.69
nov 2024 113.60 155.83 161.04
déc 2024 135.32 155.83 131.50
janv 2025 123.82 180.36 133.14
fev 2025 113.85 180.36 140.74
mars 2025 110.53 157.14 127.79
avril 2025 104.45 169.85 136.21
mai 2025 96.67 169.85 145.74
juin 2025 112.88 164.37 144.55
juil 2025 124.75 194.26 120.60
août 2025 81.33 179.03 136.83
sept 2025 108.29 190.18 115.56
oct 2025 93.42 215.62 114.31
nov 2025 126.21 215.62 134.09
déc 2025 131.46 225.00 133.93

Source : Agreste - BIVB et IB

Filières végétales

La météorologie généralement limitante pour les parasites est bénéfique aux cultures de colza et de céréales à paille, avec des rendements élevés à la clef. Par contre, le maïs et le tournesol sont impactés par les canicules.

  • De bons rendements

La production des céréales à paille s’élève à 38 millions de quintaux. Elle est en hausse de 9% par rapport à la moyenne quinquennale 2021-2025. La céréale dominante, le blé couvre 345 800 ha et connait une baisse des surfaces de 3 % dans la continuité de la tendance de ces 5 dernières années. Le rendement de 66 q/ha est de 9% au-dessus de la moyenne. Toutefois, l’ergot du seigle est signalé dans de nombreux lots, occasionnant des tris et des déclassements.
L’orge d’hiver produit 9,9 M de quintaux, soit 14% de plus que la moyenne en corrélation avec une augmentation des rendements de 16%, mais avec un taux protéique limité.
L’orge de printemps, avec 54 600 ha et 2,8 M de quintaux produits, suit cette tendance de récolte en hausse de 6%. La diminution conséquente de 15 % des surfaces en Bourgogne est compensée par une progression des rendements de 27%.
La production en maïs grain atteint 6,5 M de quintaux soit une hausse de 21 %. En Bourgogne, la hausse des surfaces de 24 % compense une baisse de rendement de 11 % (à 79 q/ha). En Franche-Comté, des conditions plus favorables font progresser le rendement de 5 % (91 q/ha).
Le colza est implanté sur 136 000 ha, soit une augmentation de 28% avec un rendement de 35 q/ha, soit 13% de plus que la moyenne quinquennale.
Le tournesol connait des surfaces en baisse de 16 % comparées à 2024 et à la moyenne quinquennale. Les 53 700 ha cultivés permettent de récolter 1,3 M de quintaux, en baisse 13 % par rapport à la moyenne comme l’an dernier. Le rendement ne compense pas la baisse des emblavements.
Le soja prospère en Franche-Comté ; avec une progression de 14 % des surfaces, il représente 41 % de la surface totale (36 700 ha) en soja de notre région. Avec un rendement en hausse, la production progresse de 16 %.
La sole en pois protéagineux rétrécie pour arriver à 6 600 ha ; une surface en pois de printemps diminuée de 61 % par rapport à la moyenne quinquennale. Il est cultivé à 60 % dans l’Yonne et à 35 % en Côte d’Or. Le rendement de 30 q/ha est supérieur de 37 % à la moyenne. Ainsi, la production de pois protéagineux de 200 500 quintaux est en recul de 48 %.

Figure 4 - Cotations blé (€/t) (Fob Rouen) et Orge Esterel (Fob Creil)

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Figure 4 - Cotations blé (€/t) (Fob Rouen) et Orge Esterel (Fob Creil)
Prix du mois OrgePrix du mois bléMoyenne quinquennale OrgeMoyenne quinquennale Blé
avril 2023 271 240 224.314 227.338
mai 2023 255 222 233.198 230.43
juin 2023 283 229 226.722 224.24
juillet 2023 290 235 216.51 219.36
août 2023 308 228 215.81 219.864
sept 2023 293 227 221.532 220.328
oct 2023 287 229 234.348 229.192
nov 2023 296 221 240.708 228.454
déc 2023 290 217 238.268 225.916
jan 2024 289 212 240.686 224.908
fév 2024 269 198 230.12 221.946
mars 2024 276.38 186.23 241.736 237.67
avril 2024 307.38 195.64 244.552 242.538
mai 2024 317.73 219.52 249.422 242.19
juin 2024 317.5 231.52 251.272 243.54
juillet 2024 307.8 219.99 230.252 228.716
août 2024 266.08 207.73 229.982 229.302
sept 2024 242 215 243.834 237.632
oct 2024 244.78 223.99 250.092 239.038
nov 2024 239.39 215.68 246.848 234.856
déc 2024 238.82 224.81 243.344 235.776
jan 2025 240.1 226.59 231.44 233.162
fév 2025 232.5 225.375 236.962 241.168
mars 2025 224.21 214.57 241.49 240.922
avril 2025 216.52 208.33 247.276 239.168
mai 2025 229.78 201.13 249.576 232.374
juin 2025 230.18 196.32 243.064 230.348
juillet 2025 220.45 193.72 248.406 231.292
août 2025 210.19 193.1 246.804 234.292
sept 2025 192.84 185.18 259.158 243.632
oct 2025 181.84 184.89 267.402 243.742
nov 2025 192.4 188.2 263.932 238.086
dec 2025 189.3 180.4 261.59 238.04

Source : Dijon Céréales

Figure 5 - Cotations colza (€/t) (Fob Moselle)

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Figure 5- Cotations colza (€/t) (Fob Moselle)
Prix du mois ColzaMoyenne quinquennale Colza
avril 2023 449.30 526.16
mai 2023 413.2 492.27
juin 2023 438.00 477.954
juillet 2023 459 465.74
août 2023 463 468.858
sept 2023 444 471.734
oct 2023 422 494.756
nov 2023 434 500.84
déc 2023 429 497.292
jan 2024 428 503.076
fév 2024 417 501.328
mars 2024 433 528.332
avril 2024 449 549.02
mai 2024 471 503.664
juin 2024 467 493.954
juillet 2024 478 484.446
août 2024 461 485.292
sept 2024 464 486.42
oct 2024 491 502.98
nov 2024 530 512.344
déc 2024 529 508.92
jan 2025 528 514.16
fév 2025 530 511.048
mars 2025 507 543.222
avril 2025 537 565.754
mai 2025 491 524.604
juin 2025 483 513.446
juiller 2025 467 505.442
août-25 474 501.648
sept 2025 467 501.102
oct-25 468 523.116
nov 2025 486 539.122
déc 2025 476 533.442

Source : Dijon Céréales

  • Nouvelle baisse du prix du blé en 2025
    En 2025, les cours des céréales et des oléoprotéagineux sont influencés à la baisse par le contexte géopolitique tendu et l’abondance de la production mondiale.
    Le prix du blé (rendu Rouen) s’établit en moyenne à 187 €/t soit 26 €/t sous le cours de 2024. Au premier trimestre, les prix se maintiennent. La mise en place de droits de douane par les Etats-Unis sur les exportations de la Chine, du Canada et du Mexique perturbe les marchés. En outre, l’euro est en baisse face au dollar. La compétitivité des blés français se renforce. Cependant, dès le début de mars, le prix du blé est en baisse. En effet, le débouché des blés français vers l’Algérie fait défaut. Ce pays a représenté jusqu’à 50 % des chargements vers les pays tiers entre 2017 et 2019. Ainsi, FranceAgrimer prévoit 3,1 millions de tonnes d’exportation sur la campagne, très loin des 10 millions de tonnes habituelles. En outre, au 30 juin 2025, les stocks sont réévalués à la hausse chez les pays exportateurs pour s’établir à 65,8 millions de tonnes, au plus haut depuis 6 ans. Enfin, la production mondiale est attendue en hausse à 809 millions de tonnes. Ainsi, ces très fortes disponibilités, accentuées par une forte récolte en Argentine, pèsent sur les cours tout au long du deuxième semestre. En fin d’année, le prix s’établit à 180 €/t.
    Le colza (FOB Moselle) cote 493 €/t (+25€/t sur 2024). Compte tenu des relations très tendues entre les Etats-Unis et la Chine, le marché est très volatil tout au long de l’année. Au premier trimestre, le prix est en hausse marquée pour atteindre 537 €/t fin avril. En effet, les disponibilités restent limitées sur les marchés européen et canadien et les besoins d’importation toujours élevés. A partir de début mai, les prix amorcent une forte baisse qui se poursuit jusque fin octobre. En effet, la tension fondamentale sur la graine est contrebalancée par la détente du prix des huiles, du pétrole et des tourteaux. En outre, la production mondiale de colza atteint 91 millions de tonnes en hausse de 5% sur 2024. A partir de début novembre, le cours du colza se redresse. En effet, l’Ukraine connait des difficultés logistiques importantes. En outre, la production de tournesol est en baisse dans ce pays et en Europe, dopant le cours des huiles de tournesol et de colza qui se présentent en substitut de choix. Enfin, le marché est soutenu par des achats massifs de soja américain par la Chine. Fin décembre, le cours atteint 476 €/t.
Figure 6 - Estimations des rendements de la récolte 2025

En ha

Rendement 2025

Évolution Moyenne 5 ans

Blé 66 9
Orge d’hiver 67 17
Orge de P. 52 27
Maïs 84 -3
Triticale 48 7
Colza 35 13
Tournesol 25 7
Soja 26 8
Moutarde 17 47
Pois 30 41

Source : Agreste - Conjoncture grandes cultures

Filière lait

  • Hausse des livraisons de lait AOP Massif du Jura mais baisse de celles de lait conventionn

Dynamique depuis le mois d’août, la collecte laitière au sein de l’Union européenne devrait terminer l’année 2025 avec une hausse de 1,5 % par rapport à 2024 , plus forte que l’an dernier. La collecte laitière française progresserait de 2 % et ainsi retrouverait une production équivalente à celles de 2022 et de 2021. Sous réserve des dernières données, les livraisons de lait en Bourgogne-Franche-Comté devraient croître de 1 % et dépasser 1,6 milliards de litres. La reprise du second semestre a largement compensé la première partie d’année déficitaire mais, trop tardive, elle ne permet pas d’atteindre le dynamisme national. La croissance est surtout due à la hausse de 2 % du lait AOP « Massif du Jura » alors que les livraisons de lait conventionnel baisse de 1 % sur l’année civile.

Figure 7 - Les livraisons de lait (milliers d’hectolitres)

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Figure 7 - Les livraisons de lait (milliers d’hectolitres)
LivraisonsMoyenne triennale
déc 2024 1 224 1 313
janv 2025 1 305 1 399
févr 2025 1 235 1 300
mars 2025 1 395 1 465
avr 2025 1 475 1 475
mai 2025 1 560 1 550
juin 2025 1 350 1 337
juil 2025 1 255 1 278
août 2025 1 237 1 189
sept 2025 1 212 1 158
oct 2025 1 294 1 237
nov 2025 1 257 1 200

Source : Agreste - Enquêtes mensuelles laitières

  • Le prix moyen du lait 2025 est orienté à la hausse

Après 18 mois de hausse ininterrompue, le prix du lait européen commence à refluer en novembre et décembre. Il termine l’année 2025 à la moyenne de 525 € les 1 000 litres soit 40 € de plus que 2024. En France, le prix moyen du lait affiche 10 € de moins que le prix européen mais il n’a pas entamé de baisse. Il devrait atteindre 515 € et gagner 26 € par rapport à 2024. Pour la première fois, le prix du lait conventionnel en Bourgogne-Franche-Comté dépassera la moyenne des 500 € la tonne (505 € de moyenne soit 16 € de plus qu’en 2024). Depuis le mois de mai, la moyenne du prix du lait AOP massif du Jura franchit les 700 € les 1 000 litres et il pourrait avoisiner la moyenne de 720 € sur l’année .

Figure 8 - Prix du lait (€/1 000 litres)

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Figure 8 - Prix du lait (€/1 000 litres)
Lait AOPLait AOP triennaleLait conventionnelLait conventionnel triennale
déc 2024 710.9 671.2 513.8 469.7
janv 2025 704.1 659.4 502 464.2
févr 2025 694.5 654.7 498.4 460.5
mars 2025 681.7 641.6 495.5 461.7
avr 2025 685.2 649.6 494.8 457.4
mai 2025 717.2 676.3 493.3 452.2
juin 2025 715.3 674.4 493.1 455.5
juil 2025 715.1 670.9 496.4 467.7
août 2025 727.4 683.3 508.9 469
sept 2025 754.1 708.1 519.2 481.2
oct 2025 770.8 719.6 524.4 500.7
nov 2025 0 703.1 526.3 498.6

Source : Agreste - Enquêtes mensuelles laitières

  • Hausse significative des fabrications d’Emmental

Dans l’attente de la consolidation des derniers chiffres , les fabrications fromagères de la région Bourgogne-Franche-Comté sont en hausse de 2,8 % par rapport à 2024 et devraient repasser au-dessus des 140 000 tonnes (produits frais et fromages fondus non compris ). La production d’Emmental qui dépasserait les 8 000 tonnes, affiche la plus forte hausse (+ 15 % soit 1 000 tonnes de plus qu’en 2024). Après un premier trimestre très déficitaire, les fabrications de Comté devraient atteindre 69 000 tonnes (hors l’Ain ), soit 1,5 % de croissance . Les fabrications de Morbier et de Mont d’Or progresseraient respectivement de 3 % et 4 %. Les produits frais sont les seules fabrications laitieres régionales à ne pas profiter de l’embellie, demeurant à 335 000 tonnes à l’instar de 2024.

Figure 9 - La production de fromage

En tonnes

Nov 2025

Evolution M/M-12

Cumul sur 12 mois

Moyenne Triennale

Pâtes Pressées Cuites 5 802 9,2% 82 342 81 921
dont Comté 4 722 6,2% 68 548 68 681
Pâtes Pressées Non Cuites 2 788 -0,9% 31 843 31 349
dont Morbier 1 210 6,7% 13 595 13 492
Pâtes molles 2 929 4,5% 25 593 24 870
dont Mont d’Or 999 4,7% 5 824 5 630
Produits frais * 25 960 -3,9% 333 806 328 613
dont yaourts et desserts lactés 12 227 -13,2% 175 498 179 761
dont fromages frais 10 166 7,0% 122 515 114 970
dont crèmes fraiches 3 567 3,7% 35 792 33 882

Source : Agreste - Enquêtes mensuelles laitières

Encadré - Météo

Dans notre région l’année 2025 se classe au 6ème rang des années les plus chaudes avec un ensoleillement excédentaire de 187 h en moyenne. Les températures moyennes de l’année sont de 12,4°C soit + 1°C par rapport aux normales tri-décennales. Les mois de janvier à avril et décembre sont très doux. Juin avec une anomalie positive de 3,3°C est en 2ème position des mois de juin les plus chauds depuis 1947, derrière 2003. L’été est marqué par deux épisodes de canicules.
L’hiver 2024-2025 présente un déficit pluviométrique de 16 % ; le printemps accuse un déficit marqué de 35% sur l’ensemble de la région. Ainsi, une sécheresse des sols s’installe sur le Nord et l’Ouest de la Bourgogne (Yonne, Nièvre, et de l’Auxois au châtillonnais) ainsi que sur une moitié Est de la Franche-Comté, plus marquée sur les hauts reliefs. La fin de l’été et le début d’automne présentent des surplus d’eau de 30 à 55%. L’ensoleillement sur l’année 2025 est généreux et excédentaire de plus de 10 %, surtout au printemps.

Figure 10 - Températures et précipitations (mm)

Figure 10 - Température et précipitations - voir la transcription ci-dessous
Figure 10 - Température et précipitations

Figure encadré : Histogramme des précipitations avec courbes de température entre 2024 et 2025. Comparaison avec les normales 1991-2020, Tout au long de l’année, les températures enregistrées en Bourgogne-Franche-Comté sont supérieures à la moyenne tri-décennale.

Source : Météo France - Moyenne Bourgogne-Franche-Comté

Filière animale

En France, 2025 est marquée par l’arrivée en juin de la Dermatose Nodulaire Contagieuse (DNC) dans le Centre-Est, puis le Sud-Ouest du pays. Celle-ci a entraîné plusieurs mesures de lutte, notamment l’abattage systématique des troupeaux infectés et la fermeture des frontières pour les marchés bovins durant deux semaines fin octobre.

  • Une année marquée par un contexte sanitaire difficile

En région, l’année 2025 voit une hausse conséquente des prix des bovins gras (entre 2024 et 2025, les prix moyens des Jeunes Bovins U augmentent de 23 %, les Vaches Viande R de 20 % et les Vaches Lait P de 32 %). Cette envolée est à mettre sur le compte d’une offre limitée en raison de la décapitalisation, face à une demande consistante (au cumul annuel, en novembre, les abattages bovins sont en repli de 1,7 % par rapport à 2024). En outre, l’arrivée de la DNC accentue cette dynamique, diminuant encore davantage l’offre par rapport à la demande.
Les cours des bovins maigres suivent une dynamique offre-demande semblable à celle des bovins gras. L’offre continue de diminuer face à une demande soutenue (-3,9 % de broutards exportés en 2025 par rapport à 2024, incluant l’arrêt des exports lors de la seconde moitié d’octobre). Cette dynamique entraîne ainsi une hausse significative des prix (+45 % pour les mâles U de 300 kg, +41 % pour les mâles U de 400 kg, et +38 % pour les femelles U de 270 kg). Le marché est par ailleurs plus compliqué pour les mâles lourds que pour les animaux légers, les pays engraisseurs préférant acheter des bovins plus légers, donc moins chers, et finir les animaux.

  • Le cours des porcs décroche

En 2025, le cours des porcs charcutiers à 1,97 €/kg de carcasse est nettement en-dessous de sa moyenne triennale.

Figure 11 - Les abattages

En têtes

nov-25

Évolution 2025/2024

Année

Évolution 2025/2024

Bovins 23 866 + 4,4 % 251 155 - 1,7 %
dont vaches 10 452 + 14,7 % 97 170 + 6,2 %
dont veaux 2 000 - 16,1 % 25 385 - 3,0 %
Ovins 4 484 - 54,5 % 96 536 - 34,1 %
Porcins 29 149 + 3,9 % 315 647 + 3,4 %
Equidés 300 + 13,2 % 2365 + 12,1 %

Source : BDNI

Figure 12 - Les exportations de broutards

oct-25

Évolution 2025/2024

Cumul Année 2025

Évolution 2025/2024

Bourgogne-Franche-Comté 10 923 - 3,8 % 156 533 - 3,9 %
dont Saône-et-Loire 5 421 + 0,2 % 81 073 + 0,8 %
dont Nièvre 3114 0 41680 - 9,5 %

Source : BDNI

Figure 13 - Cotations du broutard U de 400 kg (€/kg vif))

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Figure 13 - Cotations du broutard U de 400 kg (€/kg vif)
Semaines202320242025
S1 3.4 3.32 4.13
S2 3.43 3.32 4.23
S3 3.43 3.4 4.4
S4 3.45 3.43 4.46
S5 3.49 3.43 4.52
S6 3.49 3.46 4.59
S7 3.49 3.44 4.71
S8 3.49 3.47 4.78
S9 3.49 3.54 4.88
S10 3.52 3.55 4.95
S11 3.52 3.57 5
S12 3.54 3.6 5.02
S13 3.56 3.6 5.03
S14 3.58 3.6 5
S15 3.58 3.62 4.99
S16 3.6 3.64 4.99
S17 3.6 3.67 5.03
S18 3.6 3.66 5.05
S19 3.6 3.66 5.05
S20 3.6 3.66 5.17
S21 3.62 3.81 5.22
S22 3.63 3.85 5.4
S23 3.63 3.9 5.4
S24 3.63 3.92 5.75
S25 3.6 3.94 5.9
S26 3.6 3.93 5.83
S27 3.6 3.88 5.63
S28 3.45 3.84 5.58
S29 3.38 3.83 5.58
S30 3.41 3.83 5.58
S31 3.4 3.83 5.58
S32 3.4 3.83 5.64
S33 3.4 3.83 5.64
S34 3.45 3.81 5.95
S35 3.46 3.81 5.95
S36 3.49 3.81 5.92
S37 3.52 3.84 5.88
S38 3.55 3.85 5.87
S39 3.55 3.89 5.79
S40 3.55 3.94 5.76
S41 3.48 3.94 5.7
S42 3.48 3.97 5.7
S43 3.33 3.98 0
S44 3.33 4.02 0
S45 3.3 4.02 0
S46 3.3 4.07 5.7
S47 3.3 4.1 5.65
S48 3.3 4.1 5.65
S49 3.3 4.11 5.65
S50 3.3 4.12 5.6
S51 3.32 4.13 5.6
S52 3.32 4.13 5.6

Source : Agreste - Commission Interdépartementale Dijon

Figure 14 - Cotations du jeune bovin viande U (€/kg de carcasse)

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Figure 14 - Cotations du jeune bovin viande U (€/kg de carcasse)
Semaines202320242025
S1 5.46 5.38 5.84
S2 5.48 5.39 5.91
S3 5.47 5.41 5.95
S4 5.48 5.44 6
S5 5.48 5.45 6.09
S6 5.48 5.47 6.12
S7 5.5 5.5 6.18
S8 5.5 5.5 6.25
S9 5.52 5.53 6.31
S10 5.56 5.54 6.34
S11 5.58 5.51 6.34
S12 5.6 5.5 6.34
S13 5.6 5.48 6.35
S14 5.59 5.42 6.33
S15 5.54 5.4 6.33
S16 5.52 5.37 6.36
S17 5.48 5.33 6.36
S18 5.46 5.29 6.4
S19 5.42 5.26 6.4
S20 5.39 5.25 6.43
S21 5.35 5.27 6.44
S22 5.33 5.27 6.46
S23 5.32 5.27 6.5
S24 5.31 5.27 6.52
S25 5.3 5.27 6.52
S26 5.25 5.27 6.55
S27 5.2 5.26 6.55
S28 5.19 5.24 6.54
S29 5.12 5.21 6.54
S30 5.1 5.21 6.54
S31 5.1 5.22 6.55
S32 5.06 5.23 6.59
S33 5.08 5.28 6.66
S34 5.11 5.32 6.72
S35 5.16 5.38 6.81
S36 5.2 5.35 6.89
S37 5.25 5.37 6.99
S38 5.27 5.39 7.07
S39 5.31 5.4 7.1
S40 5.31 5.42 7.19
S41 5.31 5.45 7.24
S42 5.31 5.5 7.3
S43 5.31 5.52 7.34
S44 5.34 5.57 7.36
S45 5.34 5.61 7.34
S46 5.34 5.64 7.38
S47 5.33 5.72 7.4
S48 5.32 5.76 7.43
S49 5.33 5.79 7.47
S50 5.36 5.82 7.46
S51 5.36 5.82 7.46
S52 5.36 5.83 7.49

Source : Agreste - Commission Bassin Centre-Est

Figure 15 - Cotations de la vache viande R (€/kg de carcasse)

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Figure 15 - Cotations de la vache viande R (€/kg de carcasse)
Semaines202320242025
S1 5.38 5.33 5.59
S2 5.38 5.37 5.6
S3 5.38 5.37 5.59
S4 5.41 5.39 5.63
S5 5.37 5.38 5.59
S6 5.37 5.38 5.66
S7 5.37 5.38 5.68
S8 5.40 5.38 5.73
S9 5.40 5.36 5.77
S10 5.43 5.39 5.82
S11 5.46 5.39 5.84
S12 5.46 5.38 5.93
S13 5.47 5.39 5.96
S14 5.46 5.39 6.02
S15 5.44 5.4 6.06
S16 5.41 5.39 6.1
S17 5.37 5.41 6.14
S18 5.37 5.43 6.17
S19 5.37 5.44 6.24
S20 5.37 5.44 6.29
S21 5.37 5.44 6.35
S22 5.41 5.45 6.4
S23 5.42 5.47 6.45
S24 5.44 5.47 6.53
S25 5.44 5.48 6.57
S26 5.42 5.49 6.62
S27 5.39 5.5 6.63
S28 5.38 5.5 6.63
S29 5.38 5.5 6.61
S30 5.39 5.53 6.61
S31 5.39 5.54 6.66
S32 5.41 5.56 6.72
S33 5.44 5.57 6.81
S34 5.46 5.58 6.88
S35 5.48 5.59 6.99
S36 5.51 5.57 7.09
S37 5.52 5.59 7.15
S38 5.52 5.59 7.2
S39 5.48 5.58 7.23
S40 5.48 5.58 7.31
S41 5.48 5.58 7.36
S42 5.48 5.55 7.43
S43 5.48 5.53 7.48
S44 5.44 5.53 7.48
S45 5.42 5.55 7.46
S46 5.37 5.56 7.48
S47 5.33 5.56 7.49
S48 5.33 5.57 7.46
S49 5.32 5.57 7.45
S50 5.30 5.57 7.46
S51 5.31 5.57 7.45
S52 5.31 5.57 7.48

Source : Agreste - Commission Bassin Centre-Est

Figure 16 - Cotations des porcins et des ovins (€/kg de carcasse)

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Figure 16 - Cotations des porcins et des ovins (€/kg de carcasse)
SemainesAgneau U 16-19 kgMoy triennale AgneauxPorc charcutier EMoy triennale Porcs
S1 11.1 8.8 2 1.9
S2 11 8.8 2 1.9
S3 11.1 8.9 2 1.9
S4 11 8.9 2 2
S5 11.1 8.9 2 2
S6 11 8.9 2 2
S7 11 9 2 2
S8 11.1 8.9 2 2
S9 11.2 8.9 2 2.1
S10 11.3 9 2 2.1
S11 11.4 9.1 2 2.2
S12 11.7 9.3 2 2.2
S13 11.8 9.3 2 2.2
S14 12.1 9.4 2 2.3
S15 12.3 9.4 2 2.3
S16 12.3 9.3 2 2.3
S17 12.1 9.3 2.1 2.2
S18 11.7 9.2 2.1 2.2
S19 11.4 9.1 2.1 2.2
S20 11.2 9.1 2.1 2.2
S21 10.8 8.9 2.1 2.2
S22 10.7 8.9 2.1 2.2
S23 10.8 8.8 2.1 2.2
S24 10.5 8.9 2.1 2.2
S25 10.4 8.8 2.1 2.3
S26 10.2 8.8 2.1 2.3
S27 9.8 8.8 2.1 2.3
S28 9.7 8.8 2.2 2.4
S29 9.5 8.8 2.2 2.4
S30 9.4 8.8 2.2 2.4
S31 9.3 8.7 2.2 2.4
S32 9.1 8.7 2.1 2.4
S33 9 8.7 2.1 2.3
S34 9 8.7 2.1 2.3
S35 9 8.6 2.1 2.3
S36 9.1 8.7 2 2.3
S37 8.9 8.7 2 2.3
S38 9 8.8 2 2.3
S39 9.1 8.8 1.9 2.3
S40 9 8.9 1.9 2.2
S41 9 8.9 1.9 2.2
S42 9 8.9 1.8 2.2
S43 9 9 1.8 2.1
S44 9.2 9.1 1.8 2.1
S45 9.1 9.2 1.8 2.1
S46 9.4 9.4 1.8 2.1
S47 9.5 9.5 1.8 2
S48 9.9 9.6 1.8 2
S49 10 9.7 1.8 2.1
S50 10.2 9.8 1.8 2.1
S51 10.4 9.8 1.8 2.1
S52 10.3 9.8 1.8 2.1

Source : FranceAgriMer - Cotation zone Nord (Agneau de boucherie) et Cotation Sud-Est (Porc charcutier)

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