N°80 - Conjoncture agricole - avril 2026

La conjoncture agricole du mois d’avril 2026

- Les gelées nocturnes ont atteint les vignobles avec des intensités variées. Les marchés des vins restent sous tension, notamment pour les vins rouges.

- A la sortie de l’hiver les cultures sont à des stades avancés, mais les attaques de ravageurs et les maladies sont importantes. Les cours fluctuent au gré des conflits.

- L’année 2026 démarre par des livraisons de lait très dynamiques que ce soit en lait conventionnel ou en lait AOP. Janvier marque l’entrée en baisse du prix du lait conventionnel.

- Les cours des bovins se maintiennent à des valeurs élevées. La décapitalisation du cheptel laitier observée en Europe, est limitée en France et dans la région.

Filière viticole

La campagne 2026 s’annonce comme l’une des plus précoces jamais observées. A l’exemple de la Nièvre, le débourrement des pinots noirs est apparu autour du 18 mars ce qui constitue un record depuis 1965. Cette précocité suscite des inquiétudes liées à l’allongement de la période d’exposition aux nuits de gel potentielles. Entre le 26 et le 29 mars, une série d’épisodes de gel a frappé les vignobles de la région. Les dégâts ne sont pas encore estimés à ce stade. Toutefois, les conséquences les plus graves sont redoutées dans les Coteaux du Giennois, le Chablisien, l’Auxerrois et le Châtillonnais.

  • Des marchés toujours fébriles

En janvier, au milieu de la campagne 2025-2026, les sorties de chais de la viticulture bourguignonne s’élèvent à 967 000 hectolitres, soit un volume inférieur de 6 % à la moyenne quinquennale pour la même période. La Côte-d’Or est toujours en retard même si, ce mois, ses sorties sont plus importantes.
Fin janvier 2026, sur 12 mois, les ventes globales de vins de Bourgogne (hors Crémants) atteignent 1,25 million de bouteilles, en retrait de 1 % par rapport aux 12 derniers mois glissants. Les vins blancs continuent d’enregistrer une croissance sur les marchés, principalement grâce à des baisses de prix. Ainsi, les stocks en cave sont estimés à 2,7 millions d’hectolitres, en baisse de 1,4 % sur un an en relation avec la faible récolte de 2024. Ces réserves représentent 22,1 mois de ventes et, signe positif, se rapprochent de la moyenne. (Source : BIVB – Demat’vin).

Au mois de février, les transactions de vins en vrac de Bourgogne entre la viticulture et le négoce sont en net retrait (- 39 %) par rapport à février 2025. Au cumul de la campagne, ce sont les vins rouges qui sont les plus touchés par ce retournement de marché (-10 %) alors que les vins blancs et les crémants demeurent en croissance. Toutefois, ils affichent dans leur grande majorité des baisses de cours : Chablis (- 15 %), Bourgogne blanc (- 12 %), Meursault (- 8 %), Mâcon-Village blanc (- 7 %). Les appellations villages de la Côte de Nuits maintiennent leurs prix, alors que celles de la Côte de Beaune affichent aussi des baisses. Concernant le Beaujolais, les transactions au cumul du 7ème mois de campagne sont toujours limitées (- 15 %), et l’écart avec la campagne précédente s’aggrave.

Figure 1 - Sorties de chais en vins AOP

En hl

Campagne 2025-2026

% / Campagne 2024-2025

% / Moyenne 5 ans

Janvier 175 708 -2,3% -5,4%
6 mois 968 756 -7,9% -6,2%

Source : Agreste - DRDDI

Sur 12 mois glissants, en janvier 2026, les exportations de vins de Bourgogne, qui représentent 60 % des ventes en moyenne, demeurent en progression en volume (+ 2,9 %), mais se réduisent en valeur (- 2,1 %). Ce sont les AOC régionales Mâcon, les Villages et Premiers Crus Blancs de la Côte Chalonnaise, les Chablis, les villages et les Crus de Côte-d’Or qui permettent la progression des volumes. Les achats par les Etats-Unis se dégradent de mois en mois (- 10,6 % au cumul de janvier), le Royaume-Uni et le Canada compensent en partie.

Figure 2 - Transactions des vins AOP en vrac Hors Beaujolais, vins de la Nièvre et du Jura

En hl

Février 2026

Fev 2026/ Jan 2025

Campagne 2025-2026

Évolution 2026/2025

Rouge, rosé 7 057 -35% 108 285 -10%
Blanc 21 078 -40% 357 034 1%
Crémant 440 -46% 153 466 5%
Ensemble 28 575 -39% 618 785 0%

Source : BIVB

Figure 3 - Indice du prix des vins AOP en vrac Base 100 en janvier 2010, hors vins de la Nièvre et du Jura

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Figure 3 - Indice du prix des vins AOP en vrac Base 100 en janvier 2010, hors vins de la Nièvre et du Jura
Appelations régionalesAutres vinsBeaujolais
mars 2023 143,07 158,39 160,62
avr 2023 145,19 176,64 156,97
mai 2023 147,71 176,85 157,75
juin 2023 135,52 186,33 166,87
juil 2023 157,13 159,93 171,20
août 2023 145,58 221,94 171,20
sept 2023 105,65 182,64 123,17
oct 2023 120,35 174,07 121,61
nov 2023 112,79 174,07 122,51
déc 2023 110,93 174,07 156,84
janv 2024 110,41 174,07 143,79
fev 2024 109,31 146,90 142,60
mars 2024 98,45 146,90 143,21
avr 2024 101,98 141,45 134,44
mai 2024 99,75 127,44 152,01
juin 2024 92,26 169,19 134,91
juil 2024 98,23 145,18 136,32
août 2024 78,54 145,18 128,05
sept 2024 104,22 145,18 114,75
oct 2024 111,46 155,83 116,69
nov 2024 113,60 155,83 161,04
déc 2024 135,32 155,83 131,50
janv 2025 123,82 180,36 133,14
fev 2025 113,85 180,36 140,74
mars 2025 110,53 157,14 127,79
avril 2025 104,45 169,85 136,21
mai 2025 96,67 169,85 145,74
juin 2025 112,88 164,37 144,55
juil 2025 124,75 194,26 120,60
août 2025 81,33 179,03 136,83
sept 2025 108,29 190,18 115,56
oct 2025 93,42 215,62 114,31
nov 2025 126,21 215,62 134,09
déc 2025 131,46 225,00 133,93
janv 2026 101,56 175,00 139,57
fev 2026 131,43 141,97 145,63

Source : Agreste - BIVB et IB

Filières végétales

Sous l’effet combiné de la hausse brutale des températures et de l’humidité, les cultures connaissent une accélération du développement. Mais, en fin de mois, la période plus fraîche avec des gelées matinales stabilise les stades.

  • Une sortie d’hiver très rapide

Pour les céréales d’hiver, la précocité du stade épi 1 cm place cette campagne au niveau du record de 2020. En fin de mois, le stade est en moyenne compris entre épi 1 cm et 2 nœuds, à l’exception du Territoire de Belfort plus tardif.
Le développement végétatif est correct dans l’ensemble. Les pluies salvatrices ont permis la solubilisation de l’engrais azoté. Toutefois une hétérogénéité des parcelles est observée selon les dates de semis avec des pertes de pieds dues à l’excès d’eau. Dans les cas extrêmes, les cultures sont rapiécées avec des blés alternatifs en Côte d’Or ou retournées dans le Jura et remplacées par des cultures de printemps.
Sur les blés, des foyers de rouille jaune se développent même sur des variétés résistantes avec l’apparition d’un nouveau pathotype ; la rouille brune est présente sur les variétés sensibles ainsi que la septoriose. Sur les orges, les conditions sont favorables aux maladies fongiques telle que la rhynchosporiose et virales, jaunisses nanisante de l’orge et mosaïque.
Les colzas oscillent entre les stades E (boutons séparés) à G1 (pleine floraison). Leurs aspects sont hétérogènes, pénalisés en cas de semis tardifs, de mauvaises préparations du sol et d’une moindre fertilisation azotée. En outre, en sortie d’hiver l’hydromorphie des sols et les apports retardés d’azote occasionnent des hampes florales plus chétives. Finalement, les attaques d’insectes sont virulentes et causent des dégâts.
Les semis des cultures de printemps se sont déroulés début mars dans de bonnes conditions sèches et chaudes avec des lits de semences appropriés. De petites pluies, après le semis, ont été bénéfiques pour la levée des orges. La levée des pois de printemps est ralentie par les températures plus fraîches. Les plus avancés de l’Yonne ont de deux à quatre feuilles.
Les premiers semis de betteraves de début mars sont en cours de levée. Par rapport à l’an dernier, les surfaces diminuent de 9% en raison d’une pression des ravageurs en augmentation sans moyen de lutte efficace et des cours au plus bas.

Figure 4 - Cotations blé (€/t) (Fob Rouen) et Orge Esterel (Fob Creil)

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Figure 4 - Cotations blé (€/t) (Fob Rouen) et Orge Esterel (Fob Creil)
Prix du mois OrgePrix du mois bléMoyenne quinquennale OrgeMoyenne quinquennale Blé
avril 2023 271 240 224,314 227,338
mai 2023 255 222 233,198 230,43
juin 2023 283 229 226,722 224,24
juillet 2023 290 235 216,51 219,36
août 2023 308 228 215,81 219,864
sept 2023 293 227 221,532 220,328
oct 2023 287 229 234,348 229,192
nov 2023 296 221 240,708 228,454
déc 2023 290 217 238,268 225,916
jan 2024 289 212 240,686 224,908
fév 2024 269 198 230,12 221,946
mars 2024 276,38 186,23 241,736 237,67
avril 2024 307,38 195,64 244,552 242,538
mai 2024 317,73 219,52 249,422 242,19
juin 2024 317,5 231,52 251,272 243,54
juillet 2024 307,8 219,99 230,252 228,716
août 2024 266,08 207,73 229,982 229,302
sept 2024 242 215 243,834 237,632
oct 2024 244,78 223,99 250,092 239,038
nov 2024 239,39 215,68 246,848 234,856
déc 2024 238,82 224,81 243,344 235,776
jan 2025 240,1 226,59 231,44 233,162
fév 2025 232,5 225,375 236,962 241,168
mars 2025 224,21 214,57 241,49 240,922
avril 2025 216,52 208,33 247,276 239,168
mai 2025 229,78 201,13 249,576 232,374
juin 2025 230,18 196,32 243,064 230,348
juillet 2025 220,45 193,72 248,406 231,292
août 2025 210,19 193,1 246,804 234,292
sept 2025 192,84 185,18 259,158 243,632
oct 2025 181,84 184,89 267,402 243,742
nov 2025 192,4 188,2 263,932 238,086
dec 2025 189,3 180,4 261,59 238,04
jan 2026 185,34 183,53 249,76 233,92
fév 2026 186,86 186,7 259,628 242,014
mars 2026 189,93 195,3 267,67 245,85

Source : Dijon Céréales

Figure 5 - Cotations colza (€/t) (Fob Moselle)

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Figure 5 - Cotations colza (€/t) (Fob Moselle)
Prix du mois ColzaMoyenne quinquennale Colza
avril 2023 449,30 526,16
mai 2023 413,2 492,27
juin 2023 438,00 477,954
juillet 2023 459 465,74
août 2023 463 468,858
sept 2023 444 471,734
oct 2023 422 494,756
nov 2023 434 500,84
déc 2023 429 497,292
jan 2024 428 503,076
fév 2024 417 501,328
mars 2024 433 528,332
avril 2024 449 549,02
mai 2024 471 503,664
juin 2024 467 493,954
juillet 2024 478 484,446
août 2024 461 485,292
sept 2024 464 486,42
oct 2024 491 502,98
nov 2024 530 512,344
déc 2024 529 508,92
jan 2025 528 514,16
fév 2025 530 511,048
mars 2025 507 543,222
avril 2025 537 565,754
mai 2025 491 524,604
juin 2025 483 513,446
juiller 2025 467 505,442
août-25 474 501,648
sept 2025 467 501,102
oct-25 468 523,116
nov 2025 486 539,122
déc 2025 476 533,442
jan 2026 476 536,968
févirer 2026 486 537,27
mars 2026 515 571,938

Source : Dijon Céréales

  • Forte volatilité sur les marchés des matières premières agricoles

Au mois de mars les cours des céréales et des oléoprotéagineux sont influencés par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et la flambée des prix du pétrole et du gaz.
Le prix du blé (rendu Rouen) s’établit à 195 €/t soit + 8 €/t par rapport au mois de février. Entre la fin février et la mi-mars, le prix du blé sur Euronext progresse de près de 10 €/t pour revenir autour des 210 €/t, compensant la chute observée à la fin janvier. Ce rebond est davantage attribuable à l’euphorie des marchés de l’énergie et à une prime de risque géopolitique qu’à une modification substantielle des fondamentaux. En France, la collecte atteint 30,4 millions de tonnes selon FranceAgriMer, tandis que les stocks, à 3,39 Mt, retrouvent des niveaux inédits depuis 2015. À l’international, la production mondiale, revue à la hausse dans plusieurs pays, dépasse un record à 842 Mt. Cependant, la hausse des cours pèse sur la compétitivité française à l’export, alors que le marché marocain, crucial, pourrait se refermer prématurément. En effet, la production nationale est attendue à un niveau élevé et des taxes à l’importation pourraient être mises en place. En outre la concurrence internationale reste forte.
A 190 €/t l’orge de brasserie, (rendu Creil) gagne 3 €/t sur le mois de février. Après avoir profité d’un bon élan export depuis juillet, l’orge voit sa prime physique s’ajuster sous la pression de la remontée du blé et de la concurrence hémisphère sud (Australie, Argentine). Les objectifs d’exportation vers les pays tiers demeurent élevés, mais le contexte géopolitique – en particulier en Arabie Saoudite, principal importateur – sera déterminant pour la campagne suivante. Toutefois, la rentabilité des cultures reste sous pression dans un contexte d’offre mondiale généreuse. Par ailleurs, les échanges mondiaux seront bouleversés par la hausse du coût du transport maritime. Ainsi, la Chine de son côté pourrait réduire ses intérêts pour les origines hexagonales.
Le colza (FOB Moselle) cote 515 €/t (+ 29 €/t). Le marché s’est distingué par une volatilité extrême en lien avec les fluctuations du pétrole. La hausse du brut au-dessus de 100 $ le baril a d’abord soutenu les prix avant une baisse en fin de mois. Son prix sur Euronext (échéance mai) oscille entre 500 et 520 €/t au fil des soubresauts pétroliers. Soutenu par un complexe oléagineux mondial dynamique, le colza européen a toutefois pâti de prises de profit rapides et d’ajustements d’importation vers des huiles plutôt que des graines brutes. Les fondamentaux mondiaux restent solides : production record, stocks confortables et trituration soutenue.

Figure 6 - Estimations des surfaces pour la campagne 2025-2026

En ha

Surface 2026

Évolution Moyenne 5 ans

Blé 356 700 0%
Orge d’hiver 158 000 4%
Orge de P. 45 300 -22%
Maïs 66 900 -3%
Triticale 32 800 -3%
Avoine 14 800 -11%
Colza 153 700 34%
Tournesol 49 200 -23%
Soja 32 800 -5%
Pois 5 920 -57%

Source : Agreste - Conjoncture grandes cultures

Filière lait

  • Des livraisons régionales toujours très dynamiques

Avec des hausses généralisées au sein des principaux pays producteurs, la collecte de lait européenne du mois de janvier reste abondante et dépasse de plus de 5 % celle de 2025. En France, soutenue par un coût des aliments achetés inférieur à l’an passé, et une qualité des fourrages optimale, la hausse d’une année sur l’autre avoisine les 6 %. Cette dynamique de production enclenchée depuis 6 mois reste plus prégnante encore en région Bourgogne-Franche-Comté où la hausse des livraisons atteint + 9 % sur ce premier mois de 2026, sans distinction entre élevage de plaine produisant du lait conventionnel ou au sein des exploitations en lait AOP du « Massif Jurassien ».

Figure 7 - Les livraisons de lait (milliers d’hectolitres)

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Figure 7 - Les livraisons de lait (milliers d’hectolitres)
LivraisonsMoyenne triennale
févr 2025 1 242 1 300
mars 2025 1 403 1 465
avr 2025 1 473 1 475
mai 2025 1 554 1 550
juin 2025 1 348 1 337
juil 2025 1 256 1 278
août 2025 1 231 1 189
sept 2025 1 205 1 158
oct 2025 1 286 1 237
nov 2025 1 250 1 200
déc 2025 1 369 1 288
janv 2026 1 430 1 379

Source : Agreste - Enquêtes mensuelles laitières

  • Le prix du lait conventionnel commence à refluer

En Janvier, le prix moyen du lait au sein de l’Union européenne continue de baisser avec la poursuite de la hausse de la collecte. À 452 € les 1 000 litres, il affiche 16% de moins que le prix de 2025. C’est 4 points de baisse de plus que le mois dernier. À 500 € la tonne, en janvier 2026, le prix du lait toutes qualités confondues en France est, pour la première fois depuis 21 mois, orienté à la baisse (-3,3%). D’après Agreste, avec cette baisse, le coût de l’aliment n’est plus compensé par le prix du lait. Cela n’était plus arrivé depuis près de 2 ans. Comme le prix national, le prix du lait conventionnel en Bourgogne-Franche-Comté du mois de janvier à 492€ les 1000 litres est moins élevé qu’il y a un an (- 2%). Il est maintenant passé sous la moyenne triennale. Le prix du lait AOP « Massif du Jura » devrait avoisiner 720€ de moyenne en 2025 soit 25€ de plus que l’année précédente.

Figure 8 - Prix du lait (€/1 000 litres)

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Figure 8 - Prix du lait (€/1 000 litres)
Lait AOPLait AOP triennaleLait conventionnelLait conventionnel triennale
févr 2025 693,9 654,7 498,6 460,5
mars 2025 681,1 641,6 495,8 461,7
avr 2025 686 649,6 495,1 457,4
mai 2025 717,9 676,3 493,5 452,2
juin 2025 716,2 674,4 493,3 455,5
juil 2025 715,1 670,9 496,7 467,7
août 2025 729,6 683,3 509,2 469
sept 2025 755,7 708,1 519,5 481,2
oct 2025 764,3 719,6 524,7 500,7
nov 2025 745,7 703,1 526,6 498,6
déc 2025 740,5 695,4 514,1 503,7
janv 2026 0 683,7 492,2 495,1

Source : Agreste - Enquêtes mensuelles laitières

  • Les fabrications d’Emmental restent très dynamiques

Toutes les fabrications sont en hausses en ce début d’année par rapport à l’année dernière. Toutes affichent également un cumul de production sur 12 mois supérieur à leur moyenne triennale à l’exception des yaourts et des desserts lactés pour lesquels il manque 3 000 tonnes. Depuis septembre, les fabrications de Comté demeurent dynamiques. Au sein de cette famille des pâtes pressées cuites, l’Emmental (produit majoritairement à base de lait conventionnel) dépasse maintenant la barre des 8 000 tonnes sur 12 mois. Ce sont 1 300 tonnes supplémentaires fabriquées en région sur un an soit une hausse spectaculaire de 18%. Les pâtes pressées non cuites et les pâtes-molles dépassent les 5% de hausse alors que celle des produits frais est restée plus mesurée à moins de 2%.

Figure 9 - La production de fromage

En tonnes

janv-26

Evolution M/M-12

Cumul sur 12 mois

Moyenne Triennale

Pâtes Pressées Cuites 7 113 9,6% 84 273 81 874
dont Comté 5 682 6,8% 69 979 68 600
Pâtes Pressées Non Cuites 2 565 5,1% 32 193 31 469
dont Morbier 1 370 9,1% 13 870 13 548
Pâtes molles 2 753 5,7% 26 264 25 107
dont Mont d’Or 915 5,8% 5 955 5 650
Produits frais * 28 222 1,7% 335 498 329 178
dont yaourts et desserts lactés 14 571 0,9% 176 100 179 116
dont fromages frais 10 310 1,1% 123 367 115 948
dont crèmes fraiches 3 341 7,5% 36 031 34 114

Source : Agreste - Enquêtes mensuelles laitières

Encadré - Météo

En première décade de mars, l’ensoleillement est généreux et les températures élevées mais des épisodes de gels nocturnes sont enregistrés en fin de mois.
Avec en moyenne 209 h d’ensoleillement et 48 h d’excédent sur notre région, le soleil est au rendez-vous. Les écarts positifs les plus élevés au regard des moyennes tri-décennales sont relevés dans les stations d’Auxerre + 64 h, de Nevers + 60 h et de Luxeuil + 51 h.
La température moyenne du mois est de 8 °C, semblable à celle de février. Elle est de 0,7 °C au- dessus des normales. Les deux stations bénéficiant d’écarts positifs supérieurs à la moyenne sont Auxerre 1,3 °C et Belfort 0,8 °C. A Dole, l’écart est le plus faible + 0,4 °C. En corrélation, les précipitations sont en moyenne de 42 mm sur le mois, soit déficitaire de 20 mm. Les stations de Nevers et d’Auxerre enregistrent la pluviométrie la plus faible de l’ordre de 27 mm en moyenne mensuelle avec des conséquences locales sur les cultures d’hiver.

Figure 10 - Températures et précipitations (mm)

Figure 10 - Température et précipitations - voir la transcription ci-dessous
Figure 10 - Température et précipitations

Figure encadré : Histogramme des précipitations avec courbes de température entre 2025 et 2026. Comparaison avec les normales 1991-2020, Tout au long de l’année, les températures enregistrées en Bourgogne-Franche-Comté sont supérieures à la moyenne tri-décennale.

Source : Météo France - Moyenne Bourgogne-Franche-Comté

Filière animale

En France, les abattages de gros bovins de février sont en léger progrès par rapport à 2025 (+ 1,4 %), mais restent inférieurs à la moyenne quinquennale. Contrairement au reste de l’Europe, où s’opère une décapitalisation du cheptel laitier en février et en mars, la France et la région semblent maintenir leurs effectifs de vaches laitières. Une augmentation de 9,4 % des abattages de vaches de réformes laitières est tout de même constatée en février par rapport à l’an passé.

  • Des marchés bovins calmes

En région, le marché des bovins maigres est globalement actif en mars, et les prix se maintiennent toujours hauts par rapport aux années précédentes (+ 22,4 % pour les mâles de 300kg par rapport à 2025, + 19,6 % pour les femelles de 270 kg). Les cours sont également globalement en hausse par rapport à février, avec toutefois plus de difficultés pour vendre les animaux lourds que les légers (en moyenne sur mars, 6,37 €/kg pour les mâles de 300 kg, 5,87 €/kg pour les mâles de 400 kg, 5,51 €/kg pour les femelles de 270 kg).
Les marchés des bovins gras restent très élevés par rapport à 2025 (+21,7 % pour les Jeunes Bovins U, + 29,4 % pour les Vaches viande R de réforme, + 28,3 % pour les Vaches laitières). Cependant, les échanges sont calmes sur la première moitié du mois et la fin du Ramadan, et commencent à ralentir fin mars, à l’instar de toute l’Europe.

Figure 11 - Les abattages

En têtes

févr-26

Évolution 2025/2024

Année

Évolution 2025/2024

Bovins 21 984 - 0,0 % 44 116 - 2,6 %
dont vaches 9 032 + 5,3 % 19 263 + 3,9 %
dont veaux 2 181 - 14,8 % 4 276 - 17,2 %
Ovins 3 464 - 60,2 % 6 948 - 61,4 %
Porcins 25 830 + 2,5 % 56 418 + 2,3 %
Equidés 243 + 16,3 % 500 + 15,5 %

Source : BDNI

Figure 12 - Les exportations de broutards

févr-26

Évolution 2025/2024

Cumul Année 2025

Évolution 2025/2024

Bourgogne-Franche-Comté 11 769 - 18% 25 724 - 12,7%
dont Saône-et-Loire 6 318 - 13,9% 13 856 - 7,6%
dont Nièvre 3304 -18,4% 7076 -15,5%

Source : BDNI

Figure 13 - Cotations du broutard U de 400 kg (€/kg vif))

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Figure 13 - Cotations du broutard U de 400 kg (€/kg vif)
Semaines202420252026
S1 3,32 4,13 5,6
S2 3,32 4,23 5,73
S3 3,4 4,4 5,73
S4 3,43 4,46 5,77
S5 3,43 4,52 5,79
S6 3,46 4,59 5,75
S7 3,44 4,71 5,73
S8 3,47 4,78 5,74
S9 3,54 4,88 5,8
S10 3,55 4,95 5,81
S11 3,57 5 5,9
S12 3,6 5,02 5,9
S13 3,6 5,03 5,88
S14 3,6 5 0
S15 3,62 4,99 0
S16 3,64 4,99 0
S17 3,67 5,03 0
S18 3,66 5,05 0
S19 3,66 5,05 0
S20 3,66 5,17 0
S21 3,81 5,22 0
S22 3,85 5,4 0
S23 3,9 5,4 0
S24 3,92 5,75 0
S25 3,94 5,9 0
S26 3,93 5,83 0
S27 3,88 5,63 0
S28 3,84 5,58 0
S29 3,83 5,58 0
S30 3,83 5,58 0
S31 3,83 5,58 0
S32 3,83 5,64 0
S33 3,83 5,64 0
S34 3,81 5,95 0
S35 3,81 5,95 0
S36 3,81 5,92 0
S37 3,84 5,88 0
S38 3,85 5,87 0
S39 3,89 5,79 0
S40 3,94 5,76 0
S41 3,94 5,7 0
S42 3,97 5,7 0
S43 3,98 0 0
S44 4,02 0 0
S45 4,02 0 0
S46 4,07 5,7 0
S47 4,1 5,65 0
S48 4,1 5,65 0
S49 4,11 5,65 0
S50 4,12 5,6 0
S51 4,13 5,6 0
S52 4,13 5,6 0

Source : Agreste - Commission Interdépartementale Dijon

Figure 14 - Cotations du jeune bovin viande U (€/kg de carcasse)

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Figure 14 - Cotations du jeune bovin viande U (€/kg de carcasse)
Semaines202420252026
S1 5,38 5,84 7,46
S2 5,39 5,91 7,54
S3 5,41 5,95 7,57
S4 5,44 6 7,62
S5 5,45 6,09 7,63
S6 5,47 6,12 7,7
S7 5,5 6,18 7,75
S8 5,5 6,25 7,74
S9 5,53 6,31 7,77
S10 5,54 6,34 7,74
S11 5,51 6,34 7,74
S12 5,5 6,34 7,72
S13 5,48 6,35 7,68
S14 5,42 6,33 0
S15 5,4 6,33 0
S16 5,37 6,36 0
S17 5,33 6,36 0
S18 5,29 6,4 0
S19 5,26 6,4 0
S20 5,25 6,43 0
S21 5,27 6,44 0
S22 5,27 6,46 0
S23 5,27 6,5 0
S24 5,27 6,52 0
S25 5,27 6,52 0
S26 5,27 6,55 0
S27 5,26 6,55 0
S28 5,24 6,54 0
S29 5,21 6,54 0
S30 5,21 6,54 0
S31 5,22 6,55 0
S32 5,23 6,59 0
S33 5,28 6,66 0
S34 5,32 6,72 0
S35 5,38 6,81 0
S36 5,35 6,89 0
S37 5,37 6,99 0
S38 5,39 7,07 0
S39 5,4 7,1 0
S40 5,42 7,19 0
S41 5,45 7,24 0
S42 5,5 7,3 0
S43 5,52 7,34 0
S44 5,57 7,36 0
S45 5,61 7,34 0
S46 5,64 7,38 0
S47 5,72 7,4 0
S48 5,76 7,43 0
S49 5,79 7,47 0
S50 5,82 7,46 0
S51 5,82 7,46 0
S52 5,83 7,49 0

Source : Agreste - Commission Bassin Centre-Est

Figure 15 - Cotations de la vache viande R (€/kg de carcasse)

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Figure 15 - Cotations de la vache viande R (€/kg de carcasse)
Semaines202420252026
S1 5,33 5,59 7,47
S2 5,37 5,6 7,54
S3 5,37 5,59 7,56
S4 5,39 5,63 7,59
S5 5,38 5,59 7,61
S6 5,38 5,66 7,61
S7 5,38 5,68 7,64
S8 5,38 5,73 7,63
S9 5,36 5,77 7,66
S10 5,39 5,82 7,65
S11 5,39 5,84 7,61
S12 5,38 5,93 7,64
S13 5,39 5,96 7,61
S14 5,39 6,02 0
S15 5,4 6,06 0
S16 5,39 6,1 0
S17 5,41 6,14 0
S18 5,43 6,17 0
S19 5,44 6,24 0
S20 5,44 6,29 0
S21 5,44 6,35 0
S22 5,45 6,4 0
S23 5,47 6,45 0
S24 5,47 6,53 0
S25 5,48 6,57 0
S26 5,49 6,62 0
S27 5,5 6,63 0
S28 5,5 6,63 0
S29 5,5 6,61 0
S30 5,53 6,61 0
S31 5,54 6,66 0
S32 5,56 6,72 0
S33 5,57 6,81 0
S34 5,58 6,88 0
S35 5,59 6,99 0
S36 5,57 7,09 0
S37 5,59 7,15 0
S38 5,59 7,2 0
S39 5,58 7,23 0
S40 5,58 7,31 0
S41 5,58 7,36 0
S42 5,55 7,43 0
S43 5,53 7,48 0
S44 5,53 7,48 0
S45 5,55 7,46 0
S46 5,56 7,48 0
S47 5,56 7,49 0
S48 5,57 7,46 0
S49 5,57 7,45 0
S50 5,57 7,46 0
S51 5,57 7,45 0
S52 5,57 7,48 0

Source : Agreste - Commission Bassin Centre-Est

  • Des cours du porcs charcutiers très bas

En France, les abattages porcins de février sont en net progrès sur un an (+ 2,4 % par rapport à février 2025). Le prix des porcins est quant à lui en net recul (- 14,3 % par rapport à 2025). En région, le cours du porc charcutier reste bas et stable, autour de 1,58 €/kg en moyenne sur février et mars.

Figure 16 - Cotations des porcins et des ovins (€/kg de carcasse)

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Figure 16 - Cotations des porcins et des ovins (€/kg de carcasse)
SemainesAgneau U 16-19 kgMoy triennale AgneauxPorc charcutier EMoy triennale Porcs
S1 10,4 9,7 1,7 2,1
S2 10,5 9,7 1,7 2,1
S3 10,6 9,7 1,7 2,1
S4 10,7 9,7 1,7 2,1
S5 10,8 9,8 1,7 2,1
S6 10,7 9,7 1,7 2,1
S7 10,9 9,8 1,7 2,2
S8 10,8 9,8 1,7 2,2
S9 11 9,9 1,7 2,2
S10 11,1 9,9 1,7 2,2
S11 11,3 10,1 1,7 2,3
S12 11,7 10,3 1,7 2,3
S13 12,1 10,4 1,7 2,3
S14 0 0 0 0
S15 0 0 0 0
S16 0 0 0 0
S17 0 0 0 0
S18 0 0 0 0
S19 0 0 0 0
S20 0 0 0 0
S21 0 0 0 0
S22 0 0 0 0
S23 0 0 0 0
S24 0 0 0 0
S25 0 0 0 0
S26 0 0 0 0
S27 0 0 0 0
S28 0 0 0 0
S29 0 0 0 0
S30 0 0 0 0
S31 0 0 0 0
S32 0 0 0 0
S33 0 0 0 0
S34 0 0 0 0
S35 0 0 0 0
S36 0 0 0 0
S37 0 0 0 0
S38 0 0 0 0
S39 0 0 0 0
S40 0 0 0 0
S41 0 0 0 0
S42 0 0 0 0
S43 0 0 0 0
S44 0 0 0 0
S45 0 0 0 0
S46 0 0 0 0
S47 0 0 0 0
S48 0 0 0 0
S49 0 0 0 0
S50 0 0 0 0
S51 0 0 0 0
S52 0 0 0 0

Source : FranceAgriMer - Cotation zone Nord (Agneau de boucherie) et Cotation Sud-Est (Porc charcutier)

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