N°83 - Conjoncture agricole - juin 2026
La conjoncture agricole du mois de juin 2026
- La floraison des vignes s’achève déjà et l’état sanitaire est satisfaisant. Les ventes de vins blancs et crémants conservent une bonne trajectoire.
- Des températures extrêmes sont à l’origine de risque d’échaudage sur les céréales d’hiver. Avec le temps sec, les cultures sont plutôt saines. Le prix du blé est stable alors que celui du colza est soutenu par la demande de biodiesel.
- En mars les livraisons de lait restent supérieures à 2025 de façon plus dynamique en lait conventionnel qu’en lait AOP Massif du Jura. Les fabrications de Comté se replient.
- Les cours des marchés bovins maigres et gras continuent de baisser en mai. Cette baisse ralentit toutefois en fin de mois.
Filière viticole
Les fortes chaleurs subies la semaine 22, bien au-dessus des normales, ont encore activé le développement de la vigne. La floraison s’est achevée dans bon nombre de parcelles. Le stade phénologique de la vigne va de « mi-floraison » pour les moins hâtives que l’on rencontre dans le Jura à « grain de plomb » pour les parcelles les plus précoces, dans l’Yonne, la Côte-d’Or et la Saône-et-Loire. Sur l’ensemble de la région, la « nouaison » est le stade principalement observé.
La situation sanitaire est très correcte avec quelques symptômes de mildiou observés sur la Côte Chalonnaise et le Mâconnais.
- Les ventes de vins rouges sont à la peine
En mars, huitième mois de la campagne viticole 2025-2026, les sorties de chais de la viticulture bourguignonne sont en retrait de 6% tant par rapport à la campagne précédente qu’à la moyenne quinquennale. La Côte-d’Or affiche une nouvelle contre-performance : ses sorties chutent de 40% sous la moyenne (soit 30 000 hl bloqués dans les chais en mars). Sur la campagne, le volume total des sorties en région s’élève à 1,36 millions d’hectolitres, en recul de 7,4% par rapport à la moyenne quinquennale pour la même période. A l’inverse, l’Yonne et la Saône-et-Loire affichent une dynamique positive avec respectivement +8% et +4% au regard de leurs sorties moyennes.
En hl | Campagne 2025-2026 | % / Campagne 2024-2025 | % / Moyenne 5 ans |
|---|---|---|---|
| Mars | 203361 | -5,6% | -12,2% |
| 8 mois | 1363752 | -5,9% | -7,4% |
Source : Agreste - DRDDI
Au premier trimestre 2026, les ventes globales de vins tranquilles en grande distribution reculent toujours de 3 % au regard du premier trimestre 2025, soit 6 millions bouteilles en moins dont 40 % d’AOC françaises. Sur une année glissante à fin mars 2026, la diminution correspond à 27 millions de bouteilles. Les vins rouges subissent le contrecoup le plus marqué, malgré la résistance des AOC régionales bourguignonnes. Les vins blancs, bien qu’en léger repli (- 2 %), voient les appellations de Bourgogne tirer leur épingle du jeu (+ 4 %), portées par les villages du Mâconnais et le Petit Chablis (gamme 8 € à 12 €).
En avril, les transactions de vins en vrac de Bourgogne entre la viticulture et le négoce restent en forte baisse (- 36 % par rapport à avril 2025), tirées vers le bas par les vins rouges (- 12 % sur un an). Les cours évoluent modérément, à l’exception du Chablis (- 17 % vs avril 2025), et du Saint-Véran (+ 13 %). Pour le Beaujolais, le bilan des transactions se dégrade encore au 9ème mois de la campagne avec un recul de 17 % sur un an.
Au 1er trimestre 2026, les exportations de vins de Bourgogne progressent en volume (4,6 % vs 2025), grâce aux crémants et vins blancs, et augmentent plus modérément de 2,7 % en valeur. Les vins rouges, en baisse de 2,8 %, pâtissent d’un contexte mondial défavorable (baisse de la consommation). A relativiser cependant car les vins rouges de Bordeaux (- 9,3 %) et du Languedoc-Roussillon (- 18,6 %) subissent des chutes bien plus prononcées...
En hl | Avril 2026 | Avril 2026/ Avril 2025 | Campagne 2025-2026 | Évolution 2026/2025 |
|---|---|---|---|---|
| Rouge, rosé | 2661 | -38% | 116196 | -12% |
| Blanc | 13088 | -17% | 384336 | -2% |
| Crémant | 153482 | 4% | ||
| Ensemble | 15749 | -22% | 654014 | -3% |
Source : BIVB