N°81 - Conjoncture agricole - mai 2026

La conjoncture agricole du mois de mai 2026

- Les conditions climatiques permettent un développement rapide de la vigne. Les marchés des vins demeurent dynamiques pour les vins blancs.

- Les précipitations fortement déficitaires affectent les cultures. Les cours sont très volatils, mais les fondamentaux maintiennent les prix bas.

- Au cumul de janvier et février 2026, les livraisons de lait sont bien au-dessus de celles déficitaires de 2025. Le repli du prix du lait conventionnel s’accentue.

- Les cours des bovins maigres et gras s’orientent à la baisse. Le marché français se rééquilibre ainsi vis-à-vis des autres marchés européens.

Filière viticole

Les températures bien souvent au-dessus des normales de saison favorisent le développement de la vigne. A ce stade de la campagne, 2026 se rapproche de 2020 et figure parmi les années les plus précoces. Les stades de développement vont pour les moins évolués de 4 à 5 feuilles étalées pour certaines parcelles de l’Yonne à 9 à 12 feuilles étalées pour les plus en avance de Côte-d’Or et de Saône-et-Loire. Les conditions météorologiques permettent un état sanitaire satisfaisant.

  • Seules les ventes de vins blancs progressent

En février, au 7ème mois de la campagne viticole 2025-2026, les sorties de chais de la viticulture bourguignonne s’élèvent à 1 160 000 hectolitres, soit un volume inférieur de 6 % à la moyenne quinquennale pour la même période. Les sorties des caves de Côte-d’Or restent en-dessous de leur moyenne (-18 %), tandis qu’elles sont en hausse en Saône-et-Loire et pour l’Yonne (+5 %).
Fin mars 2026, sur 12 mois glissants, les ventes de vins blancs de Bourgogne (hors Crémants), tous marchés confondus, affichent une progression portée par le bon dynamisme des appellations régionales (+2,9 %). En revanche, les ventes de vins rouges continuent de reculer, notamment pour les appellations Villages et 1er Crus (-7,5 %) (Source : BIVB – Demat’vin). Pour les vins du Jura, au 1er mars et sur un an, les sorties de caves augmentent de 7 %.

En mars, à l’instar de février, les transactions de vins en vrac de Bourgogne entre la viticulture et le négoce sont en net retrait (-36 %) par rapport à mars 2025. Les vins rouges sont les plus touchés par ces difficultés : seul le mois de novembre 2025 a enregistré une évolution positive par rapport à la campagne précédente. S’agissant des cours, la tendance à la baisse se confirme : Chablis (-5 %), Bourgogne blanc (-7 %), Mâcon-Villages blanc (-3 %), Gevrey-Chambertin (-6 %), Mercurey rouge (-7 %). A contrario, les prix des appellations Villages de la Côte de Beaune sont stables. Pour le Beaujolais, les transactions du 8ème mois de campagne sont toujours déficitaires (-28 %) et le bilan de campagne s’alourdit.

Figure 1 - Sorties de chais en vins AOP

En hl

Campagne 2025-2026

% / Campagne 2024-2025

% / Moyenne 5 ans

Février 190 007 4,1% -8,7%
7 mois 1 159 975 -6,0% -6,5%

Source : Agreste - DRDDI

  • Les exportations demeurent solides

Sur 12 mois glissants (en février 2026), les exportations de vins de Bourgogne poursuivent leur hausse en volume (+3 %), mais subissent une légère perte de valeur (-1,7 %). Ce sont toujours les vins blancs qui tirent la croissance, à l’exception des Villages et Premiers Crus du Mâconnais. En vins rouges, seuls les Grands Crus de Côte-d’Or sont en essor. Les achats par le Royaume-Uni, le Canada, la Suisse et la Suède soutiennent cette dynamique, compensant les difficultés commerciales avec les États-Unis.

Figure 2 - Transactions des vins AOP en vrac Hors Beaujolais, vins de la Nièvre et du Jura

En hl

Mars 2026

Mars 2026/ Mars 2025

Campagne 2025-2026

Évolution 2026/2025

Rouge, rosé 5 559 -35% 113 697 -11%
Blanc 16 836 -27% 371 951 -1%
Crémant 107 ns 153 482 4%
Ensemble 22 502 -36% 639 130 -2%

Source : BIVB

Figure 3 - Indice du prix des vins AOP en vrac Base 100 en janvier 2010, hors vins de la Nièvre et du Jura

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Figure 3 - Indice du prix des vins AOP en vrac Base 100 en janvier 2010, hors vins de la Nièvre et du Jura
Appelations régionalesAutres vinsBeaujolais
mars 2023 143,07 158,39 160,62
avr 2023 145,19 176,64 156,97
mai 2023 147,71 176,85 157,75
juin 2023 135,52 186,33 166,87
juil 2023 157,13 159,93 171,20
août 2023 145,58 221,94 171,20
sept 2023 105,65 182,64 123,17
oct 2023 120,35 174,07 121,61
nov 2023 112,79 174,07 122,51
déc 2023 110,93 174,07 156,84
janv 2024 110,41 174,07 143,79
fev 2024 109,31 146,90 142,60
mars 2024 98,45 146,90 143,21
avr 2024 101,98 141,45 134,44
mai 2024 99,75 127,44 152,01
juin 2024 92,26 169,19 134,91
juil 2024 98,23 145,18 136,32
août 2024 78,54 145,18 128,05
sept 2024 104,22 145,18 114,75
oct 2024 111,46 155,83 116,69
nov 2024 113,60 155,83 161,04
déc 2024 135,32 155,83 131,50
janv 2025 123,82 180,36 133,14
fev 2025 113,85 180,36 140,74
mars 2025 110,53 157,14 127,79
avril 2025 104,45 169,85 136,21
mai 2025 96,67 169,85 145,74
juin 2025 112,88 164,37 144,55
juil 2025 124,75 194,26 120,60
août 2025 81,33 179,03 136,83
sept 2025 108,29 190,18 115,56
oct 2025 93,42 215,62 114,31
nov 2025 126,21 215,62 134,09
déc 2025 131,46 225,00 133,93
janv 2026 101,56 175,00 139,57
fev 2026 131,43 141,97 145,63
mars 2026 128,61 135,55 137,82

Source : Agreste - BIVB et IB

Filières végétales

L’ensemble des cultures, implantées cet hiver ou ce printemps, est impacté par la sécheresse des sols. Cependant, ces conditions sont peu propices aux maladies.

  • Le manque d’eau pèse sur les cultures

Le potentiel des colzas est mis à mal par les conditions de la campagne. Les stades oscillent entre pleine floraison et la formation des siliques, en fonction des dates de semis. L’avance en stade, l’assimilation tardive de l’azote et le gel suivi d’un temps sec perturbent la floraison, de même pour la moutarde. Des défleurissements précoces sont observés dans l’Yonne ; l’avortement des fleurs diminue le nombre de siliques. Certaines parcelles sont impactées par des attaques de méligèthes. Pour le blé tendre, l’épiaison est bien enclenchée en Bourgogne et Haute-Saône. Les blés sont corrects dans l’ensemble mais irréguliers. Des symptômes physiologiques et des pertes de talles sont la conséquence du stress hydrique renforcé par le vent sec ; des grillures dues aux amplitudes thermiques pénalisent certaines variétés. L’impasse sur le 3ème apport d’azote compromettrait le rendement et la qualité. L’orge d’hiver est au stade sorti des barbes- épiaison voire floraison dans les secteurs précoces. La biomasse est correcte avec toutefois une différence entre les parcelles du Jura moins marquées par le manque d’eau et les autres plus perturbées pour la mobilisation des éléments nutritifs.
Pour les cultures de printemps, les reprises de sol sec en surface de types limoneux, argileux ou motteux n’optimisent pas la mise en place. Le désherbage racinaire pose problème en conditions sèches.
Les orges de printemps au stade épi 1 cm-2 nœuds connaissent localement des difficultés de montaison faute de disponibilité d’azote. Dans l’Yonne quelques cas d’oïdium explosent.
Les surfaces de maïs baissent de 11% au regard de 2025 mais restent légèrement supérieures à la moyenne olympique quinquennale. Les semis se terminent, les maïs sont à 57 % levés et ont déjà deux à trois feuilles. Les tournesols sont implantés et progressent de 12 % par rapport à 2025. Des parcelles sont réemblavées en Saône-et-Loire, après les attaques de corvidés. Les surfaces de soja sont en hausse de 3% comparativement à 2025. Leur mise en place est à moitié réalisée et les plantules lèvent.
Enfin les betteraves ont de deux à huit feuilles. Des parcelles ont été ressemées en raison du gel et de gros dégâts d’altises. La gestion des populations de pucerons vecteurs de la jaunisse et le manque de solutions disponibles inquiètent les producteurs.

Figure 4 - Cotations blé (€/t) (Fob Rouen) et Orge Esterel (Fob Creil)

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Figure 4 - Cotations blé (€/t) (Fob Rouen) et Orge Esterel (Fob Creil)
Prix du mois OrgePrix du mois bléMoyenne quinquennale OrgeMoyenne quinquennale Blé
avril 2023 271 240 224,314 227,338
mai 2023 255 222 233,198 230,43
juin 2023 283 229 226,722 224,24
juillet 2023 290 235 216,51 219,36
août 2023 308 228 215,81 219,864
sept 2023 293 227 221,532 220,328
oct 2023 287 229 234,348 229,192
nov 2023 296 221 240,708 228,454
déc 2023 290 217 238,268 225,916
jan 2024 289 212 240,686 224,908
fév 2024 269 198 230,12 221,946
mars 2024 276,38 186,23 241,736 237,67
avril 2024 307,38 195,64 244,552 242,538
mai 2024 317,73 219,52 249,422 242,19
juin 2024 317,5 231,52 251,272 243,54
juillet 2024 307,8 219,99 230,252 228,716
août 2024 266,08 207,73 229,982 229,302
sept 2024 242 215 243,834 237,632
oct 2024 244,78 223,99 250,092 239,038
nov 2024 239,39 215,68 246,848 234,856
déc 2024 238,82 224,81 243,344 235,776
jan 2025 240,1 226,59 231,44 233,162
fév 2025 232,5 225,375 236,962 241,168
mars 2025 224,21 214,57 241,49 240,922
avril 2025 216,52 208,33 247,276 239,168
mai 2025 229,78 201,13 249,576 232,374
juin 2025 230,18 196,32 243,064 230,348
juillet 2025 220,45 193,72 248,406 231,292
août 2025 210,19 193,1 246,804 234,292
sept 2025 192,84 185,18 259,158 243,632
oct 2025 181,84 184,89 267,402 243,742
nov 2025 192,4 188,2 263,932 238,086
dec 2025 189,3 180,4 261,59 238,04
jan 2026 185,34 183,53 249,76 233,92
fév 2026 186,86 186,7 259,628 242,014
mars 2026 189,93 195,3 267,67 245,85
avril 2026 189,92 188 276,462 248,312

Source : Dijon Céréales

Figure 5 - Cotations colza (€/t) (Fob Moselle)

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Figure 5 - Cotations colza (€/t) (Fob Moselle)
Prix du mois ColzaMoyenne quinquennale Colza
avril 2023 449,30 526,16
mai 2023 413,2 492,27
juin 2023 438,00 477,954
juillet 2023 459 465,74
août 2023 463 468,858
sept 2023 444 471,734
oct 2023 422 494,756
nov 2023 434 500,84
déc 2023 429 497,292
jan 2024 428 503,076
fév 2024 417 501,328
mars 2024 433 528,332
avril 2024 449 549,02
mai 2024 471 503,664
juin 2024 467 493,954
juillet 2024 478 484,446
août 2024 461 485,292
sept 2024 464 486,42
oct 2024 491 502,98
nov 2024 530 512,344
déc 2024 529 508,92
jan 2025 528 514,16
fév 2025 530 511,048
mars 2025 507 543,222
avril 2025 537 565,754
mai 2025 491 524,604
juin 2025 483 513,446
juiller 2025 467 505,442
août-25 474 501,648
sept 2025 467 501,102
oct-25 468 523,116
nov 2025 486 539,122
déc 2025 476 533,442
jan 2026 476 536,968
févirer 2026 486 537,27
mars 2026 515 571,938
avril 2026 523 599,51

Source : Dijon Céréales

  • Forte volatilité sur les marchés des matières premières agricoles

Au mois d’avril, les cours des céréales et des oléoprotéagineux sont influencés par la situation géopolitique au Moyen-Orient et les conditions climatiques.
Le prix du blé (rendu Rouen) s’établit 188 €/t (-7 €/t sur le mois de mars). Ce mois est marqué par une forte volatilité des marchés mondiaux du blé, sous l’influence directe des tensions géopolitiques et notamment des fluctuations du prix du pétrole. Suite à l’annonce d’une trêve entre les USA et l’Iran, le marché a connu une phase de correction, le blé passant sous le seuil des 200 €/t à Paris. Cette détente a été accélérée par le raffermissement de l’euro face au dollar, pesant sur la compétitivité européenne. Les fondamentaux mondiaux restent cependant confortables. Les stocks mondiaux ont été revus en hausse à 283 Mt, en lien avec un repli de la consommation notamment en Inde. En outre, des stocks abondants chez les grands exportateurs (Russie, UE), tempèrent tout élan haussier durable des cours.
A 190 €/t, le prix de l’orge de brasserie (rendu Creil) est stable. En fin de campagne, les cours de l’orge fourragère française se maintiennent autour de 186–190 €/t, soutenus par une forte sollicitation à l’export ces derniers mois, mais la demande se montre plus attentiste depuis avril. L’hémisphère sud continue à exercer une concurrence vive, limitant les primes portuaires. Sur la campagne 2025/26, la production mondiale est attendue à 155 Mt (+ 8 % sur 1 an), avec des stocks finaux mondiaux à 21 Mt.
Le colza (FOB Moselle) cote 523 €/t (+8 €/t). Cette cotation est particulièrement volatile tout au long du mois. Les cours oscillent fortement : un repli à 506 €/t après l’annonce d’une trêve en Iran, puis un rebond marqué, soutenu par la vigueur des prix du pétrole et la demande mondiale en biocarburants. Les fondamentaux restent tendus avec des disponibilités limitées en Europe et des stocks mondiaux (Australie, Canada) annoncés en baisse. Le risque climatique subsiste en Australie en raison d’El Nino. Les importations en provenance d’Ukraine, deuxième fournisseur de l’Europe, restent cruciales, tout comme l’évolution des surfaces de tournesol, dont la hausse pourrait peser sur l’équilibre global des huiles végétales.

Figure 6 - Estimations des surfaces pour la campagne 2025-2026

En ha

Surface 2026

Évolution Moyenne 5 ans

Blé 356 700 0%
Orge d’hiver 158 000 4%
Orge de P. 46 800 -19%
Maïs 70 200 2%
Triticale 32 800 -3%
Avoine 14 800 -11%
Colza 153 700 34%
Tournesol 60 100 -6%
Soja 37 800 9%
Pois 5 920 -57%

Source : Agreste - Conjoncture grandes cultures

Filière lait

  • Des hausses conséquentes des livraisons mais à nuancer

Comme le mois dernier, la collecte laitière européenne de février dépasse celle de 2025 de 5 %. Cela représente plus d’un milliard de litres supplémentaires sur les deux premiers mois de l’année. En France, comparativement à 2025 très déficitaire sur le premier trimestre, les livraisons de février sont nettement plus dynamiques (+6,5 %), mais ne font que retrouver leur niveau de 2024 . La Bourgogne-Franche-Comté accompagne ce mouvement de hausse de la collecte laitière avec un mois de février encore plus haut (+8 %). Cette dynamique régionale est plus prononcée en lait conventionnel (+10 %) qu’en lait AOP Massif du Jura (+6,5%). Le lait conventionnel dépasse ainsi son volume de 2024 de près de 3 %.

Figure 7 - Les livraisons de lait (milliers d’hectolitres)

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Figure 7 - Les livraisons de lait (milliers d’hectolitres)
LivraisonsMoyenne triennale
mars 2025 1 395 1 465
avr 2025 1 475 1 475
mai 2025 1 560 1 550
juin 2025 1 350 1 337
juil 2025 1 255 1 278
août 2025 1 238 1 189
sept 2025 1 213 1 158
oct 2025 1 295 1 237
nov 2025 1 257 1 200
déc 2025 1 382 1 288
janv 2026 1 431 1 376
févr 2026 1 333 1 284

Source : Agreste - Enquêtes mensuelles laitières

  • Le prix du lait conventionnel retrouve son niveau d’il y a 2 ans

Au sein de l’Union européenne, le prix du lait reste en baisse en février. À 439 € de moyenne les 1 000 litres il perd près de 100 € par rapport à février 2025 (-18 %). Si la diminution est de 25 % en Allemagne, elle est plus mesurée en France à –7%. Cette baisse est nettement plus forte que le mois dernier. À 477 € de moyenne, le prix du lait conventionnel en Bourgogne-Franche-Comté régresse lui aussi de plus de 4 % par rapport à février 2025. La baisse s’accentue ainsi de deux points par rapport au mois dernier et le prix retrouve sa valeur d’il y a 2 ans, mais dans un contexte de hausse des coûts de production. En janvier, le prix du lait AOP « Massif du Jura » affiche 720 € les 1000 litres, à équivalence avec la moyenne enregistrée sur l’année 2025.

Figure 8 - Prix du lait (€/1 000 litres)

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Figure 8 - Prix du lait (€/1 000 litres)
Lait AOPLait AOP triennaleLait conventionnelLait conventionnel triennale
mars 2025 681,2 641,6 495,8 461,7
avr 2025 685,8 649,6 495,1 457,4
mai 2025 716,8 676,3 493,5 452,2
juin 2025 715,9 674,4 493,3 455,5
juil 2025 715,4 670,9 496,7 467,7
août 2025 729,1 683,3 509,2 469
sept 2025 752,8 708,1 519,5 481,2
oct 2025 765,7 719,6 524,7 500,7
nov 2025 747,1 703,1 526,6 498,6
déc 2025 739,3 695,4 514,1 503,7
janv 2026 719,8 683,7 492,2 495,1
févr 2026 0 677,8 477,2 490,2

Source : Agreste - Enquêtes mensuelles laitières

  • La régulation de l’offre du Comté est opérationnelle

L’ensemble des fabrications fromagères régionales sont en augmentation en février. Toutefois à l’approche de la fin de la campagne laitière, la hausse des fabrications de Comté ralentit (+4 % contre +9 % en janvier) pour notamment respecter la régulation de l’offre définie par l’interprofession. Une partie du lait AOP « Massif du Jura » s’est ainsi déplacé sur la production de l’AOP Morbier qui bondit de plus de 40 % ce mois. Cette forte évolution est toutefois à nuancer car l’AOP Morbier traversait une crise sanitaire l’an dernier. L’AOP Mont d’Or dépassera les 6 000 tonnes cette saison, un volume non franchi depuis 4 ans. Avec la hausse des livraisons de lait conventionnel, les fabrications de produits frais progressent de près de 8 % ce mois.

Figure 9 - La production de fromage

En tonnes

févr-26

Evolution M/M-12

Cumul sur 12 mois

Moyenne Triennale

Pâtes Pressées Cuites 6 825 6,4% 84 697 81 841
dont Comté 5 469 4,1% 70 187 68 512
Pâtes Pressées Non Cuites 2 401 9,9% 32 367 31 528
dont Morbier 1 186 41,1% 14 176 13 572
Pâtes molles 2 026 6,1% 26 156 25 128
dont Mont d’Or 471 19,2% 6 045 5 674
Produits frais * 28 376 7,6% 337 494 330 461
dont yaourts et desserts lactés 13 946 3,2% 176 532 179 527
dont fromages frais 11 313 13,8% 124 736 116 563
dont crèmes fraiches 3 117 6,6% 36 226 34 371

Source : Agreste - Enquêtes mensuelles laitières

Encadré - Météo

Des conditions météorologiques exceptionnelles et jamais enregistrées pour un mois d’avril
Dans notre région la moyenne des précipitations est de 23 mm, soit le tiers des normales tri-décennales. A Auxerre et à Nevers, il n’est tombé respectivement que 2,8 mm et 7 mm, correspondant à 4 % et 10 % des précipitations normales, soit des déficits supérieurs à 60 mm. Les stations de Besançon et de Dole, avec plus de 37 mm sont les plus favorisées.
La température moyenne du mois est de 12,5°C, soit 1,7°C de plus que la normale. Les plus importants écarts de chaleur sont enregistrés à Mâcon (+2,4°C), à Dijon (+2,2°C) et à Besançon (+2,1°C).
En conséquence, l’ensoleillement est généreux avec en moyenne 275 h d’insolation, soit 83 h de plus que la normale. Nevers et Luxeuil gagnent plus de 90 h de rayonnement.

Figure 10 - Températures et précipitations (mm)

Figure 10 - Température et précipitations - voir la transcription ci-dessous
Figure 10 - Température et précipitations

Figure 10 : Histogramme des précipitations avec courbes de température entre 2025 et 2026. Comparaison avec les normales 1991-2020, Tout au long de l’année, les températures enregistrées en Bourgogne-Franche-Comté sont supérieures à la moyenne tri-décennale.

Source : Météo France - Moyenne Bourgogne-Franche-Comté

Filière animale

En France, au cours du mois de mars, les abattages de gros bovins reculent de 3,8 % par rapport à 2025. Sont particulièrement concernées les vaches de réformes allaitantes (-8,2 %) et laitières (-6,2 %).

  • Rééquilibrage des cours bovins

En région, la tendance des abattages de gros bovins est inversée par rapport au national. En effet, il y a un très léger progrès de 0,4 % entre 2025 et 2026, et notamment pour les vaches de réforme (+1,9 %). Après les prix historiquement hauts de début mars, les cours ont commencé à se replier. Fin avril, ils perdent près de 30 cts/kg pour les vaches de réforme R, et 46 cts/kg pour les mâles U.
Les exporations de bovins maigres sont toujours en repli par rapport à mars 2025 (-7,7 %). A l’instar des bovins gras, les prix ayant atteint un maximum au mois de mars, les cours s’inversent en avril. Ainsi, les mâles U de 300 et 400 kg perdent respectivement 51 cts/kg et 40 cts/kg au cours du mois d’avril, et 18 cts/kg pour les femelles U de 270 kg.
Cependant en maigre comme en gras, les prix restent jusqu’alors largement au-dessus des années précédentes. La baisse du mois d’avril constitue un rééquilibrage avec le marché européen, duquel était déconnecté le marché français.

Figure 11 - Les abattages

En têtes

mars-26

Évolution 2025/2024

Année

Évolution 2025/2024

Bovins 23 211 + 0,4 % 67 329 - 1,6 %
dont vaches 8 805 + 1,9 % 28 071 + 3,2 %
dont veaux 2 595 - 0,9 % 6 871 - 11,7 %
Ovins 9 937 - 27,4 % 16 885 - 46,7 %
Porcins 27 172 - 0,9 % 83 590 + 1,3 %
Equidés 319 + 30,2 % 819 + 20,8 %

Source : BDNI

Figure 12 - Les exportations de broutards

mars-26

Évolution 2025/2024

Cumul Année 2025

Évolution 2025/2024

Bourgogne-Franche-Comté 15 003 - 7,7 % 40 727 - 11,0 %
dont Saône-et-Loire 7 722 - 2,0 % 21 578 - 5,7 %
dont Nièvre 4573 -10,59628543 11651 -13,68350867

Source : BDNI

Figure 13 - Cotations du broutard U de 400 kg (€/kg vif))

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Figure 13 - Cotations du broutard U de 400 kg (€/kg vif)
Semaines202420252026
S1 3,32 4,13 5,6
S2 3,32 4,23 5,73
S3 3,4 4,4 5,73
S4 3,43 4,46 5,77
S5 3,43 4,52 5,79
S6 3,46 4,59 5,75
S7 3,44 4,71 5,73
S8 3,47 4,78 5,74
S9 3,54 4,88 5,8
S10 3,55 4,95 5,81
S11 3,57 5 5,9
S12 3,6 5,02 5,9
S13 3,6 5,03 5,88
S14 3,6 5 5,9
S15 3,62 4,99 5,9
S16 3,64 4,99 5,83
S17 3,67 5,03 5,61
S18 3,66 5,05 5,5
S19 3,66 5,05 0
S20 3,66 5,17 0
S21 3,81 5,22 0
S22 3,85 5,4 0
S23 3,9 5,4 0
S24 3,92 5,75 0
S25 3,94 5,9 0
S26 3,93 5,83 0
S27 3,88 5,63 0
S28 3,84 5,58 0
S29 3,83 5,58 0
S30 3,83 5,58 0
S31 3,83 5,58 0
S32 3,83 5,64 0
S33 3,83 5,64 0
S34 3,81 5,95 0
S35 3,81 5,95 0
S36 3,81 5,92 0
S37 3,84 5,88 0
S38 3,85 5,87 0
S39 3,89 5,79 0
S40 3,94 5,76 0
S41 3,94 5,7 0
S42 3,97 5,7 0
S43 3,98 0 0
S44 4,02 0 0
S45 4,02 0 0
S46 4,07 5,7 0
S47 4,1 5,65 0
S48 4,1 5,65 0
S49 4,11 5,65 0
S50 4,12 5,6 0
S51 4,13 5,6 0
S52 4,13 5,6 0

Source : Agreste - Commission Interdépartementale Dijon

Figure 14 - Cotations du jeune bovin viande U (€/kg de carcasse)

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Figure 14 - Cotations du jeune bovin viande U (€/kg de carcasse)
Semaines202420252026
S1 5,38 5,84 7,46
S2 5,39 5,91 7,54
S3 5,41 5,95 7,57
S4 5,44 6 7,62
S5 5,45 6,09 7,63
S6 5,47 6,12 7,7
S7 5,5 6,18 7,75
S8 5,5 6,25 7,74
S9 5,53 6,31 7,77
S10 5,54 6,34 7,74
S11 5,51 6,34 7,74
S12 5,5 6,34 7,72
S13 5,48 6,35 7,68
S14 5,42 6,33 7,65
S15 5,4 6,33 7,58
S16 5,37 6,36 7,5
S17 5,33 6,36 7,38
S18 5,29 6,4 7,22
S19 5,26 6,4 0
S20 5,25 6,43 0
S21 5,27 6,44 0
S22 5,27 6,46 0
S23 5,27 6,5 0
S24 5,27 6,52 0
S25 5,27 6,52 0
S26 5,27 6,55 0
S27 5,26 6,55 0
S28 5,24 6,54 0
S29 5,21 6,54 0
S30 5,21 6,54 0
S31 5,22 6,55 0
S32 5,23 6,59 0
S33 5,28 6,66 0
S34 5,32 6,72 0
S35 5,38 6,81 0
S36 5,35 6,89 0
S37 5,37 6,99 0
S38 5,39 7,07 0
S39 5,4 7,1 0
S40 5,42 7,19 0
S41 5,45 7,24 0
S42 5,5 7,3 0
S43 5,52 7,34 0
S44 5,57 7,36 0
S45 5,61 7,34 0
S46 5,64 7,38 0
S47 5,72 7,4 0
S48 5,76 7,43 0
S49 5,79 7,47 0
S50 5,82 7,46 0
S51 5,82 7,46 0
S52 5,83 7,49 0

Source : Agreste - Commission Bassin Centre-Est

Figure 15 - Cotations de la vache viande R (€/kg de carcasse)

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Figure 15 - Cotations de la vache viande R (€/kg de carcasse)
Semaines202420252026
S1 5,33 5,59 7,47
S2 5,37 5,6 7,54
S3 5,37 5,59 7,56
S4 5,39 5,63 7,59
S5 5,38 5,59 7,61
S6 5,38 5,66 7,61
S7 5,38 5,68 7,64
S8 5,38 5,73 7,63
S9 5,36 5,77 7,66
S10 5,39 5,82 7,65
S11 5,39 5,84 7,61
S12 5,38 5,93 7,64
S13 5,39 5,96 7,61
S14 5,39 6,02 7,6
S15 5,4 6,06 7,57
S16 5,39 6,1 7,52
S17 5,41 6,14 7,44
S18 5,43 6,17 7,29
S19 5,44 6,24 0
S20 5,44 6,29 0
S21 5,44 6,35 0
S22 5,45 6,4 0
S23 5,47 6,45 0
S24 5,47 6,53 0
S25 5,48 6,57 0
S26 5,49 6,62 0
S27 5,5 6,63 0
S28 5,5 6,63 0
S29 5,5 6,61 0
S30 5,53 6,61 0
S31 5,54 6,66 0
S32 5,56 6,72 0
S33 5,57 6,81 0
S34 5,58 6,88 0
S35 5,59 6,99 0
S36 5,57 7,09 0
S37 5,59 7,15 0
S38 5,59 7,2 0
S39 5,58 7,23 0
S40 5,58 7,31 0
S41 5,58 7,36 0
S42 5,55 7,43 0
S43 5,53 7,48 0
S44 5,53 7,48 0
S45 5,55 7,46 0
S46 5,56 7,48 0
S47 5,56 7,49 0
S48 5,57 7,46 0
S49 5,57 7,45 0
S50 5,57 7,46 0
S51 5,57 7,45 0
S52 5,57 7,48 0

Source : Agreste - Commission Bassin Centre-Est

  • Pic des abattages ovins pour les fêtes pascales

En France, les abattages ovins sont en forte hausse en raison de l’avancée des fêtes pascales, avec un cours de l’agneau toujours élevé en mars (jusqu’à 12,04 €/kg), et commençant à diminuer en avril (11,35 €/kg à la fin du mois). En région, les abattages ovins sont toujours en berne par rapport à 2025 (-27,4 %) en raison de la fermeture définitive de la principale chaîne d’abattage régionale (à Migennes 89).

Figure 16 - Cotations des porcins et des ovins (€/kg de carcasse)

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Figure 16 - Cotations des porcins et des ovins (€/kg de carcasse)
SemainesAgneau U 16-19 kgMoy triennale AgneauxPorc charcutier EMoy triennale Porcs
S1 10,4 9,7 1,7 2,1
S2 10,5 9,7 1,7 2,1
S3 10,6 9,7 1,7 2,1
S4 10,7 9,7 1,7 2,1
S5 10,8 9,8 1,7 2,1
S6 10,7 9,7 1,7 2,1
S7 10,9 9,8 1,7 2,2
S8 10,8 9,8 1,7 2,2
S9 11 9,9 1,7 2,2
S10 11,1 9,9 1,7 2,2
S11 11,3 10,1 1,7 2,3
S12 11,7 10,3 1,7 2,3
S13 12,1 10,4 1,7 2,3
S14 12,1 10,5 1,7 2,3
S15 11,8 10,6 1,7 2,3
S16 11,6 10,5 1,7 2,3
S17 11,4 10,4 1,7 2,3
S18 11,3 10,2 1,7 2,3
S19 0 0 0 0
S20 0 0 0 0
S21 0 0 0 0
S22 0 0 0 0
S23 0 0 0 0
S24 0 0 0 0
S25 0 0 0 0
S26 0 0 0 0
S27 0 0 0 0
S28 0 0 0 0
S29 0 0 0 0
S30 0 0 0 0
S31 0 0 0 0
S32 0 0 0 0
S33 0 0 0 0
S34 0 0 0 0
S35 0 0 0 0
S36 0 0 0 0
S37 0 0 0 0
S38 0 0 0 0
S39 0 0 0 0
S40 0 0 0 0
S41 0 0 0 0
S42 0 0 0 0
S43 0 0 0 0
S44 0 0 0 0
S45 0 0 0 0
S46 0 0 0 0
S47 0 0 0 0
S48 0 0 0 0
S49 0 0 0 0
S50 0 0 0 0
S51 0 0 0 0
S52 0 0 0 0

Source : FranceAgriMer - Cotation zone Nord (Agneau de boucherie) et Cotation Sud-Est (Porc charcutier)

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